‹ Les herpès génitauxChapitre 17 sur 21 · C. Par dérivation · texte numérisé non relu

C. Par dérivation

La méthode dérivalive ne compte pas moins de partisans que la précédente, j'entends de partisans parmi les malades. « Si nous détournions celte humeur! » répètent-ils au médecin avec une insistance croissante, à chacune de leurs interminables visites. Et les mouches, les vésicaloires, les toiles souveraines et autres; d'autre part, les purgatifs tantôt drastiques, tantôt salins, à doses perturbatrices ou réfractées, les bochels, robs, sucs d'herbes, tisanes annoncées pour américaines (avec |usine à Pontoise), etc. . . sont les agents ordinaires de cette médication.

11 y a quelques années, un malheureux étudiant en médecine de cinquième année, tourmenté par les incessantes poussées d'un herpès progénilal, qui avaient résisté et résistaient toujours aux traitements les plus méthodiques, les plus variés, les plus rigoureusement suivis, nous avouait, avant de commencer une cure hydro-minérale, que las et découragé par l'impuissance de la science traditionnelle, il en était arrivé à user des médications dépuratives et purgatives qui s'étalent à la quatrième page de tous les journaux politiques, médications dont les dépurato-purgatifs constituent la base.

Mais hélas ! spécifiques exotiques ou indigènes,

brevetés ou non S. G. D. G., ils restèrent tous et constamment inefficaces.

Nous avons nous-mêmes multiplié avec une persévérance et pendant une durée, l'une et l'autre indéfinies ces mêmes tentatives, soit à la pressante demande des malades, soit de notre propre mouvement ; en désespoir de cause, nous avons souvent employé les révulsifs cutanés, les purgatifs surtout, avec une énergie, une persistance incroyables. Nous avons varié ces remèdes, leurs doses, leurs formes, leur temps d'application, selon toutes les combinaisons que nous inspiraient alternativement le découragement et l'espoir, que nous permettaient, je ne dirai pas seulement la docilité, mais les pressantes provocations des malades.

Eh bien ! nous le déclarons hautement, s'il est dangereux, — on comprendra que par là nous voulons dire impolitique, — de refuser cet essai aux clients qui le réclament, il serait compromettant d'y fonder le moindre espoir de succès. Dans cet ordre de moyens, nous croyons avoir tout tenté, et tout tenté sans résultai. Mans ce n'est pas le souvenir de ces échecs multipliés qui nous inspire seul un jugement aussi sévère.

En effet, La plus puissante des dérival ions est bien assurément celle que la nature elle-même produit sous forme d'une maladie intercurrente... Eh bien! celle-là même partage le sort, c'esl-à-

dire a la radicale insuffisance de nos méthodes artificielles. Que de fois n'avons-nous pas vu un ancien herpétique cesser, pendant plusieurs mois, ses visites dans notre cabinet. Déjà on pouvait le présumer, avec moins d'expérience on l'eut inscrit guéri. Mais, revenant soudain : « J'ai eu, nous disait-il, un fort rhume, une courbature, un mal de gorge, une attaque de rhumatisme, des furoncles, etc.. et pendant quelque temps, je me suis bien cru débarrassé de mon maudit herpès: mais je suis guéri de ces autres maux et le voilà maintenant qui reparaît. »

Or, quand la nature échoue, nous pouvons bien nous consoler de notre impuissance : mais il faut au moins la constater, et, dans tous les cas, régler notre conduite, c'est-à-dire nos explications aux malades, sur la connaissance trop avérée que nous avons des lacunes de notre arsenal dérivatif.

On ne saurait, néanmoins, nier que l'organisme modifié ne puisse voir cesser cette tendance à la répétition, dont Baumes avait si bien fait ressortir le pouvoir morbigène. Mais, pour opérer de tels effets, il faut une perturbation profonde, telle que les impriment, par exemple, la variole, la fièvre typhoïde, ou tout au moins le développement de l'état hémorrhoïdaire, de la lithiase calculeuse ou biliaire. Nous avons vu, en effet, l'herpès cesser ses récidives chez deux sujets à la suite d'une variole chez l'un, chez

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l'autre, d'une fluxion hémorrhoïdaire permanente.

I). Par prophylaxie des causes occasionnelles .

L'influence des causes d'évolulion sur les récidives d'herpès est manifeste. C'est assez ordinairement — quoique le plus souvent il n'y ait pas besoin de celte cause excitatrice, — après un coït, après quelques nuits d'insomnie, après un excès de boissons, que la fluxion périodique reparait. Il semble donc rationnel, et en effet il est indiqué de supprimer, tout au moins d'atténuer ou d'espacer le plus possible l'action de ces diverses causes.

Mais, sous ce rapport, comme on s'adresse h la classe, à l'âge le plus réfractaires aux leçons de la sagesse, surtout aux conseils de tempérance, il n'est pas inopportun de donner ici un petit avis qui, nous le croyons, pourra être profitable aux malades. Aucun des agents réputés dangereux ne l'est réellement en soi : il ne le devient que s'il est mis en œuvre sans mesure et surtout sans régularité.

En termes plus clairs, ni les alcooliques, ni les veilles, ni les rapports sexuels ne sont en eux-mêmes pernicieux, n'engendrent à coup sûr la poussée herpétique. L'excès seul, ou mieux ce qu'on nomme vulgairement les excès récèlent un péril.

Il y a plus : si par l'habitude vous vous êtes acclimaté à l'impression excitante que produit chacun de ces agents, vous pourrez désormais — clans une

certaine mesure, bien entendu — en braver impunément l'atteinte.

C'est donc la modération et non pas l'abstention qu'il faut recommander aux malades. Nous insistons sur ce point; car en fait, au point de vue spécial qui fait l'objet de cette étude, il y a plus d'inconvénients à être sobre ou continent avec excès qu'à user modérément de tout ce qui rentre dans le plan normal du fonctionnement physiologique. Les exemples à l'appui de cette thèse surabondent dans la pratique.

Ainsi, il n'est pas d'ouvrier, de paysan surtout qui, atteint soit d'herpès, soit de blennorrhagie chronique, ne croie avoir bien fait en renonçant entièrement à l'usage du vin, même coupé. Or, que résullet-il de cette tempérance intempestive? c'est que, plus tard, au moindre oubli, au plus léger écart de régime, alors même que la quantité de vin qu'ils boivent dans cette circonstance, n'aura point dépassé celle que, précédemment, avant la maladie, ils consommaient à leurs repas, soit la goutte, soit l'herpès reparaîtront. Pour une constitution déshabituée des excitants, une cause en elle-même bénigne produira le même effet qu'une cause morbigène ; le simple usage alors prendra rang, fera fonction d'abus.

