‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 200 sur 249 · En deux échelons, in two lines · texte numérisé non relu

En deux échelons, in two lines

2. Prince Napoléon, the flrst cousin of Napoléon III, was boni at Trieste in 1822 and died in 1892.

3l6 LES HISTORIENS FRANÇAIS

de nouveaux combattants. Ce n'est plus un combat, c'est une tuerie effroyable; les bataillons sont bouleversés, écrasés, déchirés; les vivants tombent pêle-mêle avec les morts. — On tue ! on tue ! sans voir, sans regarder, sans comprendre; les zouaves déchaînés arrivent ainsi sur la redoute, où s'est entassé un gros d'ennemis qui fusille les héroïques débris du bataillon des gardes; ils l'entourent, l'enveloppent, l'escaladent et hachent sur les parapets et dans l'intérieur les Russes, qui se défendent encore. L'ennemi fuit en désordre; nos soldats, fous de massacres et de combats, le poursuivent jusqu'à l'escarpement des carrières1 qui forment la limite extrême du plateau, et le précipite pêle-mêle de ces hauteurs abruptes, où chaque homme trouve une mort certaine. Au fond de la vallée, les cadavres broyés s'entassent, comme ils s'entassaien; tout à l'heure sur le plateau. — L'endroit où eut lieu cet affreux carnage, qui mit fin au combat d'Inkermann, conserva depuis le terrible nom & Abattoir.

Tout est terminé. Les dernières colonnes russes sont en retraite, et le général Dannenberg réunit ses troupes dans l'étroit vallon où la Tchernaïa se jette2 dans le fond de la rade, pendant que son artillerie, dont la plus grande partie a quitté ses positions, se joint aux feux de la place et des vaisseaux pour protéger sa retraite.

Le général Bourbaki, l'un des héros de cette vaillante journée, est aussitôt envoyé à la pointe de l'éperon extrême des hauteurs.3 De là. il domine les masses

i. tTusqu'àl'escarpement des carrières, to the perpendicular odgo of tlio quarries.

'2. Sejette, empties-

:!. Alapointe de l'éperon extrême des hauteurs, to the extrême poinl of the hoights.

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ennemies agglomérées dans le vallon, sur lesquelles une batterie de la 3e division ouvre son feu; mais après avoir lancé quelques coups, elle dut se retirer, car ses boulets atteignaient à peine les colonnes russes, et elle se trouvait, elle-même, en prise aux feux de la batterie fixe du phare d'Inkermann.

Des groupes nombreux d'infanterie et de cavalerie se dirigent de différents côtés, pendant que les colonnes rompues se pressent au delà de la Tchernaïa, sur une étroite chaussée qui traverse les marécages formés en cet endroit par la rivière, et que les pluies continuelles des jours précédents ont encore augmentés. Partout cette foule cherche à se rallier. Alors un groupe de cavaliers passa comme un éclair sur le pont d'Inkermann, se dirigeant vers le faubourg. Dans ce groupe étaient les deux grands-ducs, Nicolas Nicolaiévitch et Michel Nicolaiévitch ; toute la journée, ils étaient restés sur le champ du combat, exposés, dit le général prince Menschikoff dans son rapport, (i au feu de la mitraille et de la mousqueterie, comme de braves soldats russes."

De quelle amertume profonde leurs cœurs durent être remplis en voyant la victoire leur échapper encore; quels tristes regards ils durent jeter sur ces bataillons décimés qui se pressaient en désordre dans la vallée et qui emportaient avec eux tant d'espérances brisées en quelques heures.

Mémorable et sanglante journée qui fut une grande victoire et un deuil profond ! car l'armée anglaise, dont l'héroïque courage avait brillé d'un si grand éclat, enregistrait des pertes cruelles; trois généraux et plus de cent officiers avaient été tués sur le champ de bataille.

Le sang des deux nations avaient encore coulé côte à côte.

Le sol était à tel point encombré de morts et de mourants, que les chevaux ne pouvaient avancer; dans certains endroits ils étaient sur plusieurs rangs d'épaisseur : quelques-uns, retenus par les hautes broussailles, étaient restés debout. Les deux généraux en chef furent obligés de mettre pied à terre en se rendant audessus de la redoute, vers la crête extérieure du plateau.

Aussitôt que Lord Raglan aperçut le général Bosquet, il alla à lui, et, lui tendant la main : — " Au nom de l'Angleterre, lui dit-il, je vous remercie.' '

En effet, le général Bosquet avait acquis dans cette journée un beau titre de gloire. Bientôt arriva le duc de Cambridge; son visage était empreint d'une profonde émotion. Il avait combattu comme un soldat à la tête de ses braves gardes. Les généraux le complimentaient : ' ' Tous mes amis sont tués, répondit-il avec amertume; et si je ne suis pas mort avec eux, ce n'est pas ma faute. En parlant ainsi, il montrait ses vêtements troués par les balles et la mitraille.

Bazancourt.1

l. Bazaucourt (César), who was sont to Crimea by Napoléon III in order to write an account of the military events taking place in that peninsula, wasborn in 1810. Under the reign of Louis-Philippe, he was the librarian of the public iibrary in Compiègne. While there, he published several novels, the best known of which are ; L'Escadron volant de la Reine, A côté du Bonheur, etc.

He also went to Italy during the war of 1859. His historioal works are : Histoire de la Sic île sous la Domination des Normands, Cinq Mois au Camp devant Sébastopol, L'Expédition de Crimée jusqu'à la Prise (Je Sebaslopol, Campagne d'Italie de t859, Expédition de Chine et de Cochin-

ehine. etc. Ho died in L865.

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L'armée alliée avait mis le siège devant Sébastopol. port militaire très fort, d'où les Russes commandaient la mer Noire et menaçaient l'empire de Turquie. Parmi les ouvrages de défense qui protégeaient cette ville, se trouvait la forteresse de Malakoff, qui fut prise d'assaut le S septembre 1855.

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