‹ Les herpès génitauxChapitre 16 sur 21 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Cette question ouvre au praticien le plus expérimenté l'alternative la plus bizarre et la plus embarrassante.

Il peut, en effet, inspiré par des considérations doctrinales d'égale valeur, et guidé par un égal souci des intérêts de son client, prendre l'un ou l'autre des deux partis suivants :

Soit assister, l'arme au bras, à l'évolution du mal; laissant les poussées d'herpès 'se succéder, sans opposer à chaque éruption autre chose qu'une pincée d'amidon, sans opposer à leur succession renaissante autre chose que patience et résignation;

Soit, au contraire, pousser l'énergie de la médication locale jusqu'à l'emploi des caustiques même destructifs; mettre en œuvre les modificateurs cons-

titutionnels qui, doués du pouvoir d'influencer le mode de nutrition, vont jusqu'à corriger une diathèse... ou à lui subsliluer une dyscrasie.

En indiquant cette alternative, voulons-nous dire qu'il est indifférent, qu'il est licite de choisir, soit l'un , soit l'autre de ses termes , l'expectalion inébranlable ou la médicamentation à outrance?... Non certes. La forme paradoxale que nous lui avons donnée n'est destinée qu'à mieux faire ressortir notre conviction, fruit d'une observation comprenant non pas une période mais la vie entière d'une nombreuse série de malades, vérité qui domine toute la thérapeutique de l'herpès progénital, savoir :

Que, de par la nature, le nombre, la connexion de ses éléments générateurs, la fluxion d'herpès génital ne tarde pas à faire partie des décharges, des excrétions, ou exutoires, nécessaires chez certains sujets à l'intégrité de l'acte nutritif ;

Que, en fait, l'herpès rentre dans la classe des maladies dont on peut dire que. si leur cure est le plus souvent hors de nos moyens d'action, c'est parce que la nature se l'est réservée, en la préparant, en la graduant selon le mode le plus dur, en l'ajournant jusqu'à l'heure où cette cure sera sans danger.

Ces remarques sont à leur place en tête du chapitre de thérapeutique. Elles consoleront le client toujours contristé, parfois révolté de notre impuissance contre un si petit bobo. Elles éclaireront le méde-

cin en lui faisant comprendre que ce n'est pas seulement le sentiment de cette impuissance qui doit le rendre réservé dans ses tentatives thérapeutiques; que dans certains cas, que nous lui apprendrons à discerner, l'éphémère vésicule bi-mensuelle a sa valeur inhibiîrice qu'il s'agit de peser, mérite de prendre et le nom et les privilèges d'un véritable noli me tanij ère.

A l'occasion d'un herpès progénital, l'intervention du médecin consiste :

A l'empêcher de s'établir;

A rendre chacune de ses poussées aussi peu onéreuse que possible ;

A prescrire les soins et médications de tout ordre les plus propres à éloigner ses retours;

A employer, contre lui, dans les cas qui le comportent, la médication curativeque l'art a en sa possession;

Enfin à combattre le découragement qu'engendrent ses persistants retours; — toutes indications qu'on peut grouper sous ces quatre chefs : traitement préventif; traitement palliatif ; traitement curatif ; traitement moral.

Traitement préventif.

1° Rendre plus sûrs les coïts d'aven ture. — Toute perfectionnée qu'elle soit, la réglementation médl-

cale de la prostitution n'a pas encore donné les résultats qu'on en devrait attendre. Sauf pour la chancrelle, qu'on ne peut méconnaître parce qu'elle crève les yeux, aucune statistique n'a encore signalé une décroissance, pas même un temps d'arrêt, dans le nombre des cas de contagion vénérienne contractée même dans les maisons de tolérance des grandes villes (celles qui sont soumises à la surveillance officielle le plus exactement... organisée). Et il en sera ainsi tant qu'on n'aura pas mis en œuvre le moyen aussi facile que rationnel — depuis vingt-cinq ans, nous ne cessons de le rappeler — de rendre les municipalités ainsi que les médecins-inspecteurs, celleslà pécuniairement, ceux-ci en tant que fonctionnaires, responsables des dommages causés par la consommation de la marchandise qu'ils offrent et qu'ils pourraient livrer exempte de danger.

