RETOUR DES CENDRES DE NAPOLEON
Le ministère français ayant manifesté le désir d'obtenir la restitution des cendres de l'empereur Napoléon Ier, l'Angleterre y répondit avec empressement et lord Palmerston écrivit à ce sujet à lord Granville, son ambassadeur à Paris: " Le gouvernement de Sa Majesté ayant pris en considération la demande du gouvernement français pour obtenir l'autorisation de transporter de Sainte-Hélène en France les restes de Napoléon Bonaparte, j'invite Votre Excellence à assurer M. Thiers que le gouvernement de Sa Majesté accédera avec plaisir à cette demande."
Le ministre de l'intérieur répéta ces paroles à la Chambre des Députés lorsqu'il y annonça la négociation et ses résultats : " Désormais, la France, et la France seule, possédera tout ce qui reste de Napoléon. Son tombeau comme sa renommée, n'appartiendra à personne qu'à son pays."
Le 2 décembre 1840, le prince de Joinville débarquait à Cherbourg, rapportant de Sainte-Hélène les restes de Napoléon, et l'aumônier de l'hôpital, profondément ému lui-même, exprimait le sentiment général lorsqu'il disait au jeune prince: " Votre Altesse Royale permettra-t-elle au fils d'un laboureur, devenu aumônier
1. Le château de Ham is an old structure in the town of Ham, in northern France.
de la marine, d'offrir ses respectueux hommages au fils de son roi? Vous me pardonnerez peut-être d'unir ma faible voix à la grande voix de la France et de préluder au jugement de la postérité qui vous tiendra compte de1 votre expédition à Sainte-Hélène, et qui gravera votre nom à côté du nom du roi, votre auguste père, sur le cercueil du grand homme ! "
La même générosité confiante et sympathique qui avait envoyé au loin le fils du roi pour ramener les restes de l'empereur Napoléon signala tout le cérémonial de la journée du 15 décembre, où le roi Louis- Philippe, accompagné de toute sa famille et de toute sa cour, reçut aux Invalides2 le cortège funèbre. L'émotion et la curiosité populaires restèrent paisibles ; une grande mémoire et un grand spectacle avait attiré la foule, rien de plus ne parut et les amis du régime de la liberté et de la paix eurent le droit de croire que le régime impérial était tout entier dans le cercueil de l'empereur.
Guizot.
A l'extérieur, la France se trouvait en paix avec tous, mais elle poursuivait néanmoins la conquête de l'Algérie commencée en 1827.
En 1830, la ville d'Alger avait été prise; en 1833, Oran fut occupé. Pour lutter contre la guerre de guérillas des Kabyles, on organisa, en 1831, les corps de zouaves dont la bravoure est depuis devenue proverbiale.
Bône fut prise en 1832, Bougie en 1833, Constantine en 1837, et la France se trouva dès lors en possession du littoral de la Méditerranée, sur une étendue de 1,100 kilomètres.