AU TINTORET PEIGNANT SA FILLE
A la première, représentation des Trois Maupin et dans Tentr'acte du troisième au quatrième acte, un jeune auteur très-célèbre, M. Dumas fils, traverse le péristyle pour entrer dans la salle.
Le contrôleur Tarrète.
— Pardon, monsieur Dumas, fait-il, M. Montigny désirerait vous parler.
— Bien, répond Dumas, j'y vais. — Et comme il se dirige vers le théâtre, un de ses amis Taccoste:
— Où vas-tu? dit celui-ci.
— Chez Monligny, qui me fait demander.
— Sais-tu ce qu'il te veutT
— Non, répond Dumas, mais je crois que c'est pour terminer la pièce.
Dans une comédie importante qu'il termine en ce moment, mon ami Siraudin a placé un très-joli mot que je veux citer ici, — ce qui Tempêchera de le conserver. Ne manquons jamais l'occasion d'agir en bon camarade.
La scène représente ce que vous voudrez, — ou même autre chose; —je prends une forêt; -r chênes au fond, branches latérales. — A droite, un tronc d'arbre, avec tout ce qu'il faut pour écrire. Deux personnages sont sur le théâtre; l'un est un vieillard à chapeau blanc, l'autre, qui arpente la forêt d'un pas saccadé, semble un jeune homme, au premier abord ; — au second, on remarque qu'il porte une redingote marron.
LE JEUNE HOMME. — Ça 116 sc pâssera pas de la sorte I
• LE VIEILLARD. — J'y COIllpte.
LE JEUNE HOMME. — Nous iious baltroDs, et puisque, nous sommes seuls...
le; VIEILLARD. Nous iious battrous sans témoins.
LE JEUNE HOMME. — Vous n'y mcltez aucune opposition?
LE VIEILLARD. — AUCUUe,
LE JEUNE HOMME. — Parfaitement, Vous êles FinsuHé.
LE VIEILLARD. — C*est-à-dire que [j'ai le choix des armes.
LE JEUNE HOMME. — Quc choisisscz-vous ? — le pistolet?