Autre exemple non moins frappant de l'acclimatation, exemple que nous avons cité dans notre pre-

mier travail el qui peut servir de type à des cas extrêmement nombreux.

Un négociant de Lyon, darlreux de famille, âgé de vingt-sept ans, menait à grandes guides l'existence déjeune homme. Il prit une, deux blennorrhagies, puis une chancrelle. Délivré enfin de ces accidents, il conserva un herpès.

Il avait successivement, parfois simultanément de nombreuses relations avec ce que le demi-monde offre de plus séduisant. A chaque, nouvel amour couronné, un nouvel herpès venait, envahissant la couronne, assombrir les joies, enlraver la récolte des fruits de la victoire. Il consultait immédiatement son médecin, faisait examiner par lui la femme, qui toujours était reconnue saine. Puis, au bout de quatre ou cinq jours, tout était terminé... jusqu'à une prochaine conquête.

Notre malade avait bien cru observer que tant qu'il restait, non pas confinent, mais fidèle, l'herpès ne reparaissait pas. Seulement, voltigeant sans cesse, il n'avait pas eu bien souvent l'occasion de vérifier complètement la portée de celte remarque.

Cependant tout a un terme, même la jeunesse. Le négociant en question, ayant dépassé de quelques années la trentaine, se maria. Il fit plus, il demeura constant. Et, dès lors, sans autres médications, sans même qu'il ait, sous d'autres rapports, réformé son existence toujours émaillée de divers extra, de

veilles, de voyages, d'insomnies, l'herpès n'a pas reparu.

« Je ne saurais trop, dit catégoriquement à ce propos, M. le professeur Hardy (1), conseiller aux hommes la fidélité conjugale, qui me paraît le meilleur préservatif de l'herpès récidivant des parties génitales. »

Qu'il nous soit permis de compléter ce haut enseignement, en recommandant, à notre tour, à la classe des célibataires, la constance.

Ainsi donc l'hygiène préventive de l'herpès est beaucoup moins sévère, moins onéreuse que ne se le figurent les malades et les médecins. Il n'est point nécessaire de se priver, l'abstinence absolue entraînant presque immanquablement, lot ou tard, une infraction, le trop plein un débordement gros de périls. Il suffît Ruser avec une certaine réserve, et surtout avec le plus de périodicité que peut en comporter ce genre de dépense physiologique.

Ajoutons, pour formuler en un conseil applicable le fruit de ces observations médico-morales, que la vie de ménage, substituée à la vie de garçon, est le plus efficace en même temps que le plus doux moyen d'accomplir sûrement celle utile transformation.

Ne nous abusons point toutefois sur le pouvoir de cette hygiène, même appliquée ainsi que je viens

(1) Nouveau dictionnaire de médecine et de chlrurqie pratiques, 1875 lome XVII, pnge 642. a c 1 '

de le dire. Elle peut bien ajourner, espacer les récidives, dans quelques cas les faire cesser, en supprimant l'occasion accidentelle qui préside au développement de chacune d'elles. Mais hélas ! ce fait heureux est l'exception. Le plus ordinairement on n'obtient ainsi qu'une suspension, qu'un apaisement du mal, mais non son extinction complète. Empêcher les jetées en évitant toute influence excitante, vous le pouvez. Mais peu à peu, comme si la force morbide comprimée, accumulant ses effets, parvenait pour ainsi dire au summum de tension, on voit les manifestations éclater sous l'influence de la moindre cause occasionnelle.

Aussi avons-nous fait observer, en traçant ci-dessus l'histoire empirique de l'herpès récidivant, que lorsque l'époque usuelle de son retour périodique est arrivée, à plus forte raison quand celte époque est dépassée de quelques septénaires, la moindre excitation générale ou locale suffit pour provoquer le retour de la fluxion. Il arrive même souvent alors qu'elle s'opère sans que le malade le plus attentif puisse se rappeler y avoir donné lieu par le plus léger écart de régime.

E. Par rétablissement de la santé générale.

Les organismes débilités atteints dans l'intégrité de leur nutrition, sont particulièrement accessibles aux influences morbides. Les colonies de mousses,

lichens, champignons s elablissenl de préférence et prospèrent le mieux sur les arbres vieux ou malades. — Cette double formule, point de contact et terrain de transaction entre l'ancienne et la nouvelle médecine, cnlre la doctrine des influences constitutionnelles et celle des invasions microbiennes, trouve ici sa confirmation frappante. Voulons-nous tout à fait insinuer par là que l'affaiblissement d'un sujet suffise pour créer chez lui une transformation spéciale, une diathèse? Non certes : il faut pour que la diathèse naisse, un germe, une cause spécifique que les influences morbigènes vulgaires ne sauraient suppléer.

Mais il n'en est pas moins vrai 1° que le germe s'implantera plus aisément sur un organisme affaibli; puis 2° que l'individu, une fois au pouvoir de la maladie, verra les manifestations de celle-ci sévir sur lui avec d'autant plus de fréquence, avec d'autant plus d'intensité, que sa constitution opposera moins de résistance, en d'autres termes, qu'il sera plus débilité.

On observe celte coïncidence de la façon la plus saisissante dans la syphilis. Comme les divers symptômes de cette dyscrasie suivent d'ordinaire, surtout durant ses premières périodes, une marche assez réglée, on peut faire jusqu'cà un certain point la part de ce qui tient à l'individu infecté ; apprécier dans quelle proportion la force ou la faiblesse,

antérieures ou acquises depuis, de sa constitution diminuent ou augmentent l'intensité des accidents spécifiques. C'est même presque uniquement sur coite considération que l'un de nous a fondé la symptomatologie et la thérapeutique spéciales telles qu'il les a exposées dans son Histoire naturelle de la syphilis.

Eh bien ! tous les syphiligraphes sont d'accord sur ce double point :

A. Que la syphilis déploie d'autant plus de rigueur, de ténacité, que le sujet qu'elle atteint étail préalablement plus affaibli ;

B. Que chez le môme sujet on voit, durant le cours de la syphilis, les manifestations constitutionnelles qui étaient pendant plus ou moins longtemps demeurées latentes, réapparaître justement au moment où quelque influence affaiblissante, un chagrin, des veilles, quelque excès, une maladie fébrile intercurrente, sont venus porter atteinte à l'équilibre de sa fonction nutritive, par conséquent h l'intégrité de ses forces radicales.

