Augereau. See note l, page
DU XIXe SIECLE. I7I
Il avait avec lui l'artillerie de la garde, qui vomit tous ses feux. Et comme Benigsen avait placé ses Russes en longues colonnes, chaque coup en emportait des files. Napoléon dut regretter alors d'avoir éloigné Ney.
Ce fut à M. de Fezenzac, tout jeune aide de camp, que Napoléon confia la mission si urgente et si importante d'aller chercher au plus tôt Ney.
Cet enfant seul pour messager dans une nécessité pareille ! L,e soir, sur cette plaine neigeuse et pleine de verglas, ne sachant le chemin, il n'ose dire à l'empereur (si redouté et toujours en colère) son embarras. Heureusement il a vingt-cinq louis; il achète un cheval pour remplacer le sien qui est fourbu. Heureusement il rencontre un officier qui sait la route. Heureusement il ne rencontre point de Cosaques.
Voilà la prévoyance de l'empereur, qui veut que la fortune le serve sans qu'il y soit pour rien.
C'est déjà l'histoire de Waterloo, son peu de soin pour avertir Grouchy.1 Mais Ney fut plus heureux. Le messager à la longue2 arrive, le trouve et l'avertit. Il était temps. Déjà les Prussiens de Lestocq étaient arrivés au champ de bataille, en ligne avec Benigsen, depuis quatre heures du soir.
L,a cavalerie française avait tourné la gauche russe. Ney, avec son élan ordinaire, décida la retraite de Benigsen, qui, en bon ordre, se dirigea vers Kœnigsberg.
1. Grouchy, served gloriously in Vendée and also in the Napoleonic wars, but was accused of having caused the defeat of Waterloo by his tardiness in reaching the fleld of battle.