‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 145 sur 249 · WATERLOO · texte numérisé non relu

WATERLOO

I^e 18 juin, à Waterloo, Bonaparte sut par une lettre de Bliïcher,1 interceptée, que Blùcher arriverait à quatre heures de l'après-midi. Donc, , il devait attaquer de bonne heure. Le temps était mauvais ; une grande pluie était tombée la nuit ; et la moisson mouillée rendait la plaine peu traversable à la cavalerie et à l'artillerie. <v Ajoutez, dit Marmont,2 qu'on calculait que. pour une longue bataille, on avait peu de munitions."

1. Bliïcher, a famous Prussian gênerai whose timely coniing waa décisive in defeating Napoléon, was boni in 1742 and died in 1819.

2. Marmont (Duc de Kaguse) is also known as the author of a séries of Memoirs on the time of Napoléon (1774-1852).

DU XIXe SIECLE. 217

Napoléon déjeuna à huit heures, bien tard pour juin où le jour vient si tôt. M. Petiet, général de cavalerie, qui de son cheval le regardait déjeuner à une petite table, dit que tous furent frappés de sa pâleur, d'un effet fantasmagorique. ' ' En voyant, disait-il, ce visage de suif? nous conçûmes un mauvais augure."

Donc il ne commença le combat qu'à onze heures, selon le vœu de Wellington2 qui, montre en main, devait attendre quatre heures l'arrivée des Prussiens avec grande impatience.

Heureusement pour lui, Napoléon perdit des heures encore à forcer le château d'Hougoumont qu'il pouvait écraser d'artillerie, s'il n'eût économisé la poudre. Pourquoi n'avait-il pas eu la prévoyance d'en faire venir assez ?

La cavalerie française ayant refoulé, écrasé l'anglaise, dominait, conduite par Ney,3 le plateau qu'occupait Wellington, lorsque l'infanterie anglaise, par sa fermeté, ses décharges rapides, ses armes excellentes, sa poudre supérieure, arrêta court les nôtres. Là était le moment de faire agir la garde impériale. Mais Napoléon ne s'y décidait jamais qu'ayant employé tout. Ici, elle partit trop tard, et agit peu. Son artillerie fort lourde s'embourba. Et Wellington la voyant embarrassée, paralysée, pour prolonger cet embarras, fit un sacrifice effroyable. Il avisa un de ses plus beaux régiments de dragons, et, sans bride ni mors, les lança d'en haut sur les nôtres, bien sûr que ces dragons se-

Page 1