‹ Les Heures de Notre Dame dites de HennessyChapitre 2 sur 45 · I. — Provenance. — État du Manuscrit · texte numérisé non relu

I. — Provenance. — État du Manuscrit

'après le témoignage d’un des derniers propriétaires cité par M. Ch. Lioult de Chênedollé, qui écrivait en i852, les Heures de Notre-Dame se trouvaient dans la famille irlandaise de Hennessy depuis cent cinquante ans, mais aucun document domestique n’a fait connaître par quelle voie ce précieux manuscrit lui était parvenu.

Grâce à l’étude sommaire que l’écrivain précité leur a consacrée dans le Bibliophile belge de i853 (i), la réputation des Heures de Hennessy était faite depuis longtemps lorsque, en 1874^ M. Ch. Ruelens réussit à les faire acquérir par l’État belge.

Dans le courant du xvme siècle, le manuscrit, qui avait été sans doute démembré antérieurement, fut monté sur papier de Hollande et pourvu d’une reliure en maroquin rouge décoré aux petits fers. L’arrangement déplut à M. Ruelens, qui fit détacher ces miniatures pour les placer dans des volets mobiles, et ce fut dans cet encadrement peu gracieux que le manuscrit figura, en 1880, à l’Exposition de l’Art ancien, à Bruxelles. Depuis une couple d’années, M. le conservateur Ouverleaux a fait replacer dans leur ancienne reliure les miniatures et les autres feuillets de parchemin.

Les pages du texte ont omi3 de hauteur sur omog5 de largeur. Les miniatures ont omn de hauteur sur omo8 de largeur; dans

(1) Voyez Description sommaire d’un livre d' Heures de Notre-Dame, manuscrit latin avec miniatures, exécuté en Flandre au commencement du XVIe siècle.

la présente étude, elles sont toujours reproduites à la grandeur de l’original.

Plusieurs de ces peintures semblent avoir subi de-ci de-là certaines retouches qui n’altèrent point d’une manière grave l’aspect primitif. Des feuillets font défaut, mais aucune miniature, que nous sachions, n’a disparu. Ajoutons que M. Ch. Ruelens avait écarté, comme une interpolation, une page très faible que M. Ed. Baes décrit comme suit : « Travail grossier d’exécution : coloriage sur fond d’or, arbre de Jessé, fait par un dessinateur, élève peut-être de Gossaert. Très mauvais comme figures. L’auteur manquait d'études, mais avait la routine de l’ornement décoratif (i). » Que cette page soit contemporaine des Heures de Notre-Dame, rien de plus vraisemblable. On rencontre assez fréquemment des manuscrits de prix ornés de peintures d’un mérite très inégal. C’est ainsi que tous les petits sujets de genre qui décorent de nombreuses marges du bréviaire Grimani émanent d’un artiste très médiocre. En tout cas, la peinture dont il s’agit ne mérite pas d’être reproduite.

Le texte, comme on le verra, du reste, plus loin, ne renferme, à notre avis, aucune particularité digne d’être relevée.

L’écriture du manuscrit est une gothique carrée dont il convient de louer l’élégance et la netteté, ainsi qu’il est aisé de le constater en jetant un coup d’œil sur plusieurs planches du présent ouvrage. Quant au vélin employé par le manuscripteur, il est remarquable par la blancheur et la finesse de son grain.

(1) Notes sur le Bréviaire Grimani et les manuscrits à miniatures du commencement du XVIe siècle. Bulletin des Commissions royales d’Art et d’ Archéologie, 1889.

Page 1