La syphilis, bien entendu, ne figure dans cette argumentation que comme terme de comparaison ; car, nous le savons, il n'y a rien de moins syphilitique que l'herpès. Nous avons voulu seulement montrer — par l'exemple d'une autre maladie bien connue et on ne peut plus facile à suivre dans son évolution, à cause de la lenteur, des longues inter-

missions qui la coupent, — nous avons voulu montrer quelle influence les variabilités de résistance de l'organisme peuvent exercer sur la multiplicité et la gravité des poussées herpétiques.

Combien de fois n'avons-nous pas vu qu'en rétablissant dans son ordre antérieur le jeu des fonctions réparatrices, qu'en régularisant les échanges nutritifs, on arrive, — indirectement, avouons-le — mais on arrive réellement à améliorer l'herpès récidivant, à enrayer ses retours offensifs.

Aussi de même que la prescription des toniques a maintenant sa place irrévocable dans le traitement de la syphilis, même chez les auteurs qui croient le plus au pouvoir curatif des spécifiques, de même, chez les sujets atteints d'herpès progénital, les rinvigorants, les reconstituants sont-ils un adjuvant toujours utile, quelquefois indispensable de la médication principale que nous allons maintenant examiner.

Un mot cependant encore, un seul mais nécessaire. Reconstituer est bien; mais souvent il convient d'y travailler, et ony réussit, autrement et mieux que par le fer, le quina, les amers, l'ingestion forcée de viande artificielle, voire que par l'hydrothérapie, la villégiature et les eaux minérales. En effet, dans beaucoup de cas, ce qui a imprimé à l'organisme un mode d'être propice à la perpétuation de l'herpès, ce n'est point une anémie essentielle, justiciable

des moyens ci-dessus. Cherchez : sous le couvert de ce mot banal anémie, débilitation, asthénie, vous découvrirez en imminence ou en action, quelque dyscrasie qui avait été méconnue du clinicien ou négligée par le thérapcutiste. Citons-en ici, comme exemples, trois de celles qui ont la plus habituelle et la plus directe influence sur la genèse et sur la marche de l'herpès.

Le diabète d'abord, duquel on connaît bien l'actionsur la vilalitédela muqueuse génitale eturinaire. Que de quinquagénaires ou de sexagénaires portent

au prépuce un érythème à forme eczémateuse; érythème subintrant, pour ainsi dire, en ce sens que, toujours présent, il a pourtant ses accalmies et ses exacerbations; érythème qui, peu à peu, hyperlrophie la muqueuse et, clans certaines conditions de configurations de l'organe, cause et entretient le plus incommode des phimosis? Que de femmes du même âge doivent à la même dyscrasie ces prurits de la vulve, tourment de leurs nuits, qui leur rendent impossible la jouissance des distractions mondaines, bien plus, l'accomplissement des devoirs sociaux. — Eh bien ! n'est-ce pas un terrain tout préparé pour l'herpès que cet état local de phlegmasie, dont on ne guérit pas, tant qu'on n'en aura pas reconnu, traité et, ce qui est plus difficile, détruit la cause constitutionnelle?

Le second agent auxiliaire de l'herpès est repré-

senté par toute maladie chronique de l'appareil génito-urinaire. Celle influence, assez obscure dans les catarrhes de vessie, ressort plus manifeste dans les suintements urélhraux de l'homme. Mais elle apparaît surtout nette et fréquente dans les maladies de matrice, notamment celles qui s'accompagnent de congestions sanguines périodiques.

Bruneau, quant à la forme spéciale qu'il a décrite, a noté que chez les sujets affectés de métrile, de paramétrée^ d'ovarite, chaque éruption d'herpès est invariablement accompagnée d'augmentation de sensibilité et de signes de congestion intense des organes du bassin. D'autre part, toute irrégularité de la fonction menstruelle est une cause occasionnelle d'herpès. Telles sont, entre autres, les métrorrhagies de la ménopause. Plus d'une fois, nous avons vu l'herpès s'établir à l'occasion de pareils désordres (1) auxquels assez fréquemment il survit ensuite ; et nous ne manquâmes jamais de féliciter les malades à qui la nature envoyait cet inoffensif et puissant secours contre les périls qui les assiègent durant cette époque si justement en toutes langues appelée critique.

(1) Dan» le service de M. Morand, une malade, une femme âgée de quarante-huit ans, chez qui nous observâmes un herpès Lien caractérisé de la grande lèvre gauche, en était à sa troisième récidive mens truelle de cette éruption; et elle nous dit d'elle-même que l'herpès ne lui était venu que depuis que ses règles, — il y avait quatre mois, — s'étaient mises à couler avec une abondance inaccoutumée.

DlDAY ET DOYON. 22.

Enfin, esl-il besoin de nommer les affections du système nerveux? Elles peuvent créer (et elles créent à elles seules, sans le concours d'aucune autre cause antérieure on coexistante), elles créent le zona; affection qui, de loute manière? touche à l'herpès progénital de si près que ç'a été la partie la plus ardue de notre lâche que de marquer des signes différentiels entre ces deux maladies; et que de Baerensprung et Unna appellent l'herpès progénital une forme rudimentaire de zona. Le rôle des lésions du système nerveux dans la production de certaines dermatoses localisées à un segment restreint du tégument, est hors de doute. Nous en trouvons la contre-épreuve en même temps que la preuve dans l'observation citée plus haut de M. le professeur B. Teissier : chez sou malade, on vit l'érythémo-érysipèle survenu par suite d'une myélite chronique s'amender en même temps que s'améliora la maladie de la moelle, puisque coïncidemment avec celle amélioration, les attaques successives de la maladie cutané, laissèrent entre elles un espace de temps deux fois plus long que précédemment. — Sous ce rapport la situation morale des malades affligés d'herpès progénital, l'indomptable anxiété, la vésanie hypochondriaque à laquelle la plupart de ces sujets sont en proie, ne pourraient-elles pas être interprétées dans un sens opposé à celui clans lequel on la prend le plus ordinairement. Ne devrait-on

pas voir dans celle disposition, où lout trahit l'existence d'un état nerveux morbide, une cause de la persistance de l'herpès plutôt qu'un effet de celte

persistance ?...

Si étrange que paraisse la question, elle se présente trop naturellement à l'esprit d'un spécialiste pour que sa plume la retienne; et parmi les herpélo-maniaques de notre connaissance, il en est, nous nous en rappelons au moins un, dont le seul aspect, dont le premier quart d'heure de conversation nous justifierait surabondamment de l'avoir posée à nos lecteurs.

