‹ Les heures sérieuses d'un jeune homme [microforme]Chapitre 10 sur 43 · V D" D” ) RS · texte numérisé non relu

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reur ; ne vous abandonnez point à eux avec une puérile crédulité, et ne formez point votre jugement sur les choses qu'ils vous enseignent avant d’en avoir constaté la vérité per une étude sérieuse et un examen consciencieux ; ne condamnez point avec eux l'Eglise avant d’avoir écouté sa défense. Jamais peut-être les paroles de saint Jean dans sa première épiître n'ont été plus à propos qu'aujourd'hui : 7réschers, écrivait-il, ne croyez pas à tous les esprits ; mais éprouvez auparavant s'ils sont de Dieu, parce que beaucoup de faux prophètes ont apparu dans le monde. Voict à quot l’on connaît l'esprit de Dieu. Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu

dans la chair est de Dieu, et tout esprit qui

divise Jésus n’est point de Dieu.

Ceux-là divisent Jésus qui séparent sa nature divine de sa nature humaine dans l'incarhation, où sa grâce de notre volonté dans l'aicomplissement du bien que nous faisons, ou son esprit de l'Eglise dans le développemént de l’histoire. Si vous êtes

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chrétien d'esprit et de cœur, tendez grâces

à Dieu ; car dans ce choc des opinions et

des erreurs. qui se combattent perpétuelle-

ment, on est heureux de pouvoir se réfu-

gier dans le port de l'Eglise, où les tempétes ne pénètrent j Jamais. Votre foi, en vous rendant soumis et docile à l'Eglise parce qu'elle seule est la colonne de la vérité, doit vous délivrer du joug des opinions humaines, et vous rendre indépendant de tous ces docteurs qui enseignent en leur propre nom, et qui s’arrogent le droit de dominer les intelligences ; elle est imparfaite si vous croyez à d’autres qu’à Dieu.

Laissez ces pauvres âmes qui n’ont point la foi croire à la parole de l’homme, et se glorifier d’appartenir à tel ou tel maitre; laissez-les se livrer comme des victimes à la puissance et à l’autorité des docteurs

qu’elles se sont choisis. Il faut bien qu'elles croient à quelque chose ; et puisqu'elles n'ont pas assez d’élan ni de force pour s’élever jusqu’à Dieu, il faut bien qu'elles rampent sur la terre, et qu’elles se nour-

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rissent en quelque sorte des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Pour vous, il ne vousest permis d’avoir de maîtres que Dieu et ceux qui enseignent en son nom. Tous les autres, quelle que soit leur science ou leur génie, n'ont droit à votre confiance qu’autant qu'ils sont soumis eux-mêmes à l'Eglise ; s’ils s’en déclarent indépendants, défiez-vous d’eux ; soyez en garde contre toutes leurs paroles ; ne les laissez pas prendre avec vous des ‘airs de maître et de docteur, car vous savez plus avec votre foi humble et obéissante qu'ils n'en savent eux-mêmes avec leur science orgueilleuse et leur ambitieuse érudition. Le catéchisme que vous avez appris dans votre enfance contient plus de vérités que tous leurs livres, et vous instruira plus que toutes leurs leçons.

Un des Apôtres du Christ a peint d’une manière frappante ces faux docteurs dans ies paroles suivantes : ‘ Ces hommes blasphèment ce qu'ils ignorent, et se corrompent par les choses qu'ils connaissent

naturellement, comme les animaux sans intelligence. Ce sont des nuages sans eau que les vents portent derà et delà ; ce sont des vagues d'une mer en courroux, qui rejette comme une écume leur propre confusion ; ce sont des astres errants : l’agitation et les ténèbres, voilà leur partage à jamais. ” Je ne sais s’il est possible de peindre plus fidèlement ces hommes, dont toute l’occupation semble être en effet de s’agiter dans les ténèbres. Mais vous, jeune homme, prenez garde de ressembler à ces disciples dont parle un autre apôtre, ‘ Qui ne peuvent soutenir la saine doctrine, mais qui se ramassent des maitres selon leurs caprices, dont les oreilles sont comme travaillées par un prurit continuel ; qui se détournent de la vérité pour se retourner vers les fables. ”

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