2o Détourner l'homme de s'exposer à ce danger qui lui est parfaitement connu. — Précepte tout aussi justifié que le précédent, mais encore plus dépourvu de sanction. Depuis que, pour chaque nouveau groupe scolaire, il s'ouvre cinquante groupes de comptoirs, (munis de leurs attrayants accessoires) ; depuis que le déclin de notre commerce a multiplié le nombre des voyageurs (desquels, nous spécialistes, nous pouvons bien dire qu'ils voyagent autant pour notre article que pour le leur), en quel frein espérer, moral, familial, comminatoire? Instruments inconscients de

l'ordre providentiel qui veut à tout prix l'expansion du perfectionnement social, les nations civilisées en font bien d'autres. Santé, fortune, vie, honneur des leurs, elles exposent, sciemment elles compromettent tous ces biens dans des entreprises lointaines. Comment l'individu résisterait-il à une attraction bien plus puissante, présente, sollicitante et qu'il peut au moins croire sans péril? Quand la nature lui parle au nom de son intérêt primordial à elle, au nom de la perpétuation de la race, comment resterait-il sourd à son incessant appel? A considérer ainsi les choses, celui qui succombe a son excuse prête. A qui lui reprocherait ses égarements, il pourra avec notre cher sociologue lyonnais, répondre que, sous ce rapport comme sous bien d'autres, « l'homme est l'analogue de l'humanité! »

Nous avons parlé de frein ; aux yeux du médecin, un seul paraît efficace. Mais le proposer ici serait la plus naïve des pétitions de principe : car c'est justement de l'effroi qu'inspire l'herpès à son futur porteur qu'il s'agit pour le maintenir continent; de cet effroi qui, faisant entrevoir au patient tous les malheurs, sait lui imposer tous les sacrifices. A ce compte, on le voit, le meilleur traitement prophylactique est bien compromis, s'il est nécessaire d'avoir subi l'épreuve pour être dans les conditions qui peuvent vous y soustraire; si, en termes plus précis, pour éviter de prendre l'herpès, il faut l'avoir eu!

3° L'accident primitif vénérien s' étant déclaré, en diriger révolution de manière à empêcher l'herpès récidivant de se produire. — On sait déjà ce que nous visons par cet énoncé : c'est le traitement aborlif de la cliancrelle.

Mais rejeter celte aborlion parce qu'elle favorise le développement de l'herpès, ce n'est point la condamner d'une façon formelle et absolue. Il est des circonstances où un malade risquera très volontiers la chance d'avoir ultérieurement un herpès pourvu qu'on le débarrasse sur l'heure de sa cliancrelle. Cette indication se pose impérativement dans les ménages, légitimes ou non, lorsque l'un des époux s'étant contaminé en l'absence de son conjoint, a besoin d'être \a\ïde, dispotiible pour le jour prochain et fixé du retour. Dans ce cas, alors même que le médecin remplira complètement son devoir en avertissant le client des conséquences éloignées auxquelles l'expose la cautérisation abortive, on peut être sûr que non seulement autorisation, mais invitation lui sera donnée par l'intéressé, de procéder immédiatement cà l'extinction du foyer contagieux.

Une autre indication a été formulée de l'abortion coûte que coûte : c'est lorsque la cliancrelle existe chez une de ces femmes qui, par profession ou par habitudes, peut transmettre la maladie. « Sacrifiez dans ce cas. a-t-on dit, l'intérêt individuel h l'intérêt social. » Ce précepte se fonde sur un considérant

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discutable. Mais, en vertu des notions ci-dessus sur l'herpès féminin, nous pouvons concilier les deux intérêts. Et voici comme :

En faisant avorter la chancrelle, vous exposez le sujet à toutes les incommodités de l'herpès récidivant: ceci est accordé.

