Hist. lût. de la France , t. XXVIII, p
3. Demay, Sceaux de la collection de Clair ambault, t. I, p. 280, n° 2648.
LES HEURES DE i/AMIRAL PRIGENT DE COETIVY.
disque blanc (un miroir?), entouré d’une bordure dorée. La première de ces devises nous est connue par trois manuscrits, conservés l’un à la Bibliothèque nationale, un autre au Musée Condé, le troisième au Musée Britannique; dans tous les trois l’Amiral, à côté de sa signature autographe, a tracé la devise Dame sans PER1.
Tout se réunit donc pour nous autoriser à attribuer à l’amiral Prigent de Coëtivy 2 les Heures dont je viens de donner une description sommaire.
Ces Heures durent être faites au plus tard en 1444. Ce sont elles, en effet, selon toute apparence, qui sont ainsi mentionnées sur un « Inventaire des choses envoiées à monseigneur de [Coëtivy] dedans une malle de cuir, non fermant à clef, le xime d’octobre CCCCXLIIII, de Rocheffort à Taillebourg : »
Unes belles heures, escriptes en lettres de forme, bien ystoriées, couvertes de velours cramoisi broché d’or, à fermoers; mises en une bourse de cuyr rouge.
Ce n’est pas ici le lieu d’écrire l’histoire de Prigent de Coëtivy, ce fidèle et vaillant serviteur de Charles VII, qui trouva la mort sous les murs de Cherbourg, au moment où le recouvrement de la Normandie allait être consommé.
Mais si nous n’entrons pas dans le détail des prouesses de l’Amiral, il nous est bien permis de nous arrêter un instant sur plusieurs manuscrits qui lui ont appartenu. C’est à bon droit que le duc d’Aumale a célébré le bon goût dont il a fait preuve en s’entourant de livres dont nous pouvons encore admirer la magnificence.
I. Bibliothèque nationale, ms. fr. 52. — Livres XXV-XXXII du Miroir historial de Vincent de Beauvais, traduit par Jean du Vignai. On lit au bas de la dernière page : « Ce livre est à Prigent, seigneur de Rais, de Goectivy et de Taillebourg, conseiller et chambellan du corps du roy et admirai de France. »
1. Voir un peu plus loin la liste des manuscrits qui ont appartenu à l’Amiral.
2. Nous avons de nombreuses signatures autographes de l’Amiral dans le ms. français 27281 (vol. 797 des Pièces originales du Cabinet des titres), toutes portent très nettement la leçon Prigent de Coettivy.
Et au-dessus de cette note, de la main même de l’Amiral :