‹ Les histoires du Café de Paris--Chapitre 23 sur 26 · SCÈNE X ANTONINE, puis LE BARON · texte numérisé non relu

SCÈNE X ANTONINE, puis LE BARON

ANTONINE, après ■*étre regardée dans la glace. POUrqUOi pasT

Le Baron, u entre ennaat. Ahl C'est cbarmanl!

Antonine. Qu'avezvous donc appris de si triste, baron? — A vos grands éclats de rire, je parierais que vous ne sortez pas de l'élude de votre notaire.

Le Baron. En effet.

Antonine. Et quelle est cette histoire qui vous a mis si fort en gaieté?

Le Baron. Vous n'y croirez pas.

Antonine C'est donc bien vraisemblable?

Le Baron. Rien ne l'est plus! (Riam.) L'histoire d'un mari... — Comment vous dirai-je cela?

Antonine. Cherchez.

Le Baron. L'hisloire d'un mari— trompé!— Voici le fait : Je passais au coin de la rue de la Paix, à côté de Tahan, — il y a de très-jolies choses chez Tahan, — lorsque, en levant la tète, j'aperçois au troisième étagQ ^wnuipçfQlS,.,

ÂNTONiNE. Monsieur et madame de Trelles ?

Lr Baron. Qui prenaient Tair. — Vous voyez cela d'ici. — Je monte— je dépose mon chapeau, — jeprends un fauteuil, ^ celui qui est du côté de la cheminée, à droite, au-dessous d'un portrait qui pourrait être frappant, et qui représente un salon avec une table dans le fond et un canapé au milieu, — je crois que monsieur de Trelles est assis sur ce canapé. — On parle de la pluie et du beau temps, de la Chambre, de la Bourse, une conversation fort intéressante, madame de Trelles en bâillait aux éclats. — Elle me demande de vos nouvelles, chère baronne. —Mille remercimeots, madame de Montry est plus fraîche que les roses de mai, répondis-je. — Et monsieur Georges? — Comme les roses de juin. — Il fallait varier. — Et vous êtes toujours son banquier? — Oui! — A ce oui, madame de Trelles part d'un éclat de rire; par complaisance, j'imite madame de Trelles et monsieur de Trelles mlmite. — Quel trio!

Antonine, a part. L'imprudcntc !

Le Baron. Aussi, je crois pouvoir le dire aujourd'hui, je connais le bienfaiteur anonyme de Georges. — C'est une femme! — Je vous le disais bien? — Une femme mariée! ^ Ah 1 ces pauvres maris!

Antonine. Qui peut vous faire croire î

Le Baron. J'ai le coup d'œil très-fin, — et puis madame de Trelles me Ta presque avoué.

Antonine. Comment cela?

Le Baron. Rien de plus simple! -^ Qui lui aurait appris ce que nous pouvions seuls lui apprendre? — Ce n'est pas vous, baronne, ce n'est pas moi, donc?— Je puis me tromper, mais ce pauvre deTrelle3 me parait très-compromis, —et il riait 1 —Eh .bien! j'en suis enchanté! Il va disant à qui veut l'entendre qu'il s'est marié parce que ses maîtresses le ruinaient : -* voilà ce que rapportent les mariages d'économie !

Antonine. Vous êtes une mauvaise langue l

Le Baron, Ah I par exemple, de Trelles est de mes amis.

Antonine. Et vous calomniez sa femme.

Le Baron. La calomnier, par exemple ! - Georges est très-bien.

Antonine. Et c'e^^^t devant moi que vous dites cela? Ah ! baron, voilà qui n'est pas prudent !

Le Baron. Ah 1 de ce côté-là, je suis bien tranquille ; — je mettrais ma main au feu...

Antonine. Frileux! — Je vous laisse, vous êtes trop

compromettant. (BUc rentre * dfQlte.)

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