SCÈNE XI
LE BARON, puis GEORGES.
Le Baron. J'en étais'sûr: —c'est une femme! el la baronne qui me répétait sans cesse : C'est quelque vieux parent ! Madame de Montry passe généralement et avec raison pour une femme d'esprit, mais elle ne voit pas plus loin que ses dentelles I tandis que moi... — Ah ! ces pauvres maris I
Georges, entrant par le fond, une lettre ouverte à la matn. Ah !
monsieur le baron 1
Le Baron. C'est vous, Georges ! — - Quelle mine bouleversée 1
Georges. Vous allez m'expliquer le mot de cette énigme ? Vous allez m*aider à comprendre cette lettre de mon père?
Le Baron. Une lettre? — m pan.) Ah I bien I
Georges. Que signifie ce rétablissement de fortune dont il me parie, la pension qu'il va pouvoir me continuer?— Mais celte pension, je l*ai toujours reçue, mais mon père n*a jamais cessé d'être riche ?
Le Baron, a part. Ah! madame la baronne!
Georges. Vous vous taisez î
Le Baron. Non... au contraire... je parle !... c'està-dire... Asseyez-vous donc!
Georges. Ah! je commence à comprendre! Vous connaissiez la ruine de mon père. Cette pension, c'est vous?... Oh ! c'est trop de bonté !
Le Baron. Comment... vous pouvez croire ?
Georges. Ne le niez pas !
Le Baron, à part. Quelle idée !
Georges. Un mot, de grâce I
Le Baron, à part. Soyons généreux I (Haut.) Eh bien I puisque vous le savez, je ne vous cacherai plus que j'ai cru pouvoir, en ma qualité de vieil ami de votre père...
Georges, avee eiruaioD. Ah 1 monsieur le baron 1
Le Baron, aimpiement. Georges I
Georges. Quand mon père connaîtra votre conduite! Je vais tout lui écrire !
Le Baron. Je ne le souffrirai pas !
Geo ges. Il vous exprimera lui-même...
Le Baron. Vous exagérez! — Quatre cents francs, la belle affaire! — Cela ne m'a rien coûté — je suis si riche ! — Maij, si vous le permettez...
(21 VII pour sortir. T
Georges. LaiSsez-moi, encore une fois...
Le Baron. Non, non, c'est assez— c'est trop! (Apart.) Le pauvre garçon, c'est qu'il le croit I et voilà comme nos amis nous connaissent I (Haut.) A tout à l'heure !
(il sort.)