LA CAMPAGNE DE RUSSIE
Le 9 mai 18 12, Napoléon partit pour Dresde, où l'attendaient tous les rois et les princes ses vassaux de la Confédération du Rhin. De Dresde à la Vistule/il voyage à travers six cent vingt mille hommes échelonnés de son armée d'invasion. Soixante mille Autrichiens, Prussiens, Espagnols, Napolitains, Portugais, suivent par force ce courant d'armées précipitées par un seul homme vers la frontière russe. Huit cent mille soldats traversent le Niémen2 à sa voix. %' La Russie," dit Napoléon le pied sur la rive, ' ' est entraînée par la " fatalité ! ses destinées doivent s'accomplir. Marchons ! "
Alexandre,3 surpris par la rapidité de la révolution et par la masse des ennemis, couvrait avec quatre cent cinquante mille hommes la rive opposée. Il les commandait en personne sous l'inspiration de son ministre de la guerre et de son généralissime Barclay de Tolly,4 politique aussi consommé que tacticien habile. Barclay de Tolly, voué d'avance, mais voué sciemment, à l'ingratitude du pays qu'il allait sauver, avait résolu de faire alliance avec l'espace, le temps et le climat, ces trois alliés naturels de la Russie. Plus jaloux du salu de la nation que de sa gloire personnelle, il avait tracé
1. LaVistule is a river of Austria, Poland and Prussia that empties in the Baltic sea.