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COMBAT DE DAVID ET DE GOLIATH

supposé, que Gossart n’y était pas étranger. Un examen attentif établit que l’intervention directe de cet artiste n’est pas admissible. Simon Bening s’est borné, tout au plus, à copier une composition de Gossart ou de tout autre italianisant, mais il Conserve sa personnalité dans l’ordonnance du paysage comme dans l’exécution des moindres détails.

52. COMBAT DE DAVID ET DE GOLIATH. — Miniature formant cadre. Le jeune berger, brandissant sa fronde de la main droite et tenant son bâton de la main gauche, marche résolument vers le géant recouvert d’une brillante armure dorée et portant au bras gauche un grand bouclier.

Goliath, le morgenstern à la main, attend de pied ferme son chétif adversaire.

Au second plan se trouvent deux arbres avec leur parure automnale; plus loin on aperçoit David, qu’on essaie en vain d’armer. Plus avant, le fils de Jessé se fait présenter à Saül pour rencontrer Goliath en combat singulier. Détail curieux, les étendards qui flottent au-dessus de l’escorte du roi portent la croix de Bourgogne. Il est certain que l’enlumineur a dû connaître la planche XLVI du Bréviaire Grimani, où l’on voit précisément ces deux personnages.

53. SAINTS CÔME ET DAMIEN. — La légende dorée nous apprend qu’ils étaient frères jumeaux. « Ils naquirent dans la ville

d’Égée d’une pieuse mère nommée Théodora et ils étudiaient la science de médecine, et ils recevaient une si grande grâce de Dieu qu’ils guérissaient toutes les maladies, non seulement des hommes, mais aussi des bêtes, et ils exerçaient leur art pour l’honneur de Dieu, sans rien accepter. »

De temps immémorial, les deux frères sont invoqués par tous ceux qui pratiquent l’art de guérir, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par l’examen des sceaux et des insignes des médecins-chirurgiens.

Notre artiste a perdu de vue la légende lorsqu’il nous représente les deux saints guérisseurs. Non seulement on ne découvre pas un air de famille sur les traits de nos graves docteurs, plongés dans quelque savant commentaire, mais, de plus, il existe encore entre eux une notable différence d’âge. Saint Damien est loin d’avoir la verdeur de saint Corne, qui lit encore sans le secours de besicles dans un grand in-folio (i).

Le puits, avec son couronnement d’architecture, le jardin entouré d’une clôture, la charmille, l’habitation et, au fond, sur la montagne, un vieux château, forment un cadre charmant.

M. Edgar Baes a vu dans les saints docteurs deux bourgeois lisant et causant assis dans un jardin. « L’un est le médecin Georges Van Zelle. » J’ignore où M. Baes a pu faire cette découverte. Ce n’est pas, en tout cas, à la suite d’un rapprochement bien rigoureux. En effet, l’on est redevable à van Orley d’un beau portrait de Van Zelle, conservé au Musée royal de peinture à Bruxelles, et rien, dans la physionomie de ce dernier, ne trahit la plus légère parenté avec l’un des deux personnages. Nous voulons bien convenir que la présence des nimbes qui entourent leurs têtes n’empêche pas le moins du monde d’y voir deux habitants de Bruges dont l’enlumineur a fait de fidèles portraits.

(1) Pesellino, dans le tableau conservé au Louvre, a tenu compte de la légende : Côme et Damien, qui soignent un malade, paraissent du même âge, de la même taille et ont la même physionomie. (Voir une reproduction dans les Caractéristiques des Saints, du Père Cahier.)

pl. liii.

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