‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 161 sur 249 · PARALLÈLE ENTRE LOUIS XVIII ET CHARLES X · texte numérisé non relu

PARALLÈLE ENTRE LOUIS XVIII ET CHARLES X

On a beaucoup comparé, pour les séparer, Louis XVIII et Charles X ; la séparation était encore plus profonde qu'on ne Ta dit. Louis XVIII était un modéré de F ancien régime et un libre penseur du dixhuitième siècle ; Charles X était un émigré fidèle et un dévot soumis. La sagesse de Louis XVIII était pleine d'égoïsme et de scepticisme, mais sérieuse et vraie. Quand Charles X se conduisit en roi sage, c'était par probité, par bienveillance imprévoyante, par entraînement du moment, par désir de plaire, non par conviction et par goût. A travers tous les cabinets de son règne le gouvernement de Louis XVIII fut un gouvernement conséquent et toujours semblable à luimême, sans mauvais calcul ni préméditation trompeuse. Charles X flotta de contradiction en contradiction et d'inconséquence en inconséquence jusqu'au jour où, rendu à sa vraie foi et à sa vraie volonté, il fit la faute qui lui coûta son trône.

Guizot.

Charles X à peine monté sur le trône se laissa gouverner1 par le clergé et la noblesse ; il essaya même de faire rétablir le droit d'aînesse, mais l'opposition libérale devint bientôt très vive. Lors des élections de 1827, les libéraux eurent la majorité. En 1829, le roi prononça la dissolution de la chambre ; les électeurs renommèrent les mêmes députés. Charles X pro-

1. Charles X à peine monté sur le trône se laissa gouverner, as soon as he had ascended the throne, Charles.X allowed himself to be ruled over.

clama alors les Ordonnances de Juillet qui furent la cause de la révolution de 1830. La première ordonnance suspendait la liberté de la presse périodique, la seconde dissolvait la chambre des députés, la troisième réduisait à 238 le nombre des députés, et la quatrième convoquait les électeurs pour le 6 septembre. Le peuple, irrité de se voir privé de libertés qu'il considérait comme nécessaires et dont le retrait1 était une violation de la Charte, s'insurgea dans tout Paris.

L'entêtement de Charles X ne se démentait pas ; son attitude était celle d'un vieil enfant obstiné qui ferme les yeux et se bouche les oreilles. Le soir du 28 juillet il joua au whist et le dauphin aux échecs, comme à leur ordinaire,2 pendant que les décharges de l'artillerie faisaient vibrer les fenêtres du château de Saint-Cloud.3 Le 29 au matin, de bonne heure,4 le grand référendaire de la Chambre des pairs se présenta aux Tuileries pour réclamer, comme les députés Pavaient fait la veille, le retrait des Ordonnances et le changement du ministère.

Pendant ce temps, à Paris, les événements se précipitaient. Deux régiments de ligne, les 5e et 53e , occupaient la place Vendôme. Le 53© , moins les officiers

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