Mais, pour la catégorie de femmes dont nous parlons, ces incommodités se réduisent à une seule : à rendre impossible l'exercice de leur métier pendant l'existence de ce bouton douloureux pour elles, et d'aspect suspect pour celui qui recherche leurs faveurs.

Mais, puisque l'herpès n'apparaît guère chez la femme que durant la période menstruelle, et comme pendant cette époque le coït, chez elle, est forcément, réglementairement suspendu , l'obstacle qui résulterait de la présence de l'éruption herpétique à ce moment n'a pas lieu d'être mis en ligne de compte puisque, n'exislât-il pas, un autre obstacle, un obstacle physiologique, à ce même moment, interdirait le fonctionnement génital.

Traitement palliatif.

Tous les herpès, quant à l'évolution, ne se ressemblent pas; ni tous les herpélifères non plus, quant au caractère. Une éruption qu'on sait, d'après le cours de ses aînées, devoir ne durer que cinq ou six

jours, ne comporte pas les mêmes soins, les mômes pansements que l'herpès ulcéré qui ne se cicatrisera qu'au bout de douze ou quinze jours. D'aulre part? c'est un désir irrésistible chez tout porteur d'herpès, et à chaque récidive, non seulement d'être guéri le plus tôt possible de son éruption, mais d'en être traité. En général — uous disons en général, car la contre-indication sera formulée plus loin, traitezle donc; vous aurez à bon marché l'honneur de la cure; et, pour mince que soit cet honneur, n'en faites pas fi. Le premier pharmacien, médicaslre, compagnon de table d'hôte, à défaut de la vôtre, lui donnera sa recette, et vous voilà supplanté.

En tant que lésion locale, le traitement des herpès des parties génitales est des plus simples. Dans la forme aiguë, les topiques émollients, de simples astringents, les poudres inertes peuvent intervenir efficacement. Mais quelques explications sont nécessaires; car il est évident que l'on pourra toujours abréger la durée d'une poussée d'herpès, suivant la médication employée et surtout, dirons-nous, suivant les précautions prises.

L'eau blanche très affaiblie, une solution de tannin ou d'alun, l'eau étendue de vinaigre de toilette, d'alcool camphré, le vin aromatique, la poudre d'amidon, de bismuth, surtout de talc, sont les remèdes les plus usités, sinon les plus actifs. Tous, en effet, amènent la cicatrisation d'un groupe d'herpès.

Préférez toujours, en fait de liquides, ceux qui sont incolores, pour éviter les lâches du linge (taches compromettantes en famille et en ménage); en fait de poudres, celles qui ne sont pas fermentescibles.

S'il s'agit de véritables ulcérations menaçant d'avoir une certaine durée, nous donnons la préférence au nitrate d'argent. Mais il faut l'employer avec ménagement et discernement. Tout d'abord, nous proscrivons absolument l'usage du crayon, de la pierre. Son principal désavantage est de donner lieu à une plaie qui dure tout autant, pour le moins, qu'aurait duré l'herpès lui-même (1). On peut lui reprocher aussi avec raison de défigurer pour plusieurs jours la lésion, au point que ni le malade, ni le médecin lui-même ne peuvent, au moment où ils y auraient le plus d'intérêt, savoir s'il s'agit bien d'un herpès ou si ce n'est pas une chancrelle; chancrelle qui, forcément méconnue durant ce temps, aura ainsi échappé aux moyens aborlifs, et, en cas de coït (car devant tout supposer, il nous faut tout prévoir) pourra devenir un agent de contagion.

Il faut donc s'en tenir à une préparation dans laquelle le sel caustique soit convenablement affaibli : de 4 h 8 décigrammes du sel lunaire, soit dissous

(1) Nous avons soigné des malades qui parla plus étrange aberration, voyant leur herpès persister trois jours après une de ces cautérisations, en concluaient que c'était donc bien là un chancre, et qu'il fallait cautériser plus fort : ce qu'ils faisaient et refaisaient itérativement, et aux mêmes intervalles, jusqu'à ce qu'un médecin vint leur dire : « Mais laissez donc à ce que vous brûlez le temps de guérir ! »

dans 20 grammes d'eau, soit incorporé dans 20 grammes de vaseline, nous semble être, selon la susceptibilité des sujets et celle des régions, une proportion suffisante.