Traitement curatif de la cause diathésiqae.

De toute évidence doctrinale comme de toute certitude expérimentale, l'indication essentielle dans le traitement de notre herpès, de l'herpès génital récidivant, c'est celle qui a pour but de combattre les récidives, d'empêcher les incessants retours, presque réguliers, de cette pénible incommodité. Or, la médication qui jusqu'à présent nous a donné les résultais les plus satisfaisants c'est incontestablement les eaux sulfureuses et en particulier les eaux sulfureuses chlorurées sodiques d'Uriage.

Si nous citons ici en première ligne les eaux d'Uriage — sans contester le moins du monde qu'on obtienne des résultats analogues avec d'autres eaux

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sulfureuses — c'est que c'est dans cette station que nous avons les premiers signalé l'heureuse appropriation de cet élément hydro-minéral à la cure des récidives de l'herpès, fait qui depuis a été constaté par un grand nombre de spécialistes. Nous dirons même que seules les eaux ont pu enrayer, chez la plupart des herpétiques que nous avons observés, le retour des accès d'herpès génital. El nous sommes d'autant plus autorisés à tenir ce langage que, presque tous, sinon tous ces malheureux avaient auparavant essayé et sans le moindre succès de toutes les médications conseillées contre les dermatoses. Rappelons, à ce propos, le cas ci-dessus d'un étudiant en médecine de cinquième année qui, poursuivi par l'obstination de poussées d'herpès génital, et après s'être soumis avec la plus grande discipline à divers traitements généraux: arsenic, alcalins, sulfureux, etc., nous avouait tristement qu'en désespoir de cause ilen était venu, contre tous sesprincipes mais poussé par tout son désespoir, à chercher sa guérison dans les dépuratifs plus ou moins exotitiques qui s'étalent à laquatrième page des journaux. Mais ce recours suprême à l'aveugle empirisme n'avait pas donné de meilleurs résulals. Ce malade guérit à la suite d'une cure de six semaines à Uriage.

Or, après avoir constaté que c'est aux eaux minérales sulfureuses qu'il faut faire appel pour couper court aux poussées de l'herpès génital vénérien, il

faut étudier comment elles agissent dans ce cas. Quant à ce qui concerne les eaux d'Uriage, les résultats obtenus sont dus tout à la fois à leur action dérivalive, à leur pouvoir modificateur des fonctions de la peau, à leurs qualités reconstituantes.

Ainsi, d'abord, prises en boisson à dose purgative, elles déterminent une révulsion salutaire qui, si l'on a soin de la répéter deux fois environ par semaine, augmente notablement les fonctions de l'intestin sans provoquer d'irritation, et par suite détourne, déplace le mouvement fluxionnaire. Lorsqu'elles ne provoquent pas de supersécrétions intestinales, il est d'observation qu'elles agissent comme diurétiques.

Mais à côté de cette action dérivative, qui est incontestablement d'un précieux secours, qui constitue un adjuvant des plus utiles, il est certain aussi que, bues à petite dose (deux à trois demi-verres dans le cours de la journée), les eaux d'Uriage seront un puissant auxiliaire pour imprimer un changement à l'organisme, en atteignant et influençant dans leur mystérieux mécanisme les échanges nutritifs et les divers actes qui constituent la vie. Comme toutes les eaux minérales, elles tiennent de la multiplicité et de la diversité des éléments qui entrent dans leur composition des propriétés qui sont précisément dues à cet ensemble, qui en sont la résultante, et à ce titre représentent une médication essentiellement générale, un modificateur tothis substantiae.

Sous forme de grands bains, ces eaux sont également très utiles, surtout chez les individus dont la peau a été antérieurement ou est encore le siège de manifestations dartreuses.

D'ailleurs, ces bains pris à une température modérée jouissent au plus haut degré de la propriété reconstituante. Tous les malades, et en très peu de jours, vérifient la réalité de cette action fortifiante; la stimulation qu'ils déterminent se traduit par un sentiment de vigueur augmentée, en fait, par une plénitude plus sensible de l'accomplissement de toutes les fonctions, des diverses actions de résistance aux causes habituelles de lassitude.

Enfin, les phénomènes les plus importants, les plus apparents se produisent sur l'enveloppe tégumentaire. Les fonctions de la peau s'accroissent notablement, sans que pour cela on ait à redouter cette vive excitation qui, dans beaucoup d'autres thermes, envahit toujours le tégument sous l'influence des eaux simplement sulfureuses. Grâce à la composition mixte de notre source, les lésions cutanées supportent parfaitement les bains d'Uriage et guérissent le plus souvent sans que, à aucune période du traitement, l'irritation ait dépassé les limites habituelles d'une substitution sans souffrance, sans durée, sans réaction et sans péril. Ajoutons encore que l'éry thème thermal, quand il se produit, ou la recrudescence légère de la maladie, en cas de

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dermatoses, ne sont jamais assez prononcés pour exiger une suspension de traitement.

Or, dans le cas spécial dont il s'agit, ne résultet-il pas évidemment de ce que l'expérience vient de nous faire connaître que l'eau d'Uriage intùs et extra, répond à toutes les indications qui découlent de l'étude de l'herpès génital récidivant?... Et si nous sommes entrés si longuement dans l'appréciation de toutes les questions que soulève ce point intéressant de pathologie spéciale, c'est que nous avions à cœur de montrer que les faits cliniques et le raisonnement basé sur la considération des effets physiologiques et thérapeutiques des eaux d'Uriage, sont d'accord pour justifier le seul mode de traitement qui, jusqu'à ce jour ait, en réalité, donné des résultats satisfaisants quant au maintien définitif de l'effet obtenu.

A notre source, les bains locaux, les douches, au besoin, concourent à la guérison de l'herpès préputial. Ils peuvent réaliser ce but de deux manières : soit à faible dose, par une action topique qui modère, affaiblit les poussées existantes, ou prévient celles à venir en atténuant la susceptibilité morbide de la muqueuse balano-préputiale ou vulvaire ; soit, administrés à plus forte dose, en excitant, au contraire, clans la région une suractivité vitale qui précipite les poussées herpétiques et fait, si nous pouvons employer cette vieille expression, que le génie morbide est forcé de dépenser là, coup sur

coup, dans l'espace d'un où deux mois, lout ce que, au grand désespoir du malade, il aurail parcimonieusement fait ou laissé sortir, en un ou deux ans, à intervalles éloignés. Nous reviendrons lout à l'heure sur l'explication ainsi que sur les conséquences de cet effet particulier attribuable à nos eaux.

