LE VIEILLARD. — NOH
LE JEUNE HOMME. — Quoi donc, alors ?
Lç VIEILLARD, — Je choisis les gifïïes, — et je tire le premier !
D... est un homme d'esprit, en même temps qu'un excellent chasseur. Mais lorsqu'il chasse de compagnie avec un tireur maladroit, — il en existe encore, — ce sont des sarcasmes, des épigrammes et des haussements d'épaules à n'en plus finir. Il a le coup de fusil gouailleur.
L'autre semaine, il était parti pour la Sologne, avec l'intention de travailler, — quelques-uns disent pour travailler à la terre, mais je n'en crois rien. Un ami accompagnait D... Dans les intervalles de repos qu'il s'accordait, D..'. chassait régulièrement; l'heure de la digestion était consacrée au massacre du gibier. Munis d'excellentes guêtres, chargés de Lefaucheux de premier choix, nos amis gagnaient le bois sombre. Ce dernier adjectif est inutile, mais il fait bien.
D... tirait lièvres et perdreaux avec une adresse digne d'éloges ; du haut du ciel, ta demeure dernière, Nemrod, tu devais être content 1
— Encore un perdreau! faisait D..., encore ua lièvre 1
Puis il cherchait son compagnon ; on peut dire qu'il cherchait vainement, car, pour fuir un voisinage dangereux, celui-ci avait soin chaque jour de perdre D... On se retrouvait au château, carnier à carnier. Mais
lorsqu'on arrivait à les visiter, ces maudits carniers, celui de l'ami de D... renfermait d*abord Jes mauviettes, puis des mauviettes, et enfin, pour terminer, des mauviettes. Rien que des mauviettes, toujours des mauviettes !
— C'est à en désespérerl disait D..., je ne chasse plus avec toi I
En effet, dès le lendemain, D... part seul. Le temps est sec, une journée superbe se prépare. On compte tellement sur la chasse de D..., qu'un supplément d'hôtes est mandé ju château, tous voisins de campagne fort amateurs de gibier. Deux heures se passent ; puis trois heures. -La^nuit vient; D... n'est pas encore de retour. On se perd en conjectures, on va aller à sa recherche, lorsqu'un cri de joie retentit dans Pair. D... vient d'être aperçu au bout de l'avenue; il se dirige vers le château.
On l'entoure, on le cajole, et c'est à qui le débarrassera de son fusil. D... veut résister, mais la force triomphe. On ouvre son carnier, et chacun recule avec horreur.
D... a tué un écureuil!
Depui^ ce jour les railleries ont cessé, et son ami tire les mauviettes sans obstacles ; quant à D..., il est perdu de réputation dans toute la Sologne, où Ton ne rappelle plus autrement que D..., fatal aux écureuils!
Je ne vous ferai pas l'affront de vous raconter Tévénement qui est arrivé à Dumas fils, il y a deux ans à peu près, en pleins Cbamps-Élysées. La voiture brisée, le cheval tué, tout cela est tombé dans le domaine public, et le chroniqueur de €arpentras lui-même n'en voudrait plus. Si je le rappelle, c'est qu'il a donné naissance au mot que voici; —j'en autorise la reproduction.
Tout le monde déplore le silence que Dumas fils gardera cet hiver. L'auteur dn Demi-Monde se repose sur ses lauriers, — ce qui, entre parenthèses, doit être fort incommode et ne peutreposer que très-imparfaitement. Quoi qu'il en soit, la rue de Boulogne est muette, et le public se croise les bras, — n'ayant pas à applaudir Dumas fils.
L'autre soir, un ami Taperçoit sur le boulevard et court à sa rencontre.
— Qu'est-ce que j'apprends? vous ne faites rien?
— Vous voyez que si, répond Alexandre, je me promène !
— Et le Gymnase ? .
— Je n'ai plus besoin de travailler.
— Comment?
