‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 177 sur 249 · N' avaient pas fait feut had hung fire · texte numérisé non relu

N' avaient pas fait feut had hung fire

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du 4e régiment d'artillerie, où il fut reçu aux cris de "Vive l'empereur!" II chercha presque aussitôt à gagner de même les soldats de la seconde caserne, mais les officiers ne lui étaient pas favorables : ils restèrent fidèles à leur devoir. Le général commandant et le préfet, dont l'hôtel1 avait été entouré par les soldats insurgés, s'étaient échappés ; ils firent arrêter leprince et ses adhérents ; les essais de soulèvements cessèrent aussitôt, tout rentra dans Tordre. Le roi se refusa à la pensée d'user de rigueur envers un jeune homme, poursuivi par les rêves de grandeur attachés à son nom. L'embarquement du prince pour les États-Unis était résolu avant que les prières de la reine Hortense2 implorassent pour lui la clémence du roi. Il partit, comblé des marques de la prévoyante bonté du monarque, et non sans prendre rengagement de ne jamais remettre les pieds sur le sol français. Ses adhérents furent renvoyés devant la cour de Colmar. Le jury les acquitta tous.

Guizot.

De 1840 à la révolution de 1848, les changements de ministère cessèrent, et M. Guizot demeura pendant huit ans le principal ministre. Les soulèvements intérieurs contre le gouvernement devinrent plus rares, et la seule tentative de ce genre digne d'être signalée fut celle du prince Louis-Napoléon. Comme on l'a vu précédemment, ce prince avait, en 1836, essayé de s'emparer du pouvoir, il avait échoué et avait été envoyé en Amérique. Une seconde fois, en 1840, il essaya de se faire acclamer comme empereur.

1. Dont Vhôtel, the word hôtel refers hère to the résidence of the préfet. Such buildings always belong to the governrnent.

2. La reine Hortense was the daughter of the empress Joséphine and comte de Beauharnais. She married Louis Bonaparte who was for some time Ring of Holland, and was the mother of Napoléon III.

DU XIXe SIÈCtE. ^69

LOUIS-NAPOLÉON A BOULOGNE [6 août 1840]

Le six août à deux heures du matin, un petit paquebot anglais, The City of Edinburg, jetait sur le rivage français à Vimereux, près de Boulogne, le prince Louis-Napoléon, accompagné par quelques complices, venant comme lui d'Angleterre ou qui l'avaient rejoint sur la côte. Depuis plusieurs mois, en dépit des sentiments de reconnaissance qu'il avait naguère témoignés à l'égard du roi, le prince travaillait à gagner des officiers dans les différents régiments occupant les départements du Nord ; il avait acheté le Commerce et son principal rédacteur M. Manguin. On avait cherché à répandre la conviction de la bienveillance qu'éprouvaient pour le prétendant bonapartiste plusieurs grandes puissances. En s' embarquant dans la Tamise, Louis- Napoléon avait annoncé à ses compagnons le but de son entreprise : "Nous allons en France, avait-il dit ; là nous trouverons des amis puissants et dévoués. Le seul obstacle à vaincre est à Boulogne ; une fois ce point enlevé,1 notre succès est certain ; de nombreux auxiliaires nous attendent, et si je suis secondé comme on me Ta promis, aussi vrai que le soleil nous éclaire, dans quelques jours nous serons à Paris, et l'histoire dira que c'est avec une poignée de braves tels que vous que j'ai accompli cette grande et victorieuse entreprise."

Trois complices seulement attendaient le prince sur la rive ; l'un d'eux;, M, Aladenise, jeune lieutenant au

1. Une fois ce point enlevé, if we are able to capture that city.

42e de ligne, comptait entraîner à sa suite1 tous ses camarades. On marcha sur Boulogne, que le paquebot venait de regagner, Les casernes étaient naturellement le premier objectif; le lieutenant avait précédé les conjurés, annonçant aux soldats rassemblés la déchéance du roi Louis-Philippe telle que l'avait décrétée le prince Louis dans une proclamation qu'il avait apportée d'Angleterre ; ils étaient donc choisis pour marcher sur Paris afin de rétablir l'Empire. Étonnés et troublés par un discours de Louis-Napoléon, les soldats crièrent "Vive l'empereur!" Mais quelques officiers accouraient déjà ; le capitaine avait mis le sabre à la main, se débattant contre les conjurés qui l'entouraient. " Prince Louis ou non, s'écria le capitainejenevoisen vous qu'un conspirateur. Qu'on évacue la caserne ! "2 Les soldats s'avançaient pour le protéger dans la lutte qui se prolongeait ; le brave officier venait de crier : " A moi, grenadiers!" lorsqu'une balle malheureusement partie d'un pistolet que tenait le prince alla frapper au cou un soldat tout près du capitaine. Troublés par cet accident, les conjurés se retirèrent en désordre, s'adressant sur leur route à la population et se dirigeant vers le magasin d'armes de la ville haute. La porte de l'arsenal résista à leurs efforts; la garde nationale commençait à se rassembler ; la petite troupe prit à la hâte la direction de la côte, se jetant pêle-mêle dans la chaloupe du paquebot. Poursuivis, sommés de s' arrêter, victimes de quelques coups de feu, ils virent leurs espérances trahies par les flots comme par les hommes ; l'embarcation chavira, ceux qui la montaient eurent quelque peine à sauver leur vie.

1. Comptait entraîner à sa suite, hoped to win to his party. •2. Qu'on évacue la caserne! Let the barracks bo cleared I

Le prince Louis fut condamné par la Cour des pairs à la réclusion perpétuelle et emprisonné dans le château de Ham1 d'où il devait s échapper au bout de six ans.

Guizot.

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