Quand le mal, cas le plus fréquent, est sur l'une des faces de la cavité balano-prépuliale, on imbibe de la solution un peu de charpie qu'on dépose sur le point malade, et que les plis naturels de la région, en revenant sur eux-mêmes, maintiennent en place.

S'agit-il au contraire d'un herpès siégeant sur le fourreau de la verge, ou en dehors des grandes lèvres? Le tégument externe veut être attaqué plus activement que le tissu muqueux; il faut dans ce cas recourir aux onctions avec la pommade.

Mais dans quelque lieu, de quelque façon, et sous quelque forme médicamenteuse qu'on procède, nous recommandons, par-dessus tout, de ne pas insister sur la médication. Ce serait un contre-sens que les effets irritants du remède pussent se prolonger au delà du temps que la maladie, abandonnée à ellemême, aurait demandé pourguérir: dans ce cas, aune prochaine récidive, le client, mieux conseillé ailleurs et voyant disparaître le même mal en moitié moins de temps, saurait bien, en fait de reconnaissance, rapporter cuique siium.

En conséquence de ce principe, quatre ou six applications, soit du caustique liquide sur de la charpie, soit de la pommade suffisent; et comme nous

conseillons de les répéter à huit ou douze heures d'intervalle l'une de l'autre, les malades en ont toujours fini, en deux ou trois jours avec le remède, en trois ou quatre avec la maladie; car, quant à ses effets sensibles (le prurit, la chaleur, la cuisson) ils ont cessé dès la première application du caustique.

Proscrivant les topiques qui tachent, h plus forte raison rejetons-nous, ceux qui par leur odeur trahissentla maladie. Précieuxpour maint autre cas, l'iodoforme ne peut ici être employé que par ceux à qui, vu leur belle santé apparente soiisles autres rapports, il serait indifférent que, dès leur entrée dans un salon, chaque personne de la société se bouchant les narines dise à son voisin : « Voici un gaillard à qui je ne donnerai pas ma fille ! »

Traitement curatif.

Il compte plusieurs ordres de moyens sur l'emploi desquels s'appuient, à côté de quelques espérances très légitimes, très fondées, des prétentions plus nombreuses; prétentions dont il y a lieu, dans la clientèle, tantôt de confesser l'inanité, tantôt de faire ressortir le côté rationnel; mais cela sans jamais faire en leur nom de promesse formelle, et surtout sans pousser les médications qu'elles suggèrent au delà du point où ces médications cesseraient d'être inoffensives.

En face d'une éruption herpétique dont le carac-

1ère récidivant est établi, diverses voies sont ouvertes au traitement curatif. Ainsi :

1° On peut se proposer de faire avorter l'herpès, en détruisant à fond l'un des foyers de récidive que chaque éruption successive représente;

2° On peut se proposer de rendre moins sensible, moins impressionnable la partie du tégument sur laquelle ont lieu ces reproductions;

3° On peut se proposer de détourner la fluxion de ce lieu en l'attirant, par des agents dérivatifs, sur d'autres points de l'organisme.

4° On peut se proposer de rendre aussi peu fréquentes, aussi peu actives que possible les causes occasionnelles qui semblent le plus influer sur la répétition de l'herpès.

5° On peut se proposer de modifier l'organisme, de le modifier par exemple dans le sens de la reconstitution, de faire cesser les maladies connexes (soit locales, soit dyscrasiques) afin de le rendre moins accessible aux influences morbides desquelles l'herpès, dans tels ou tels cas, peut être une manifestation.

6° On peut enfin, —la cause intime, diathésique, de l'herpès étant aujourd'hui connue, admise, — s'attaquer directement à cette cause, chercher à la neutraliser par les spécifiques desquels elle est justiciable.

