Les histoires du Café de Paris--
Si quelque chose peut diminuer, à mes yeux, Tinsuffisance du présent volume, c'est la joie que j'éprouve à vous le dédier. — Une goutte d'eau qui tombe ne laisse d'abord aucune trace sur le sable,^ mais si cette goutte d'eau se trouve multipliée par une averse, elle ne tarde pas à former une mare, •— chose fort désagréable comme chacun sait. -« La goutte d'eau devenue mare, c'est la feuille volante transformée en volume : pluie littéraire ou pluie céleste, nous sommes condamnés à être trempés en l'an de déluge 1860. — Les Histoires du Café de Paris n'avaient d'abord que
soixante pages; à la première nouvelle une autre vint
2 A MONSIEUR CHARLES HÂRTLEY
qui s'y ajouta, puis insensiblement, jour par jour, elles sont arrivées au chiffre notoire de trois cents : j'en suis vraiment honteux.
Maintenant, pourquoi ai-je choisi comme titre les Histoires du Café de Paris ? — J'aurais, sans doute, cherché bien longtemps une réponse concluante à ce point d'interrogation, lorsque la Providence, — le hasard ne fait jamais de ces rencontres-là, — m'envoya un in-18 très-observé, très-français, très-excellent, et d'autant plus excellent, — et d'autant plus français, — et d'autant plus observé, qu'il renferme ma réponse à sa première page, à son premier chapitre. — La voici: — « ... Le lecteur moderne aime les surprises, m'avait-on dit ; or quelle plus belle surprise qu^un livrQ, qui, en fin de compte» se trouve n'avoir aucun rapport avec son titre?)} — L'auteur qui a écrit ces lignes, c'est M. le marquis de Belloy; l'in-lS d'où je les transcris s'intitule les Toqués > — un marquis (Jui n'écrit que pour les lettrés, — un litre qui s'adresse à tous. Donc, si le mien est et demeure les Histoires du Café de Paris, — prençz-vous-en, cher lecteur, au lecteur moderne. Mon intervention s'est bornée à choisir le Café de Pariss de préférence aux mille établissements du même genre, par la raison toute simple qu'il