— C'est bien simple, — j^ai hérité de mon cheval !
Un auteur dramatique qui ne se repose pas, lui, c'est M. Scribe. Il est vrai que son écurie ne lui a encore rien légué! Le lendemain de la première représentation du Prophète, après le succès de la musique de Meyerbeer, M. Scribe eut une velléité de paresse. Ce jour-là même, il avait quitté son cabinet de travail pour son salon, et dans son salon, les pieds sur les chenets, il faisait part à quelques amis de ses projets de retraite littéraire.
— Songez* donc, disait-il, que j'ai donné trois cent soîxanteK^inq pièces, —une par jour pendant une année I
— Eh bien, répondit M. Auber, donnez-en encore une?
— Une? pourquoi?
— Il y a des années bissextiles I
DANâ LA RUE
— Que pensez-vous de Godichard?
— Je n*y pense jamais.
— C'est un garçon d'esprit 1
— Qu'est-ce qui vous le fait croire?
— Il me Ta toujours dit.
— Eli bien, je vous dis, moi, que c*est un imbécile.
— Vous croyez ?
— Parbleu I le jour où on a inventé la bêtise, il écoutait sur le carré !
Il existe, de par le monde des lettres, un M. Z...,
vaudevilliste, qui passe pour n'avoir pas fait les nombreux vaudevilles qu'il a signés ; — je ne crains pas quon reconnaisse celui dont je veux parler, car beaucoup de ses confrères sont logés, — et bien logés, — à cette enseigne. On a parlé d'un malheureux forçat qu'il tenait en vaudeville privé chez lui. Le forçat travaille en expiation de ses péchés; notre homme recopie et porte en ville. Pour rendre la chose plus vraisemblable, on a prétendu que le forçat avait demandé à rentrer au bagne. Comme Z... continue à donner des pièces, j'en induis que la demande a été regardée comme non avenue. Si encore ce forçat avait fait Une Chaîne !
Le mois dernier Z... répétaità la Porte-Saint-Martin un lever de rideau dont la représentation était arrêtée par un méchant quatrain de sortie, queZ... devait toujours apporter et qu'il n'apportait jamais.
Chaque répétition, depuis la lecture, commençait ainsi :
LE DIRECTEUR. ^ Et mou quatraiu?
Z,.. —Vous Taurez ce soir.
Enfin un vilain jour, le directeur se lasse, et prefiant Z,.. par le bras, il le conduit dans un cabuiet meublé d'une table, d'un encrier et d'une plume. Arrivé là» il enfermez... à douUe tour, et met la clef dans sa poche.
— Vous lie sortirez, lui crie-t-^il k travers la porte, <|ue lorsque vous aurez fait vos quatre vers. — Je me charge de la nourriture !
Puis il retourne à la répétition.
Petit à petit, chacun quitte le théâtre,. Les acteurs regagnent leur domicile; 1^ machinistes sont partis pour ne plus revenir que le soir, et le régisseur, n^ayant plus personne à mettre à l'amende, rentre dans la vie privée.
On a oubliez... !
Des coups redoublés retentissent, — des cris plaintifs se font entendre I — Le prisonnier en est arrivé à la cinquième heure de sa captivité! — Mais qui pense à lui ? Qui viendra à son secours dans cette solitude ?
La nuit est venue, et Z... sait, par expérience, qu'il n'y a plus personne au théâtre. Il pousse une dernière clameur et retombe désespéré.
Par bonheur, un ami de la direction, attardé dans les coulisses et qui avait assisté à l'enlèvement deZ..., vient à passer devant la porte de son cachou II entend les appels réitérés de Z..., et, comme il a la clef, il ouvre.
— Et ce quatrain? fait-il après avoir ouvert.
— Vous l'aurez ce soir, répond machinalement Z...
— Comment f vous n'avez rien écrit ?
— Que voulez -vous, mon cher, je ne puis pas travailler quand je suis enfermé !