Voici l'espèce, le mode d'application et surtout la

valeur curative réelle des agents qui se rattachent à ces six ordres d'indications.

A. Par destruction sur place des germes de l'herpès.

Ce serait là le vrai moyen. Mais si la théorie l'indique, la nature s'y prêle mal.

D'abord même une poussée qui s'annonce comme bien localisée, ne reste pas toujours telle durant tout son cours.

Brûlez à fond, vous le pouvez, le siège d'un groupe de trois ou quatre vésicules : qui vous dit que demain, il n'en poussera pas à côté un nouveau?

Puis, au moment où la vésicule commence à se dessiner, n'est-il pas déjà trop tard pour détruire les germes qu'elle a pu disséminer à son voisinage plus ou moins éloigné, dans l'épaisseur du tégument ; germes, dont rien, au jour de l'éclosion, ne peut dénoter la présence, la situation.

Pour ces motifs, la méthode, toute rationnelle qu'elle paraisse, a besoin d'une nouvelle étude, et d'une étude à laquelle nous osons à peine convier les cliniciens; car, sur cette région où tout vestige est compromettant, produire une perte de substance à cicatrice indélébile, en vue d'un résultat aussi problématique que celui que nous venons de désigner, résultat d'ailleurs qui n'intéresse en rien la santé du sujet ainsi mutilé, ce n'est un essai engageant ni pour l'opérateur, ni pour l'opéré.

En supposant, néanmoins : un herpès dontles poussées précédentes se sont toujours bornées à une éruption peu étendue; éruption s'épuisant en un seul effort, dès sa première apparition, c'est-à-dire ne se composant pas elle-même de plusieurs poussées;

Un malade tenant à guérir et consentant à subir Fessai, bien qu'il sache ce qu'il aura à souffrir sur l'heure, à appréhender pour l'avenir s'il veut avoir une chance de guérison; on pourrait agir. Nous avons dans des conditions semblables opéré nousmêmes, une fois; mais seulement par l'application d'un vésicatoire. Le mal ne reparut pas à la place que depuis longtemps il semblait s'être choisie, où il paraissait s'être fixé, au gland. Mais quelque temps après, une éruption eut lieu sur le fourreau.

Citons à ce sujet l'exemple d'une affection tout à fait analogue ;

« Une dame, depuis 1870, présentait périodiquement une éruption de furoncles, naissant d'abord isolément, puis devenant chacun le centre d'une éruption secondaire, en zone plus ou moins étendue. M. H. Mollière pensa que les furoncles de seconde date étaient très probablement le résultat d'une véritable inoculation ; il fit désormais pratiquer des lavages avec l'acide phénique, avec l'alcool, l'éther, chaque fois que revint une éruption nouvelle; et non seulement il vit disparaître les furoncles de zone

secondaire; mais aussi l'éruption périodique elle même est devenue de plus en plus rare. » (Sociélé des se. médic. de Lyon, avril 1885.)

Parlant de ces données, mais considérant que les germes d'herpès incubant long temps, ils doivent siéger entre les couches du corps muqueux tégumentaire, nous proposons, lorsqu'on trouvera une éruption d'herpès offrant les conditions d'évolution spécifiées ci-dessus, de chercher à détruire les germes ainsi que l'éruption actuelle, en appliquant sur le siège de celle-ci, et débordant sa circonférence, un vésicatoire camphré, qu'on pansera immédiatement avec une solution de sublimé, selon la méthode dite de Malapert.

B. Traitement curatif des récidives, par modification de texture du tégument.

Le durcissement, la tannification de la région tégumentaire où l'herpès s'enracine, est une méthode dictée par la nature elle-même. En effet, l'herpès s'observe rarement sur le tégument externe; et quant à la muqueuse pénienne ou vulvaire, il se rencontre avec une fréquence relative très marquée sur la partie où cette membrane, adossée à ellemême, offre à leur summum les conditions de ténuité, de frottement, de chaleur, d'humidité, qui sont les caractères propres de cette sorte de tissus

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organiques, c'est-à-dire sur le reflet baïano-préputial. Transformer, autanl que possible, celle muqueuse enpeau, est donc une idée qui vienl à l'esprit de tout médecin, comme de tout malade un peu soigneux ou un peu intelligent.

