‹ Les Heures de Notre Dame dites de HennessyChapitre 26 sur 45 · SAINT LUC · texte numérisé non relu

SAINT LUC

«-CLAESEN. ÉDITEUR, BRUXELLES.

de septembre. Un paysan dirige une lourde charrue attelée de deux chevaux et raie de sillons profonds une pièce de terre entourée d’une haie et d’arbres.

19. LES VENDANGES. — Des vignerons, secondés par leurs femmes, s’échelonnent sur le coteau et recueillent les grappes riches et vermeilles. Derrière le coteau, la rivière décrit ses méandres; sur le cours d’eau, est jeté un pont de pierre que traversent un cavalier et un piéton. Plus loin, des maisonnettes se dégagent de bouquets d’arbres. Plus avant, se dresse un rocher d’une masse imposante, couronné d’un château-fort. A droite, s’étendent de verts pacages que baigne la rivière. L’horizon est fermé par des coteaux vinicoles qui s’évanouissent dans les buées d’automne.

20. LE TRANSPORT DE LA CUEILLETTE. — Miniature formant cadre. En haut apparaît le signe du zodiaque, le Scorpion, qui indique le mois d’octobre. Un chariot chargé de grappes de raisins s’avance, traîné par deux bœufs aux cornes effilées. Le conducteur est coiffé d’un chaperon à la mode du xve siècle; à côté marche un ouvrier portant une gaule sur l’épaule ; à droite, serpente un chemin à l’ombre de grands arbres.

Le sujet qui vient d’être décrit est, à peu de chose près, la copie d’un motif qui se trouve dans le Grimani (voir Album de Zanotto, pl. XVII),

à la miniature consacrée aux vendanges. Je soupçonne l’auteur de cette dernière peinture d’avoir emprunté lui-même ce sujet à un enlumineur du xve siècle, ainsi que le costume le fait supposer.

21. LE TIR A L'ARBALÈTE. — Au premier plan, à droite, un personnage est assis près de la cabine de tir, qui a la forme d’un pignon aigu, trilobé, en bois et peint en vert. Un tireur épaule une lourde arbalète ; il porte un costume tranché de gueules et d’azur ; derrière lui est posée une cible de rechange. La coulisse de tir présente l’aspect d’un mur en briques, percé d’une baie rectangulaire, surmonté d’un chaperon et maintenu à la base par de petits contre-forts. Un personnage corpulent, vêtu d’un riche costume de velours et de soie aux tons clairs, portant un collier en argent doré, a les yeux fixés sur l’arbalétrier. Apparemment, c’est le roi du tir que l’enlumineur a voulu représenter et rien ne s’oppose, si l’on tient compte de l’opulence de son costume, à voir en lui un homme de qualité. On sait que les, seigneurs et même les princes ne dédaignaient pas de disputer aux confrères de saint Sébastien l’éphémère royauté décernée à la seule habileté.

Le roi est entouré de curieux. Près de ce groupe, un servant est occupé à bander une arbalète. Deux tireurs, portant la tunique rouge et bleue, se dirigent vers la droite. Dans l’enclos emmuraillé, on aperçoit deux petits personnages et un couple accompagné d’un enfant.

De-ci de-là des arbres, dont plusieurs sont déjà dépouillés de leurs feuilles; à droite, une habitation; à l’arrière-plan se dessine la silhouette d’un moulin à vent posé sur une butte élevée, dans le chemin de laquelle s’est engagé un agreste attelage.

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