‹ Les Heures de Notre Dame dites de HennessyChapitre 5 sur 45 · AVEC MINIATURES MAGNIFIQUES · texte numérisé non relu

AVEC MINIATURES MAGNIFIQUES

Cette inscription décèle une main moderne, sinon contemporaine. L’auteur s’est manifestement inspiré du titre de quelque livre illustré. Aussi bien est-il presque superflu de faire observer que le terme miniature, dans l’occurrence, est tout à fait impropre. Les anciens eussent employé, sans aucun doute, le mot histoire.

L’examen des diverses pages enluminées ne nous renseigne pas davantage sur la qualité de l’ancien propriétaire. On voit, il est vrai, dans l’une d’elles, représentant la Messe, un prince ou du moins un gentilhomme agenouillé dans les stalles. On aurait tort cependant d’en inférer que le manuscrit était destiné à un gentilhomme plutôt qu’à une noble dame. En effet, l’artiste ne tenait pas toujours compte de la personnalité de celui ou de celle qui lui avait commandé des

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Heures de prix. C’est ainsi que, dans VHortulus anime Christiane de la Bibliothèque impériale de Vienne, l’artiste nous montre un gentilhomme ou riche bourgeois recevant la communion de la main du prêtre. Or, il est établi, grâce aux ingénieuses déductions de feu Harzen et de M. Ed. Chmelraz, que ce manuscrit a été exécuté pour l’usage de Marguerite d’Autriche.

En 1882, M. Ch. Ruelens inclinait à admettre l’opinion qui faisait des Heures de Notre-Dame la propriété de Jeanne la Folle.

« On a émis, disait-il, l’opinion favorisée par quelques indices que ce diamant de l’art a été créé pour Jeanne la Folle. En tout cas, il était digne d’être offert à celle qui fut la mère de Charles-Quint (1). »

En 1887, nous avons accueilli cette dénomination dans une étude qui a paru dans les Bulletins de l’Académie d’archéologie de Belgique, 4e série, sous le titre : A qui faut-il attribuer les enluminures du livre d’ Heures de Jeanne la Folle?

Plus tard, M. Ch. Ruelens a voulu résoudre l’intéressant problème qui nous occupe (2). D’après lui, le manuscrit avait été exécuté pour un membre de l’opulente famille de la Gruuthuyse, probablement pour le fils du célèbre Louis de Bruges, comte de Winchester. Il basait son opinion, entre autres, sur le fait que la maison de plaisance figurant sur la miniature (voir pl. LUI), devait être le château d’Oostcamp, appartenant à la famille de la Gruuthuyse!

Il nous a été impossible, en dépit de nos recherches, de contrôler cette assertion : le château a été complètement transformé. Au surplus, l’indice dont se prévalait M. Ch. Ruelens, fût-il reconnu exact, qu’il nous semblerait encore insuffisant pour établir que le manuscrit a appartenu à Jean de Bruges, comte de Winchester.

La question posée au début de ce paragraphe reste donc sans réponse, et rien ne fait prévoir qu’on en trouve jamais une qui satisfasse complètement aux exigences de la critique.

(1) L'Art ancien à l'Exposition nationale, p. 23o.

(2) Fédération archéologique et historique de Belgique. Congres de Namur 1886 , p. i3o.

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