‹ Les histoires du Café de Paris--Chapitre 9 sur 26 · LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS

Dans ses œsophages !

Soyons bien sages!

La toile tombe.

Aux actes suivants, — il y en a cinq, — (Jgolin est dévoré à son tour, mais par les remords.

Quoi qu'on dise, — il existe des maris qui, en divorçant, ont gardé pour eux seuls tout Tespril du ménage. Celui que je connais est connu de tout le monde ; nature brillante, il fut un de ces rois d'un jour dont Paris s'amuse comme d'un jouet, et qu'il brise «pour voir ce qu'il y a dedans, » à la façon des bambins. En somme, sa seule faute a été de ne pas savoir vieillir, dans un pays où Ton ne sait pas être jeune.

Sa fortune s*en est allée un peu partout ; il Ta jetée par toutes les fenêtres sur tous les pavés. 11 possède encore une ferme en Normandie qui porte son nom, et sera célèbre, grâce à lui. Cette ferme, on la lui dispute, et sa femme lui écrit, de temps à autre, sur du papier timbré. Sa seule compensation en cette misère extrême, c'est que ces lettres sont recopiées par un huissier : — l'écriture est indéchiffrable. Il tient à ce dernier débris de sa dernière richesse, qui lui rapporte quarante chapons — de rente !

On a plaidé, — il a gagné, et le voilà libre à présent de manger son revenu, — au gros sel.

A la sorrie de l'audience, il a composé cette chanson, — qu'on se la chante 1

pigTeons et chapons.

Air : On dit que je suit sans malice.

Chaque hiver, et par clause écrite, Clause qui n'est pas sans mérite.

Mes fermiers me doivent, ma foi.

Quarante chapons, — quel envoi !

Chaque hiver, ma femme en murmure!.

— Je les lui prendrai, je le jure ! — Pour Dieu, laissez-moi mes chapons, Moi je vous laisse vos pigeons !

Mes chapons ont le ventre ferme !

Ils sont tous nourris dans ma ferme, Ils sont savoureux et dodus ! Ah ! dame ! ils mangent tant et plus !

Vos pigeons ont la mine étique.

Ils sont d'uno maigreur phthisique !

Pour Dieu, laissez-moi mes chapons, Moi je vous laisse vos pigeons !

Pauvres oiseaux de Normandie, On veut, — la requête est hardie !

Vous supprimer, de par Thémis, Pour ma femme et pour ses amis !

N'être pas, après vingt batailles.

Au moins séparés — de volailles!

Pour Dieu, laissez-moi mes chapons.

Moi je vous laisse vos pigeons !

A Tépoque où les chancelleries étrangères étaient prises d'assaut par les journalistes français (c'était en 1850 ou 1851) et que, sous prétexte d*avoir sauvé la patrie, depuis le rédacteur en chef jusqu'au colleur . de bandes, tout le monde voulait faire son chemin de la croix, qui en Danemark, qui en Espagne, on mit en circulation un mot qui semble frappé d*bier.

Le spirituel auteur de Picciola, M. Saiqline, possédait, — il le possède peut-être toujours, — un ami dont la boutonnière était animée d'une juste ambition qui ne se réalisait jamais : — elle voulait être décorée. . Les mois s'accumulaient,— les promotions suivaient leur cours, — et les cours étrangères continuaient à garder un profond silence à l'égard de l'ami de M. Saintine. Enfin, un jour, il croit être sûr de son fait : — sa nomination vient d'être signée.

Il revêt l'habit neuf de rigueur, — commande un repas homérique et lance ses lettres d'invitation.

Carton doré perdu ! — tout le monde est exact, — mais la croix ne vient pas.

— Console-toi, lui dit M. Saintine, tu ne l'aurais pas plus tôt, que tu serais forcé de la porter!

HISTOIRES d'hier 479

Z... , aussi malheureux que Tami de Saintine, et qui, malgré ses sollicitations, n'a jamais pu obtenir la plus accessible des croix étrangères, dit à qui veut Teatendre :

— Moi, je ne reçois d'ordres de personne!

Ce qui est vrai, — décoralivement parlant.

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