D'ailleurs, pour le nosologiste, ces propriétés diverses ne doivent ni être isolées arbitrairement, ni groupées selon la loi banale d'une formule identique.

Bien au contraire, il importe d'appliquer le traitement hydro-minéral, suivant les indications présentées par chaque malade en particulier. Les anté-

cédenls du sujet, sa constitution, son tempérament, la marche antérieure du mal, la susceptibilité, le mode usuel de fonctionnement, la résistance de sa lésion génitale, ses autres maladies habituelles, etc., suggèrent suffisamment au médecin la voie particulière que celui-ci devra suivre ; et d'après ces données soigneusement interprétées, il lui sera toujours facile de discerner dans quel sens, sur quel système, de quelle façon quant au mécanisme de son application, la médication hydro-minérale devra de préférence être dirigée.

Enfin, en dehors de l'effet, soit purgatif, soit dépuratif, soit reconstituant de l'eau d'Uriage, nous avons observé un autre mode d'action, dont il estessentiel de dire un mot. Dans ce cas, on voit, tant pen-

dant la saison qu'immédialement après, une recrudescence positive de Mal local. Les éruptions sont alors plus fréquentes, plus aiguës, plus durables; elles affectent un caractère un peu eczémateux. Ce changement est dû à l'excitation thermale, à cette activité nouvelle que les eaux impriment à toutes les fonctions, et particulièrement à celles de la peau. C'est là une espèce de crise ; crise défavorable en apparence, dont le malade se plaint, si l'on n'a eu le soin de l'avertir de cette éventualité ; mais crise au fond salutaire, car ordinairement une guérison radicale a été la conséquence définitive de cette exacerbation temporaire. Nous lui devons nos cures les plus solides.

Enfin, une condition essentielle pour le succès c'est d'exécuter des traitements prolongés; règle, d'ailleurs, indispensable toutes les fois qu'il s'agit d'affections cutanées anciennes. On ne parvient à transformer les dispositions de l'organisme, — qui sont ici à la fois héréditaires et acquises, — qu'en continuant la médication pendant un temps convenable.

Ici, surtout, la maladie que nous combattons est essentiellement rebelle; c'est même — nous avons dit à outrance ce que les malades nous répètent à satiété — c'est même sa tendance constante à la récidive, qui constitue un des côtés les plus pénibles et les plus fâcheux de cette affection. Eh bien! si

nous avons obtenu des résultais satisfaisants, nous le devons, pour une bonne part du moins, à l'administrai ion longtemps continuée des eaux.

Comment, en effet, rompre une habitude vicieuse, délourner un mouvement tluxionnaire que tant de motifs sollicitent à se diriger sur un même point, si nous ne créons pas une dérivation durable, et surtout si nous ne modifions pas profondément, avec les moyens que la médication thermale met à notre disposition, l'état général dialhésique sous l'empire duquel se renouvellent les poussées herpétiques.

Les trois observations suivantes viennent admirablement à l'appui de ce précepte capital : que le traitement doit avoir une durée proportionnée à celle de la cause occasionnelle.

1 0 M . P ... eu t en 1 857 et en 1 858 , plusieursblennorrhagies qui se succédèrent presque sans interruption; peut-être même serait-il vrai de dire qu'il n'en eut qu'une seule sans cesse ravivée par de nouvelles contagions.

Vers la fin de 1858, il vit pour la première fois apparaître une petite éruption sur le gland, pour laquelle il consulta M. Diday, qui, ayant reconnu un herpès préputial, lui conseilla quelques moyens locaux. A partir de ce moment, il eut h plusieurs reprises, tous les trois ou quatre mois, des jetées herpétiques, dont il avait bien vite appris à reconnaître la nature, mais dont les retours successifs le déses-

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péraient. Il s'adressa de nouveau à son médecin qui lui conseilla avec insistance une saison aux eaux d' Uriage.

M; P. arriva tà Uriage au mois de juillet 1859, et à ce moment il se trouvait justement porteur d'une plaque d'herpès siégeant à la face interne du prépuce. On ne constata chez lui aucunes traces de la dialhèse arlhro-herpélique proprement dite : il était seulement doué d'un tempérament très lymphatique et raconta que depuis sa première blennorrhagie, il avait conservé une très grande disposition aux inflammations de la muqueuse urélhro-prépuliale. 11 ignorait complètement si ses parents présentaient des signes de maladies cutanées.

Les bains minéraux, l'eau en boisson à dose purgative et réfractée furent régulièremcntpris pendant un mois. Une survint pas de nouvelles jetées pendant le traitement, ni même deux ou trois mois après. Cependant, clans le cours de l'année 1860, il eut encore deux poussées de l'herpès génital récidivant, et cela chaque fois après s'être livré à des rapports suspects. Voulant à tout prix se débarrasser d'une aussi fâcheuse incommodité, il vint de nouveau à Uriage en 1860, et cette fois la guérison a été définitive, car depuis celte époque (et il a encore été revu en 1869) c'est à peine si M. P... a eu une ou deux récidives en sept ans. Celte fois, il est vrai, le malade pritles eauxpendanl quarante à quarante-cinq jours,

cl il est certain que ce n'est qu'à celle saison prolongée qu'il dut sa guérison complète. Il n'est point douteux du reste, que s'il eût agi ainsi dès la première année, le résultat n'eût été encore plus promptement satisfaisant.

2° M. S..., âgé de quarante ans, d'un tempérament lymphatique et nerveux, a eu, en 1851, un chancre, qu'il dit avoir été induré, mais qui, également selon son propre témoignage, n'a pas été suivi d'accidents constitutionnels. En 1857, il contracte une blennorrhagie qui se compliqua quelque temps après d'une épididymite. Trois ou quatre mois après, il survient pour la première fois un herpès préputial dont les récidives se succèdent à d'assez longs intervalles. En 1859, M. S... estalteint d'une irritation pharyngienne, pour laquelle il se rend à Aix, et dont le traitement thermal, combiné à celui des eaux de Marlioz, fait bonne et prompte justice : toutefois les herpès ne paraissent pas sensiblement modifiés dans leur évolution. En 1861 , à la suite de préoccupations d'affaires, de veilles, d'un régime excitant, il survient un eczéma du front et des paupières pour lequel M. S... se décida, la même année, à venir faire une saison à Uriage. D'ailleurs sous l'influence d'écarts de régime répétés, l'herpès revient plus fréquemment qu'auparavant, mais en conservant toujours sa forme caractéristique, malgré le réveil de l'arthro-herpétisme, dont la préexistence ne saurait être niée, car le ma-

lade esl en oulre atteint depuis son enfance d'un pityriasis capilis, qui a déterminé la chute presque complète des cheveux.

