VINGT-DEUXIÈME HEURE
. Si la prière est le moyen de la grâce et le canal par où elle coule dans nos âmes, les sacrements en sont la source. Vous aurez vu plus d’une fois sans doute Ans ces tableaux sur lesquels les artistes chrétiens du moyen-âge ont reurésenté 11 Passion du Christ, vous aurez vu des Anges tenant un calice ouvert sous les plaies du Seigneur, afin d'en recevoir le sang. Ce calice est l’image des sacrements, cf surtout de celui qui est le terme et le sommet de tous les autres, et qui communique à ceux-ci leur vertu et leur efficacité. Je ne veux vous parler ici jue des deux sacrements dont nous avons le plus souvent besoin, et qui sont à cause de cela ce que sont dans la vie du corps les choses dont nous nous servons tous les jours. Tous les jours nous lavons notre corps afin de l’er-
tretenir dans cette propreté qui contribue si puissamment à la santé. Tous les jours nous mangeons et nous buvons, sans quoi la vie s'arrêterait dans nos organes faute d’aliment. Nous avons aussi dans la vie
e et D spirituelle un bain où nous pouvons puri- | mes, fier chaque ‘our notre âme des souillures | Vous À que nous recevons de notre commerce "A Ans habituel avec le monde. Nous avons une | hré- nourriture et. un breuvage qui peuvent à ; Pas- chaque instant réparer nos forces, qu'é- j} nges À puisent sans cesse les fatigues, les efforts }l s du et l’âäpre labeur de la vie. Ce bain c’est le il Ce sacrement de pénitence ; cet aliment c’est ! sur- J’Eucharistie. ll som - Je ne sais comment il se fait qu'ayant à ique À notre disposition deux sources de grâces 1: 4 Je ! aussi abondantes, nous n’allions pas y puicre- À ser plus souvent. Dans les premiers | be- siècles beaucoup de chrétiens commu- 4 que M niaient tous les jours, et l'Eglise nous à ont montre assez le désir qu’elle a de voir ses d s les enfants approcher souvent de la table :| en- sainte, puisqu'elle les engage au Concile |
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de Trente à communier toutes les fois qu’ils entendent la messe. Si elle nous ordonne sous les peines les plus graves de le faire une fois chaque année au temps de Pâques, elle ne veut pas nous donner à entendre par ce précepte que le terme d’une année est à peu près l’espace de temps qu’il convient de mettre entre chaque communion. Ce commandement est une limite qu’elle a voulu imposer à notre paresse et à notre tiédeur. Craignant que nous ne différions outre mesure un moyen aussi salutaire de conserver en nous l'esprit du christianisme, elle nous a fixé un terme que nous ne pouvons dépasser sans encou rir ses censures. L'homme ingrat fuit la miséricorde et la charité de Dieu qui le poursuivent ; l'Eglise, pour l'arrêter, lui barre le chemin, et lui crie: Tu ne fuiras pas plus loin.
Notre Seigneur Jésus-Christ, en choisissant pour le sacrement de l’Eucharistie les substances dont nous #vons besoin tous les jours, nous a suffisamment montré par
DC là l’usage fréquent qu’il voulait que nous ‘| us : en fissions ; et les paroles dans lesquelles de M il nous répète à plusieurs reprises que sa ps À! chair est vraiment un aliment, et que son "à sang est vraiment un breuvage, nous in- :
ne diquent assez qu’il veut que nous prenions de sa chair et son sang comme la nourriture … 4 \a- dont notre âme a continuellement besoin f est pour vivre. Et d’ailleurs les avantages de | tre la fréquente communion sont si grands et ' ue si manifestes, ilest si difficiie, surtout à Il en : votre âge, de garder sans elle sa vie pure L! rit et intacte au milieu de cette corruption L ne dont le monde est plein, que je ne crois 4 pu | pas avoir besoin de longs discours pour | a À vous engager à communier souvent. L le À Malheureusement, le protestantisme, en A lui s’acharnant contre le mystère de l’Ercha- k| ras # ristie, a singulièrement attiédi ie zèie les i chrétiens pour cet auguste sacrement. Il il oi- : était juste qu'après avoir nié la grâce ilen tie niâi l'instrument principal et le moyen le ÿ us plus excellent ; et qu'après avoir rabaissé
ar la justificationjusqu’à n’y voir qu’une im- h!