Comme elle est vive en ses ébats !
Sa beauté, c'est tout un poëme * Que parfois je relis tout bas.
— N'allez pas croire que je Faime !
Dessin de Watteau pour le trait, Sa lèvre où le rire se- pose,
Est si vermeille qu'on croirait Qu'elle a bu le sang d'une rose !
Son regard est d'un bleu moqueur!
Plus colère qu'une enfant même, Elle piétine sur mon cœur.
— N'allez pas croire que je l'aime !
Mais, pour rappeler sa raison, Usant d'un moyen salutaire, Je vais lui demander pardon Du mal qu'elle vient de me faire.
Ses nerfs tout à coup apaisés, Dans mes bras, repentante et blême, Elle pardonne à mes baisers.
— N'allez pas croire que je l'aime !
Ma vie est semblable au printemps !
J'attends l'avenir sans alarmes ; Je fais ma pluie et mon beau temps Avec ses rires et ses larmes !
Rien ne saurait nous séparer.
Car j'ai résolu le problème I
Pour toujours je dois l'adorer.
— N'allez pas croire que je l'aime 1
Dans son amour est ma vigueur, J'y puise ma seule énergie ; Mon espérance et mon bonheur Sont frappés à son effigie I
Aussi, quand pour nous, à son gré, Viendra le jour d'adieu suprême, Il est certain que j'en mourrai
— Pour faire croire que je Taime !
Un banquier dont le nom rime à millions, — rime riche, — reçoit la visite du plus petit, du plus travailleur de ses employés; c'est un pauvre jeune homme pauvrement blotti dans le dernier de ses habits noirs, et déformant d'une main tremblante le chapeau le plus chauve qui se puisse imaginer, — le Murger des feutres. Après une antichambre d'une heure dans Tescalier, on l'introduit auprès du banquier.
Celui-ci est confortablement installé devant son bureau; — au bruit de la porte, il se retourne à demi, jette un regard sur l'employé, et, après l'avoir invité à ne pas s'asseoir, l'interrogatoire commence.
— Votre nom ?
— *** (précédées de tous les prénoms du calendrier, au choix).
— Depuis combien de temps êtes-vous dans ma maison?
— Depuis cinq ans, monsieur.
— Quels sont vos appointements?
— Quinze cents francs, monsieur.
,— Et vous voudriez ?
— Dix-huit cents francs, monsieur, répond timidement l'employé.
— Dix-huit cents francs, dix-huit cents francs ! répète le millionnaire en s'agitant sur son fauteuil, dixhuit cents francs ! Certes , j'ai d'excellentes notes sur votre compte, vous êtes travailleur, mais pour cette année, c'est impossible. Il n'y aura pas d'augmentations I
— Cependant, monsieur...
— Impossible, vous dis-je, — les vivres sont si chers 1
Je viens de rencontrer Z... ; Z... termine un roman qui sera Tétonnement de cet hiver, et distancera de la longueur de quatre éditions la Fanny de M. Feydeau. La seule question est de savoir si ce roman paraîtra jamais. Les éditeurs qui pourraient couvrir d'or le fortuné Z..., — qui se laisserait couvrir, — semblent ignorer qu'il existe, et ne s'inquiètent nullement de lier connaissance avec son livre. Habileté ! direz-vous. — Je croîs à de rindifférence.
— Où cours-tu ? ai-je crié à Z..., qui passait près de moi.
— Terminer le chapitre XIV. — Ça chauffe !
— Je t'en félicite, car il fait froid.
— Tu verras cela! a répliqué Z. .. Une œuvre forte 1 Pas de détails, pas de mièvreries ; — de l'action, des caractères 1 Sais-tu ce qui manque dans le roman moderne? L'intérêt, le style, l'observation! Ils sont là une vingtaine qui dessinent le même bonhomme ; moi, j'ai étudié la nature ! En un mot, veux-tu savoir ce que c'est que mon roman?