M. S... fil, avec docilité une longue saison, et on eut la satisfaction, après qu'il eut pris quarantecinq bains, d'enregistrer une guérison complète, dont la solidité n'a été que confirmée par le temps, malgré les épreuves d'une vie assez agitée.

3°Unhomme du monde, fort intelligent, était devenu syphiliphobe à un 1res haut degré, sous l'influence d'un herpès génital récidivant, dont les continuelles réapparitions autour de la région contaminée lui paraissaient une preuve irréfutable d'infection générale, et cela malgré tous les raisonnements, toutes les assurances de son médecin.

Dans ces conjonctures, et après avoir inutilement essayé les dépuratifs les plus variés, les sucs de plantes, les robs de toute nature, ce malade vint faire une saison à Uriage.

Un traitement de trente-cinq jours, suivi avec la plus scrupuleuse régularité, fit disparaître cette fâcheuse et si pénible tendance aux répétitions de la fluxion herpétique. Depuis cette époque, aucune inflammation de la peau n'est venue rappeler au malade les angoisses par lesquelles il avait passé. Du moins pendant les deux années qui ont suivi l'emploi des eaux, ce malade n'a pas eu de rechute; depuis il n'a pas été revu.

A Uriago, — et cela est vrai, nous le croyons, de la plupart des eaux minérales, — il y a tout avantage, lors du premier séjour, à continuer l'emploi des eaux pendant le temps nécessaire, lemps que l'expérience seule peut établir suivant les indications. Dans une seconde année, on ne voit pas ordinairement ces changements profonds et rapides qui surviennent chez ceux dont l'organisme n'a pas encore été influencé par les eaux minérales. Les manifestations diathésiques sont alors beaucoup plus longues à disparaître et elles ne cèdent souvent qu'avec une grande difficulté. Tandis que, lorsque dès le début en y mettant la persévérance nécessaire, on a profondément modifié l'organisme, si plus tard il y a des rechutes, des récidives, elles ne se produisent qu'avec bien moins d'intensité, et sont dans tous les cas beaucoup plus faciles à faire disparaître.

Ainsi, par exemple, dans le fait suivant, une saison plus prolongée, ou môme deux saisons dans la même année, eussent probablement amené un résultat définitif, au lieu d'une simple amélioration.

M. D..., d'une bonne constitution, n'ayant jamais eu d'affections cutanées et dont les parents sont parfaitement sains, contracte en 1858 des chancres simples, qui son! pansés avec une solution concentrée de nitrate d'argent. Sous l'influence de cette médication, il survint un érythème très intense et très pénible qui envahit toute la région génitale. Toutefois,

grâce à l'effet d'un traitement émollient, l'inflammation érythémateuse disparut, mais il survint à sa place des plaques d'herpès très circonscrites siégeant dans le sillon balano-préputial et dont les fréquentes récidives devinrent bientôt un sujet d'incessantes préoccupations.

Comme tous les traitements semblaient impuissants à enrayer ce mal, son médecin, M. le docteur Morel, praticien très distingué de Lyon, se décida à l'envoyer à Uriage. Une première saison de vingtcinq jours produisit une notable amélioration; l'herpès, au lieu de reparaître tous les mois ou toutes les six semaines, ne se montra dès lors plus que deux ou trois fois dans le cours de l'année suivante.

Les choses restèrent en cet état pendant toute l'année 1859. Mais voyant que l'amélioration obtenue n'avait nullement progressé, il se décida à venir faire une longue saison qui, cette fois, fut couronnée d'un succès complet.

Si dans certains cas, il y a avantage ou absence d'inconvénient à partager le traitement thermal en deux fois dans la même année, et à un intervalle convenable, il n'en est pas ainsi pour la maladie dont nous parlons.

En général, on doit interrompre la médication thermale lorsque des poussées trop violentes rendent le traitement douloureux pour le malade et que l'inflammation tégumentaire semble entretenue par

la continuation des moyens employés, ou bien encore lorsque la maladie reste slalionnaire, malgré la persistance du traitement et surtout malgré les changements qu'on fait subir à celui-ci. Dans ces cas, il y a souvent opportunité à laisser les malades se reposer quelque temps, et surtout à donner à l'économie la possibilité de devenir de nouveau impressionnable à l'action des eaux. Mais, je le répète, ceci est plutôt applicable aux dermatoses très étendues qu'aux maladies dont il est actuellement question. Il n'y a donc lieu de tolérer le fractionnement du traitement en deux saisons que chez les herpétiques que leurs occupations mettent dans l'impossibilité de faire autrement, c'est-à-dire de faire mieux.

Comme contre-épreuve de l'observation précédente, nous rapporterons le fait suivant. Il sera la preuve de l'efficacité d'une seule mais longue saison, dans un cas rebelle, mais où, il est vrai, il n'y avait pas d'antécédents herpétiques, du moins apparents.

M. G..., de Marseille, d'une bonne constitution, d'un tempérament lymphatico-sanguin , contracte une blennorrhagie simple au mois de novembre 1861 , qui persiste jusqu'au mois d'août 1862. Pas d'autres accidents vénériens. Depuis la guérison de son écoulement, apparition environ tous les mois d'herpès préputial siégeant spécialement dans un point du sillon balano-préputial. État général satisfaisant; pas d'autres manifeslationscutanéesqu'uneacnédesépau-

les. Au moment de son arrivée à Uriage, l'herpès durait depuis dix-huit mois ; et, ajoutait le médecin qui l'y adressait : « Si l'herpès va s'atténuant un « peu, sous le rapport de la largeur et de la durée « des vésicules ulcérées, il ne s'est nullement modi- « fié sous le rapport de la fréquence de leurs réap- « paritions. Dans les premiers temps, l'exulcération « consécutive aux vésicules simulait une chance crelle. »

Notons encore, bien que cela ne soit plus nécessaire, que la cause de production de l'herpès est ici des plus évidentes. La fluxion qui, pendant plusieurs mois, s'est trouvée dirigée vers la sphère génitale, est incontestablement la cause occasionnelle de l'herpès Sans cette circonstance, on peut affirmer qu'il n'aurait jamais eu lieu chez ce sujet.

Chez M. G..., la récompense de sa docilité ne s'est pas démentie plus qu'elle ne s'est fait attendre; et depuis son séjour à Uriage, depuis six ans, les herpès ne se sont plus reproduits.

