AU CIMETIERE MONTMARTRE
Je n'oublie rien ni personne ; au contraire, je passe ma vie à me souvenir, — moi dont personne peut-être ne se souviendra.
Tu as beau être mort depuis six ans ; les ronces ont beau avoir envahi, au point de le rendre invisible, le petit coin de terre que tu dois à la générosité de la Société des Gens de lettres : tu es tou-
jours vivant dans la mémoire et clans le cœur d'une demi-douzaine de tes trop nombreux amis d'autrefois. Quand nous voulons parler d'un honnête homme et d'un aimable esprit, c'est ton nom qui vient sur nos lèvres comme il vient au bout de ma plume aujourd'hui 18 juillet. — jour anniversaire de celui où tu nous as si brusquement quittés.
Je t'avais promis de te dédier un livre parisien : je te dédie les Heures parisiennes, — cher vieux compagnon de noctambulisme, cher vieil ami de toutes les heures!
C'est ma messe du bout de l'an.
Alfred Delvau.
18 juillet 1866.
i Editeur.
Imp . D elâtre .Paris
Tro is He u i *e s du mat in