— Je n'y tiens pas.
— C'est du Balzac, mais avec plus de gaieté, plus de liberté, plus de désinvolture! Un trait te le peindra
entièrement: c'est du Balzac, — à la Paul de Kock I
Mademoiselle B... est la charmante cantatrice que vous savez. Une gastrite aiguë, en lui défendant de porter le corset le plus élastique et la robe la moins serrée, Ta éloignée du théâtre momentanément Donc, à ceux qui \ous demanderont pourquoi elle ne joue plus, vous pourrez dire qu'elle a une gastrite ;— moi, je vous apprends qu'elle a une mère.
Cette mère a été rencontrée, dans le courant de la semaine, par le directeur de mademoiselle B...
— Comment va votre fille? a-t-il demandé.
— Très-bien I
— Comment chante-t-elle?
— Très-bien !
— Elle va nous revenir, alors ?
— Hélas î — ma fille ne peut chanter qu'en chemise !
Un auteur dramatique, —laissons le nom en blanc, — se trouvait de passage à Avignon. Il parait que, si Ton ne s'amuse pas toujours à Paris, on s'ennuie souvent à Avignon., Comme notre auteur s'ennuyait, il ne trouve rien de mieux, que de composer un drame, — pour ennuyer les autres. Le drame terminé, il le porte au directeur de l'endroit, et voilà le théâtre d'Avignon qui monte à grands frais le Château des papes.
El d'un.
Un mois 3e passe ; noire auteur quille Avignon et va se fixer à Montparnasse. Là, il secoue la poussière qui recouvre le manuscrit du Château des papes, le débaptise et le fait jouer sous le titre de: la Forteresse du Montparnasse.
Et de deux.
L'air de Montparnasse Cwt mauvais, — son médecin
lui ordonne de voyager; il part pour les Balignolles. Aux Balignolles, le théâtre va ouvrir ; mais le directeur veut un drame ijiédit pour la réouverture. Notre auteur défait sa malle, gratte la Forteresse du Montparnasse et lit le Château de Clignancourt.
Et de trois.
Montmartre est à deux pas, il va à Montmartre, — sans but: niais le théâtre s'oflFreàses yeux, et comme il veut se faire bien venir dans ce nouveau pays, — il passe un trait de plume sur le Château de Clignancourt, et convoque les Montmartrois empressés à l'audition de la Tour de Montmartre.
Et de quatre.
Sur ces entrefaites, — et par une fatalité inexplicable, — quelqu'un lui offre la direction du théâlre.deBelleville et il l'accepte l — Un l'a joué 1 — il se jouera lui-même,
HISTOIRES d'hier 467
et la Tour de Montmartre devient le Fort Saint- Fargeau.
£t de cinq.
Des succès de province, — des triomphes de banlieue, — c'est la monnaie de la gloire,— en gros sous. Paris ne le connaît pas,' il se fera connaître. L'omnibus l'arrête devant les portes du théâtre Beaumarchais, — et il y dépose le Fort Saint-Far g eau, qui s'appelle cette fois : Un Épisode de la Bastille.
Et de six !
Que messieurs les auteurs dramatiques méditent cette histoire authentique et en fassent leur profit.
Un détail, en finissant: — la pièce. en question est détestable — à tous les titres.
AU JARDIN d'acclimatation.
— Pardon, monsieur, esl-ce que vous me suivrez longtemps?
-— Toujours!,
— Par exemple! —je vous prie de me laisser.
— Jamais!
— Mais enfin, monsieur, que voulez-vous?
— Une place dans votre cœur 1
— Trop tard, il y a quelqu^unl
C'est bien usé les mères d'actrice, — et je crois qu'il est grand temps de les accrocher au porte manteau. Mais pourquoi ne ressusciterait-on pas un type plus moderne, plus vivant, — - le père d'actrice?