On en tente la réalisation par divers moyens. Le plus simple est d'interposer, à demeure, entre le gland et le prépuce ou entre les deux côtés de la vulve, un linge de toile à demi usée, un peu de charpie sèche, ou simplement une feuille de papier à cigarettes qu'on renouvelle deux ou trois fois par jour.

Quelques individus essayent, dans ce même but, de tenir le gland constamment découvert : mais il est rare qu'ils résistent h la sensation, surtout pénible durant les premiers jours, que les frottements de la chemise pendant la marche déterminent sur une partie qui n'est pas conformée de manière à les supporter; d'autant plus que si le malade porte couvert, c'est parce que l'ouverture préputiale a un diamètre assez resserré pour que lorsqu'elle est tirée en arrière elle étrangle le gland; d'où une nouvelle cause de douleur. En somme, c'est le moyen en apparence le plus simple : c'est, en réalité, celui qui échoue le plus souvent.

Au lieu d'appliqer la charpie sèche, on peut l'imbiber d'astringents divers, solution de tannin, d'alun, de sulfate de zinc, d'acétate de plomb, vin aromali-

que, pêrchlprure de fer, alcoolé de guaco, solution d'extrait de ratanhia. Tous ces topiques ont leurs partisans : leur efficacité est à peu de chose près identique.

Un autre moyen, non moins préconisé et qui convient parfaitement aux surfaces très sécrétantes, consiste à saupoudrer tous les matins la région herpétifîable d'un peu de calomel, ou de camphre, ou de sous-nitrate de bismuth, plus simplement de poudre de lycopode, ou même d'amidon. Le talc de Venise (comme corps non fermentescible) mériterait la préférence.

Nous réalisons le même objectif, en recommandant aux malades d'étendre, une fois par jour , sur le reflet, avec le bout du doigt, un peu du liniment suivant :

Glycérine neutre 30 grammes.

Tannin 1 —

Ou bien encore.

Vaseline blanche 30 grammes.

Tannin 1 —

Les moyens, on le voit, ne manquent pas à la méthode. Mais la méthode répond-elle à l'indication? Aboutit-elle à supprimer les récidives d'herpès?

Quoiqu'elle ne soit pas absolument sans effet, et qu'on ne doive jamais se priver sans motifs du secours qu'elle prête, il faut avouer que la médication tannifiante ne remplit guère les espérances que l'on a fondées sur elle. Employée avant la première appa-

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rition de l'herpès, au moment où l'accident vénérien qui lui donne naissance ne s'est pas encore déclaré, il est assez présumablc qu'elle concourrait à en entraver le développement; car, bien qu'on en voie, on voit beaucoup plus rarement l'herpès chez les circoncis que chez les autres. Mais une fois l'herpès établi, il devient, par lui-môme, un obstacle à l'action, au succès des topiques dessiccatifs. Chaque fluxion ramène la congestion, l'habitude de la sécrétion sur cette membrane d'où l'on s'efforçait de les chasser. Est-ce assez de quelques modifications passagères imprimées à la superficie du tégument pour lutter contre unnisus intérieur, contre un besoin incessant et profond de décharges, tel que celui que crécdanslaconslilutionl'exislenced'une diathèse?... Les armes ne sont rien moins qu'égales; aussi le résultat de la lutte ne saurait-il être douteux.

Pour faire juste mesure à cette méthode de traitement, on peut dire que, mise en œuvre pendant plusieurs mois, elle agira avantageusement contre la cause de récidives que représente l'influence d'érections violentes et prolongées, de coïts pratiqués avec une femme affectée de pertes acres, irritantes, ou avec plusieurs femmes différentes. Là estle triomphe de la médication dessiccante. Malheureusement, nous le savons, les causes de cet ordre, les causes occasionnelles, ne sont pas celles qui ont le plus d'action pour engendrer les récidives d'herpès.

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