Citons encore comme établissant l'efficacité des longs traitements thermaux, le cas suivant. Ce n'est pas trop de ce supplément, de celte surabondance de preuves de fait pour convaincre les malades, pour leur faire admettre que vingt et un jours de traitement pourraient bien ne pas suffire à neutraliser une diathèse héréditaire, doublée d'une habitude fluxionnaire invétérée depuis des années!

DlDAY ET DO VON. 53.

M. V. E..., de Marseille, âgé de vingt-cinq ans, d'un tempérament lymphatico-sanguin, n'a jamais eu d'affections cutanées; « ses parents sont d'un sang très-pur », se plaît-il h répéter. Il y a deux ans, à l'occasion d'un chancre, il lui est survenu sur le prépuce des jetées herpétiformes dont les nombreuses récidives ont été particulièrement désagréables par les inquiétudes aussi vives que mal fondées dont elles devenaient pour lui la cause ininterrompue.

I/accident vénérien avait été un chancre perforant ipar conséquent chancrelle) du fdet. À partir de ce

moment, un herpès accompagné de gerçures se produisit, tous les quinze ou vingt jours, sur la muqueuse balano-préputiale. Cet état persista pendant un an environ, malgré les soins les plus minutieux.

Etant alors venu à Lyon, il suivit pendant plusieurs mois un traitement par le nitrate d'argent et le glycérolé de tannin, que lui conseilla M. le docteur Diday. Sous l'influence de ces agents cathéréfiques et astringents, l'herpès ne revint plus que toutes les six semaines.

Sur le conseil de notre cher confrère, M. V. E. se décida avenir, le printemps suivant, àUriage où l'usage des eaux, prises à dose altérante, à dose purgative et en bains, fut suivi des effets les plus sensibles et les plus avantageux.

Vers le milieu de la cure il se produisit une nouvelle plaque d'herpès, mais ce fut la dernière.

- Notons que dans ce cas encore, la saison fut très prolongée : aussi le succès a-t-il été complet.

Nous avons, dans les pages qui précèdent, résumé toutes les explications; nous avons tour à tour donné la parole à toutes les présomptions théoriques, nous avons fait intervenir les divers modes d'action des eaux d'Uriage pour rendre rationnellement compte de l'influence si favorable, si manifestement favorable qu'elles exercent sur la marche de l'herpès génital récidivant. Toutefois, action altérante. dérivation, reconstitution, séclation directe, hypérémie substitutive, ce ne sont là que des explications, vraisemblables sans doute, mais au fond hypothétiques, de la guérison de l'herpès préputial par les eaux sulfureuses comme celles d'Uriage.

Heureusement, en dehors, au-dessus de toutes les hypothèses, il y a ce fait brut, ce grand fait constaté : l'herpès, qui ne guérit pas par les médications ordinaires, guérit sous l'influence de cette médication (soit à Uriage).

Traitement moral des hefpéûfères .

Le plus grand nombre des individus affectés d'herpès progénital, sont profondément convaincus de l'idée que la vérole est seule capable de déterminer chez eux ces jetées qui, tous les deux ou trois mois,

se reproduisent sans aucune nouvelle cause appréciable. « La vérole récidive; donc ce qui récidive est vérolél »

C'est parmi les porteurs de cette pénible incommodité que se recrutent la plupart des syphilimanes; tristes victimes qui, repoussés par les spécialistes consciencieux, deviennent la plus désarmée et la plus ricbe proie des prôneurs de tisanes et de sirops sans mercure, pullulante et repullulanle engeance dont les annonces s'étalent impunément, à la honte de nos mœurs contemporaines, sur les murs de toutes les villes et sur la quatrième page de tous les journaux.

Or, il n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire de faire renoncer ces malheureux au traitement anti-vénérien.

Bien rarement le raisonnement triomphe de l'inquiétude que laisse dans leur esprit ce mal : 1° qu1 reparaît sans cesse à deux ou trois mois d'intervalle, époque habituelle des poussées successives de la syphilis; 2° dont les éclosions viennent toujours aux parties génitales ; — dont le mercure seul, par conséquent, pour ces deux raisons péremptoires à leurs yeux, est capable de vaincre la persistance. On ne sait pas assez jusqu'où la persuasion qu'ils sont vraiment affectés de la vérole peut pousser ces pauvres syphiliphobes, qui si rarement rencontrent dans le

cabinet du médecin la pitié sincère et agissante dont ils sont si dignes.

Mais ce malheur, très réel quoique né d'une cause imaginaire, ne mérite-t-il rien de plus que compassion ou raillerie? Nous ne l'avons point pensé. Et au lieu de la mention dédaigneusement sommaire dont cette partie de la thérapeutique est l'objet chez tous les auteurs classiques, nous voulons, guidés par notre expérience, indiquer au praticien les moyens sur lesquels il peut compter pour dissiper ces illusions qu'il observera, non pas chez quelques herpétiques, mais chez tous les herpétiques, et non pas chez quelque ignare pauvre diable, mais à n'importe quel rang de l'échelle sociale, et dans la bouche des bretleurs les plus capables de l'enferrer, s'il n'est pas armé de toutes pièces dans ce duel dont ils ont, eux, de longue main, étudié les bottes et les passes.

1° Ce qui nous a souvent réussi, c'est une explication brève et claire fondée sur un fait à la portée de toute intelligence.

A l'hôtel Dieu de Paris, un malade refusait-il la herniotomie? nous avons plus d'une fois admiré avec quelle facilité Dupuytren triomphait de sarésistance, en lui tenant ce simple discours : « L'opération n'est rien, mon ami: c'est l'intestin qui est sorti et ne peut rentrer. Eh bien! il ne s'agit que d'agrandir de quelques lignes l'ouverture qui lui a livré passage. » De

même, dites à voire herpétique : « Vous avez une disposition aux maladies de la peau. Eh bien! le chancre, la chaudepisse que vous avez eus n'ont pas engendré votre herpès; ils ont seulement été une occasion pour Yhumeur à laquelle vous êtes sujet, de se porter à la verge plutôt que sur toute autre partie du corps. » Dites avec autorité ceci, qui au fond est la vérité; et si le client n'est pas entièrement convaincu, déjà son altitude dénote un parti pris moins obstiné.