J'en sais un, — strictement cravaté de blanc, — tout de barbeau habillé et grave comme un article de Revue. Sa fille est attachée à une de nos plus grandes scènes du boulevard où elle montre tous les soirs le bout de son pied. Son père n'a pas
HISTOIRES d'hier 169
manqué une seule exhibition ,— il applaudit sans à-propos tous les soirs le même passage, — et on le Banque à la porte tous les soirs, — sans le moindre
Il en est quitte pour re.yenir le lendemain; — le soir où on ne lui manquera pas, ça lui manquera.
Je viens de le rencontrer plus Revue qu'en aucun temps.
— Vous savez comme j'ai élevé ma fille? m'a-t-ildit. Sous mon toit, monsieur, qu'elle n'a jamais quitté. Elle se trouvait à la source des plus purs principes, et je dois reconnaître qu'elle y a puisé. Je rêvais pour elle un établissement moins livré au hasard, mais sa vocation a été plus forte; — j'ai dû m'y soumettre. Quant à sa vertu, elle n'a eu rien à souffrir de l'existence aussi brillante que périlleuse qu'elle a embrassée, et sans l'aveuglement de notre directeur, je n'aurais rien à ambitionner ; après tout, je puis bien faire le sacrifice de ma personne, moi, qui suis déjà sur le versant de la colline, mais ma fille... I
470 LES HISTOIRES DU CAFE DE PÂ*klS
— Elle est au sommet de la colline, fis-je timidement.
— Figurez- vous que notre directeur, poursuivit-il, lui a retiré brusquement un magnifique rôle qui aurait achevé de la faire connaître avantageusement! Je ne puis pourtant pas scmffrir qu'on étouffe ma fille !
Je crus devoir intercaler quelques consolations, — d*une banalité navrante.
Le père essuya une larme.
— Merci de l'intérêt que vous nous témoignez, merci ! je sais bien que je dois me faire une raison, et que dans quelques jours elle sera faite, — mais c'est dur!
Ici, il poussa un douloureux soupir, puis il finit par ajouter :
— Enfin! ce qui me console un peu, c'est qu'elle vient d'être augmentée de troi» cents balles !
L'Homme aux trois cents balles du boulevard du Temple a son pendant sur le boulevard Montmartre. Moins grave que son confrère, celui-là descend joyeu-
sèment le fleuve de la vie, — entre deux rives de petits verres:
C'est Bacchus tout entier à sa proie attaché I
Il est court, — il est gros, — il est rouge. Les tristesses de ce monde ont passé près de lui sans le coudoyer; il marche avec son siècle, — en titubant, — et pratique l'hospitalité à la façon des Écossais.
— Venez chez moi, dit-il à ses camarades d'absinthe, et nous rirons I Ma maison est petite, mais elle est pleine de liqueurs !
Meyerbeer met la dernière main à une partition qui n'est pas l'Africaine, — mais Ugolin^ — si vous voulez bien le permettre.
Meyerbeer a été séduit par Toriginalité du premier acte, et vous savez ce qu'il faut pour séduire Meyerbeer ! Avouons-le : — la situation est belle, ejle est pathétique, et tout à fait dans les allures de la grande musique du mdtre allemand.
Meyerbeer a parfaitement compris que, pour ce père à jeun, il fallait une action très-nourrie,— et voici le scénario du premier acte, que nous applaudirons bientôt :
UGOLIN
ou
Li\ DINER DE FAMILLE
(Décor sévère. — Un intérieur malsain de prison. — Portes au .fond, portes latérales. — A terre, de la paille. — Sur les murs, quelques rayons de lune brisés.— Une araignée. — Escabeaux. — Chaînes de sûreté. — Personnages : Ugolin, ses trois fils. — Une cruche cassée, personnage muet. — Au lever du rideau, Ugolin et ses trois fils sont accroupis par terre dans une pose digne. — Tiraillements d'estomac en sourdine à l'orchestre.)