LA DÉLIVRANCE D’UN DÉMONIAQUE
droite et immobile la tête de Jésus au moyen de deux bâtons appuyés à la nuque et à la gorge. L’un des tortionnaires enfonce la couronne d’épines à grands coups de gourdin.
L’encadrement de la miniature, simulant une boiserie à rehauts dorés, est orné de deux figures en grisaille. Le sujet d’en bas représente le Portement de la croix, également en grisaille. Jésus-Christ succombe sous la croix que deux soldats tirent en avant au moyen d’une corde. Véronique présente au Sauveur un voile humecté pour rafraîchir ses traits couverts de sang et de poussière, tandis qu’un soldat se dispose à le frapper. Simon le Cyrénéen aide Jésus-Christ à porter la croix. Une soldatesque nombreuse ferme le cortège.
40. LA CHASSE A U CERF. — Sujet formant cadre. Ici l’enlumineur rompt le cycle des sujets sacrés qu’il avait entrepris depuis l’achèvement du calendrier, pour retracer une scène de chasse. Pressé par la meute, un cerf s’est jeté tout haletant dans un ruisseau profond roulant ses ondes cristallines à l’ombre des arbres. Sur le bord opposé, des chasseurs et des veneurs, à moitié déguisés par la feuillée, s’apprêtent à donner le coup fatal au malheureux quadrupède.
41. JÉSUS-CHRIST ATTACHÉ A LA CROIX. — Au premier plan, à gauche du spectateur, se trouvent un soldat et un prince des prêtres. La croix est posée sur un terrain en pente ; deux bourreaux
clouent les mains du Christ en frappant à coups redoublés. Au pied de la croix un tailleur de pierres pratique dans le roc le trou destiné à recevoir la croix.
A droite du Christ, un bourreau assis sur le sol tire la corde dont il a entouré les pieds du divin supplicié afin d’amener les extrémités du corps à la place assignée au clou. Plusieurs groupes se tiennent à l’arrière-plan. L’un des personnages, coiffé d’un turban, doit être Pilate. Plus haut, aux côtés de ce dernier, on remarque un assistant portant l’étrange couvre-chef sous lequel les traits de Jean-sans-Peur nous ont été transmis. A droite du Christ on remarque un officier de justice à cheval, habillé de vert et tenant en main un bâton, insigne de sa fonction. Ses traits font songer, à s’y méprendre, à l’astucieux Louis XI, roi de France.
Cette page, d’une exécution minutieuse et où les réminiscences des anciens costumes abondent, se recommande par la finesse et la perfection des moindres détails.
L’encadrement, simulant une boiserie, renferme une statue de prophète; le bas de la page est occupé par une grisaille représentant les soldats tirant au sort les vêtements du Sauveur.
Le personnage monté sur un cheval blanc et placé derrière le Christ se voit sur une miniature du bréviaire Grimani, représentant le martyre de saint Valentin ainsi que dans le martyre de sainte Catherine. (PL LIV et CVII de l’Album de Zanotto.)
42. LA MULTIPLICATION DES PAINS. — Miniature formant cadre. Saint André présente à Jésus-Christ, accompagné de saint Pierre, de saint Jean et d’autres apôtres, un jeune enfant qui porte deux petits poissons dans son panier.
Pl. XLV.