2° Mais après avoir dit ce qu'est l'herpès, il n'importe pas moins de dire ce qu'il n'est pas. Insistez donc pendant que vous êtes sur cette voie; ne craignez pas de faire un peu de clinique. « Si ces boutons étaient syphilitiques, ajouterez-vous, ils auraient été précédés d'un chancre dur, avec glandes dures aux aines. Avant les boulons locaux, circonscrits à une région, qui vous préoccupent, vous auriez passé par une phase où tout éclate de toutes parts: éruption générale, croûtes entre les cheveux, ulcères dans la bouche, écailles aux mains, etc. Dans la vérole, cela a toujours lieu ainsi. Eh bien, tout cela l'avez-vous eu? » — « Non, » ne peut manquer de répondre le client. — « Eh bien! concluez-vous, vous n'avez pas eu la vérole. »

3° Passons à l'état présent : — « Voire mal, votre herpès — continuez-vous, — a trois caractères essen-

liellement rassurants. Il cause du prurit, il guérit rapidement, il guérit sans spécifiques.

Or les plaques syphilitiques, tous les médecins vous le diront, sont sans démangeaison (c'est même là un de.îeurs meilleur s signes distinclifs)et persistent tant qu'on ne leur oppose pas le remède nécessaire pour détruire leur cause. »

— « Pas moins, docteur, ces malheureux boutons reviennent toujours et reviennent sous leur même forme : c'est bien là la preuve... » — « Oui, mon ami, la preuve de leur nature non syphilitique. La syphilis se modifie d'elle-même, à plusieurs reprises durant son cours. Elle est connue pour de temps' en temps changer de région et pour changer aussi de formes. Enfin, puisque vous m'y forcez, écoutez une dure mais décisive vérité : Par sa nature, la syphilis tend à guérison, et de fait elle guérit ; tandis que, pour votre herpès, il y a bien à présumer qu'il ne guérira pas plus qu'il n'a guéri jusqu'ici; et cela parce que les deux maladies sont de cause différente ; l'une étant un empoisonnement, l'autre née d'une cliathèse. »

4° « N'êtes-vous pas, d'ailleurs, frappé de ce fait, mon ami, c'est que depuis un an, deux ans que vous conservez cesherpès, s'ils étaient l'indice d'une vérole qui existe chez vous, vous en auriez d'autres manifestations à la bouche, aux narines, à l'anus, au creux des mains, etc. Il en est toujours ainsi dans la vérole.

Si vous ne m'en croyez pas, « demandez-le, vous dirai-je comme les prôneurs de certains sirops, demandez à ceux qui en ont fait usage » (de la vérole); leur triste expérience est faite pour éclairer la vôtre. »

Maniées par une main exercée, guidées par un coup d'œil qui découvre dans l'attitude de l'auditeur ce qui a porté coup et ce qu'il faut répéter, ces vérités font leur chemin. Prévoyez cependant le cas où le soupçon viendrait au client que vous le trompez pour le consoler, que la vérole dont vous lui tracez les traits comme contre-partie de ceux de son herpès, est une vérole de fantaisie. Ayez en conséquence sur votre bureau quelque bon traité classique marqué aux bons endroits; et quelque léger que soit le nuage entrevu sur la figure du client, forcezle de lire avec vous. — Et s'il voulait, cela se voit, argumenter sur ce terrain, opposer autorité à autorité, citer à son tour E. C. M. e tutti quanti, désabusez-le, montrez-lui la pensée commune, le but réel de tous les auteurs d'ouvrages à la portée des gens du monde; faites le jour sur les motifs qui portent ces collègues à dénaturer, en les assombrissant, les symptômes des maladies qu'ils décrivent ; à mélanger toutes les espèces morbides que nous nous attachons, nous, à distinguer; en un mot, à faire la confusion pour mieux pêcher en eau trouble !

5° Tout ceci est fort bien raisonné; mais enfin

DES HERPÈS GÉNITAUX ûbl

c'est du raisonnement; el il faut l'avouer, c'est beaucoup de raisonnement. Vous vous êtes fait écouter; c'est possible : mais vous êtes-vous fait entendre?... Si vous doutez du succès obtenu, changez de batterie; c'est un coup droit qui va décider la victoire, c'est une expérience. Que dis-je? une expérience!... Nous en avons ici trois à notre service, et toutes trois probantes : et, ce qu'il y a de singulier, tout à fait probantes si le malade se décide à les faire, et probantes encore lors même qu'on n'a fait que les lui proposer.

A. Telle est, parexemple, telle est essentiellement la première. Dites catégoriquement à l'herpétifère syphiliphobe : « Vous avez si peu la vérole que si vous vous y exposiez, vous la contracteriez certainement. Or, vous savez — Ricord l'a dit ! — que cette maladie est du nombre de celles qu'on n'a qu'une fois dans sa vie. Donc si, à présent, dans votre état actuel, vous pouvez la prendre, c'est que vous ne l'avez pas. » L'argument, il est vrai, est destiné à manquer de sanction, l'interpellé se gardant bien de lui donner, en allant sciemment mener coïtum cum infecta, la seule qui fût valable. Mais sa prudence, fort louable d'ailleurs, et dans laquelle il convient de l'exhorter à persister, est une preuve que déjà il vous donne raison; qu'il se croit réellement en état d'attraper le gros mal; et c'est à vous de lui montrer cette conséquence logique de son refus de s'exposer.

B. <» Si, comme vous le croyez, direz-vous au clienl , voire éruption est un effet cle la syphilis, le mercure doit la guérir. Par conséquent... » Arrêtons-nous à moitié chemin de la formule; car il y a trois moyens, parmi lesquels on choisit selon les circonstances, de l'exécuter de manière à convaincre le douleur. — Vous répond-il franchement. « Eh Lien! docteur, essayons! » Vous pouvez : soit lui répliquer consciencieusement : « Faites-le à vos risques et périls; » — soit, usant d'une diplomatie permise, lui formuler bravement 60 pilules d'hydrargyre, que, d'accord avec le pharmacien, vous ferez subrepticement transformer en pilules micâpanis; — soit, sans prévenir le client, lui écrire des pilules d'extrait de n importe quel nom étrange qui vous viendra à l'esprit (d'extrait de taraxacum triple, par exemple.)

De quelque manière que vous ayez cru devoir procéder, l'éruption d'herpès revenant à son époque habituelle, faites valoir ce résultat négatif en disant à l'heureux désappointé : « Vous le voyez, monsieur, vous avez voulu prendre du mercure, » — ou bien : « je vous en ai donné, sans vous le dire (il y en avait, sans que le nomysoit, dans ces pilules d'extrait de...)] vous en avez donc pris à une dose capable de guérir votre éruption, si elle était syphilitique. Et cependant elle a reparu à son heure et avec sa force ordinaire... Tirez vous-même la conséquence. »

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