I*K BOUILLANT A CHIITE
Sautant, dansant, bouleversant tout sur son passage, le bouillant Achille commet de nombreux ravages au jardin. Un jardin n'est pas une grande route. Acharné à la poursuite d'un papillon malin, M. Achille ne respecte rien, ni fleurs, ni bordures.
Il glisse et voici encore un accident. Qu'un peu plus de retenue siérait mieux!
Toujours poursuivant son papillon, le bouillant Achille s'engouffre dans la serre. Le papillon se sauve par un châssis ouvert, mais notre étourneau est pris comme dans un filet. Quel gâchis ! quels dégâts ! Le jardinier se venge en tirant d'abord les oreilles du coupable.
Et c'est encore la bourse de M. Achille qui paye les pots cassés.
PAUL ROLAND
LA VENGEANCE DU MEUNIER
De père en fils, le Vieux-Moulin appartenait aux Aubron. On naissait meunier dans cette famille, et jamais plus fine mouture ne se vit que celle jaillie d'entre la Diligente et Flnusable, les deux meules du Vieux-Moulin.
Cette bonne machine du temps jadis n'avait que le vent pour moteur.
Perché sur une colline, sa cage grise comme une blouse de « mounet * », coiffé aussi crânement de sa calotte à pivot que le maître de son bonnet, ses ailes claquant sec au vent, c'était un joli moulin, j'en réponds.
Du matin au soir, il tournait à toute volée, en bourdonnant plus fort à lui tout seul que mille et mille frelons.
S'il chômait parfois, ce n'était point que le courage ou le grain lui manquât, mais bien plutôt le vent.
11 fallait voir sa mine pimpante, à ce gros mangeur de froment : une guirlande de lierre bien taillée bordait la base de sa construction, laissant pendre dans l'herbe ses festons délicats; dès le printemps, destrochets de roses pourpres encadraient son étroite et unique petite fenêtre, ouverte comme un œil brillant sur la campagne fleurie. Ce bouquet au côté lui donnait un air de fête.
Le vieux moulin eût égayé une vaste solitude.
Avec son maître, c'était bien pis.
François Aubron, un géant à tête frisée, méritait d'être mounet d'un tel moulin. C'était un excellent homme... enfants et bêtes le savaient et affluaient autour de sa demeure... les premiers chassant toujours les secondes.
Quand arrivait, en se bousculant, la marmaille débraillée, s'envolaient les nuées d'oiseaux en train de fouiller l'herbctte pour y dénicher les grains blonds échappés aux sacs du meunier.
Les oies, le grand jars lui-même, déambulaient vers le bas de la colline.