‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 181 sur 249 · La Régence was the name given then to our African colony · texte numérisé non relu

La Régence was the name given then to our African colony

grand désert, l'occupation permanente de Biskra et de plusieurs autres points importants, avaient répandu partout la conviction de notre force supérieure et de notre résolution d'établir solidement notre empire. On pouvait dire que la conquête était accomplie ; mais Abd-el-Kader était de ceux qui ne renoncent jamais à la lutte ; il s'était établi à l'ouest de la province d'Oran,1 sur la frontière incertaine du Maroc, et de là poursuivait ou recommençait incessamment la guerre. Tantôt il faisait, avec ses bandes errantes, de brusques incursions dans la Régence, tantôt il enflammait le fanatisme naturel des populations marocaines et les entraînait contre nous à sa suite, trouvant toujours chez elles un refuge assuré. Il agissait puissamment sur l'empereur Abd-el-Rhaman2 lui-même, tantôt lui faisant partager ses passions musulmanes, tantôt l'effrayant et de nous et de ses propres sujets ; il souleva entre ce prince et nous une contestation sur la possession de certains territoires situés entre le cours de la Tafna et la frontière du Maroc. Le 30 mai 1844, un corps nombreux de cavaliers marocains envahissant notre sol vinrent avec grand bruit attaquer le général de Lamoricière dans son camp de Lalla-Maghrania, à deux lieues en dedans de notre frontière. L,es explications réclamées par le maréchal Bugeaud des chefs marocains n'ayant pas été satisfaisantes, et l'enthousiasme fanatique des musulmans se trouvant de plus en plus excité, le gouvernement ordonna que des réparations fussent exigées par les armes. Le maréchal Bugeaud entra avec dix

1. La province tf Or an isone oî the three divisions {départements) of Algeria and has a population of about 900,000.

2. Abd-él-Uhaman was tho emporor of Moroccoand tnofather-in-law of Abd-el-Kader (1778-1859.)

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mille hommes sur le territoire marocain, et le 19 août, à Isly, il triompha sans peine des vingt-cinq mille ennemis réunis contre lui ; le maréchal s'empara de leur camp, de leur artillerie, de leurs drapeaux et de tous leurs bagages. Sur mer, le 15 août, le prince de Joinville bombarda, à l'extrémité méridionale du Maroc, Mogador, la retraite favorite d'Abd-el-Rhaman, s'empara de la petite île qui fermait l'entrée du port et y établit une garnison de cinq cents hommes.

Guizot.

Tandis que les armées françaises, sous la direction de généraux habiles, poursuivaient leurs succès en Afrique, les événements se précipitaient à l'intérieur.

Le duc d'Orléans, fils aîné du roi, avait été tué dans un accident de voiture en 1845.

En 1846, le prince Louis-Napoléon s'était échappé de la forteresse de Ham où il était interné depuis cinq ans.

En 1847, un mouvement profond se produisit au sein des classes populaires.1 Une mauvaise récolte, le renchérissement des denrées de première nécessité, le ralentissement du travail avaient accru les souffrances des classes agricoles et ouvrières, le socialisme se créait et commençait à exposer ses doctrines. Le parlement, cependant, se composait d'une forte majorité gouvernementale; mais les opposants ou, comme on les appelait alors, les Réformistes, s'agitaient sans cesse. Ils imaginèrent de se réunir dans des banquets où seraient portés des toasts politiques que l'on développerait sous forme de dis-

l. Au sein des classes populaires, among the popular masses.

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Pendant six mois les banquets se renouvelèrent dans la plupart des départements, à Saint-Quentin, Lille, Avesnes, Châlons, Mâcon, Lyon, Rouen, etc.; sur beaucoup de points,1 les passions, les intentions les plus hostiles à la monarchie et à la dynastie se manifestèrent avec éclat.

Le gouvernement interdit les banquets : c'était son devoir.

Au moment où la session des chambres allait s'ouvrir, un nouveau et solennel banquet se préparait à Paris ; le gouvernement l'interdit formellement. Cependant une agitation sourde se manifestait sur plusieurs points de la capitale, les rassemblements étaient nombreux ; quelques corps de garde furent attaqués. Le 23 février au matin, la fermentation augmentait, des ouvriers oisifs parcouraient les rues, les passants s'arrêtaient et les curieux se tenaient sur leurs portes ; l'orage était dans l'air, évident pour ceux qui le redoutaient comme pour ceux qui se préparaient à s'en servir. Cependant l'appel des meneurs révolutionnaires à la garde nationale avait été entendu. Beaucoup des petits bourgeois de Paris s'étaient joints, sans le bien comprendre, au mouvement réformiste. Ils marchèrent à la voix de leurs dangereux alliés. Plusieurs détachements des 7e, 3e, 2e et 10e légions apparurent dans les rues, les uns dans le faubourg Saint- Antoine, les autres dans le quartier des Écoles, criant partout : ' ' Vive la Réforme ! ' '

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