putation des mérites du Christ, il rabaissât l'Eucharistie jusqu'à n’y voir qu'une figure de son corps et de son sang. Le jansénisme, ce reflet des erreurs de Caivin, élargit encore la plaie que celui-ci avait ouverte. Laissant subsister la lettre des dogmes que le protes:antisme avait niés, il en attaqua l'esprit, et tâcha d’en arrêter les conséquences pratiques, en les réduisant à une lettre morte, sans puissance sur le cœur et sans influence sur la vie. Sous l'apparence du respect pour le sacrement de l'autel, il s’efforçca d’en rendre les abords si difficiles qu’on aurait pu douter que Dieu l'ait institué pour des . hommes fragiles et enclins au péché.
Cette erreur a jeté de profendes racines, surtout chez nous, où, par un malheureux concours de circonstances, le jansénisme a pu se développer à son aise; et il vous arrivera plus d’une fois d'en retrouver les traces dans ceux-là même qui croient en avoir la plus grande horreur. C'est d’elle que vient cette excessive sévérité qui dé-
courage le pécheur, et le prive des grâces et de la force que donnent les sacrements au moment où elles lui sont le plus nécessaires, parce que sa volonté est plus faible et plus fragile. L’Eucharistie n’est pas, comme le ciel, une récompense pour les mérites acquis, mais elle est un moyen d'en acquérir. Elle n’est pas le but, mais la voie qui y mène. Elle ne donne pas la gloire, mais la grâce. Elle n’a pas été ins tituce pour les Anges, mais pour les hommes. Comme le pain dont elle conserve l'apparence, elle doit être l'aliment quotidien de nos âmes. Elle convient à tous les états, dans la santé comme dans la 2naladie, dans la faiblesse comme dans l4 force; car elle guérit les malades et fortitie ies faibles, comme elle conserve la force et la santé à ceux qui l’ont déjà.
Cherchez pour votre conscience un directeur charitable et éclairé qui comrenne les .misères et les faiblesses du uur rtumain, qui sache de quel iimon nous avons été formés, dont l’âme soit
om
élargie par la charité, qui soit votre ami, et qui puisse vous aider de ses conseils et de son expérience. Si vous trouvez un prêtre qui réunisse ces qualités, qu’il soit à la fois et votre confesseur et le directeur de votre âme.
Le terrain :: quel vous marchez est glissant. Il est iscile de tomber, et vos chutes ne doivent point vous déconcerter.
Si vous vous sentez choir, tenez-vous fortement à la main d’un ami qui puisse vous appuyer et vous soutenir ; si voustombez, relevez-vous aussitôt, et n’attendez pas que le temps ait rendu plus difficiles à guérir les blessures de votre conscience. Les fautes qui échappent à votre faiblesse, quelque graves qu'elles soient, se réparent aisément; mais quand l'habitude les a fortifiées, et en a fait des vices qui deviennent à la longue une seconde nature, alors le repentir est difficile, et le cœur offre peu de chances pour une entière conversion. La fréquentation des sacrements ne vous empêchera pas absolu
DES SACREMENTS. 229 4, ment de pécher, mais elle empêchera le fe vice de devenir en vous une habitude ; |
sa car il ne devient tel qu'au moment où la
sq volonté ne se propose plus seulement de "Re passer par le mal, mais veut s’y reposer, | et s’y repose en effet. Le repos et la de- 1 gpl meure dans le mal, voilà ce qui fait les | ‘ne habitudes, et ce qui finit par lasser la pa- à nn. | tience de Dieu. ( or- | pus { F4 1 ue À Tir i 1eS il se, | ré- j de AQU il qui | 1a- 1 le i Le !