Dedans et oui • de cei - ' ind around I
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des irrégularités du sol, tantôt s' abritant derrière les hautes broussailles pour recharger leurs armes, tantôt s'élançant subitement sur ce terrain onduleux et brisé. On dirait à voir ces Africains un troupeau de bêtes fauves déchaînées tout à coup; les balles des Russes ne savent où les frapper; ils disparaissent, apparaissent, se couchent ou se lèvent, mais combattent toujours.
— "Ce sont des panthères qui bondissent dans les buissons," s'écria le général Bosquet en les suivant d'un regard plein d'admiration.
C'est une guerre étrange que celle-là, qui sent le sol de l'Afrique avec ses ténébreux mystères, ses surprises, ses embuscades; tantôt ils sont un à un séparés, dispersés; tantôt, par une étrange spontanéité de pensées, ils se retrouvent serrés les uns contre les autres et se précipitent sur les Russes stupéfaits.
Si la défense de ce plateau d'Inkermann, où coula tant de sang fut héroïque, infatigable, l'attaque fut audacieuse, énergique, résolue, infatigable aussi. Les officiers russes ramenaient vingt fois leurs soldats au combat et reformaient à la hâte leurs bataillons décimés, que venaient soutenir de nouvelles réserves poussant des cris féroces, auxquels répondaient, par de frénétiques hourras, les colonnes massées sur le flanc de la colline et dans les gorges tortueuses.
A gauche, sur la crête en arrière, notre artillerie, jointe à celle des Anglais et à quelques nouvelles pièces que le vaillant colonel Dickson est parvenu à faire traîner sur le sol défoncé par la boue, suit les différents mouvements du combat; elle cause aux batteries de position des Russes de grands dommages et lance ses volées de mitraille et de boulets roulants sur lésinasses
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qui reparaissent à tout instant plus menaçantes et plus compactes.
Enfin les abords du plateau sont gardés; une brigade de la 3e division (général de Monet) est déployée en deux échelons1 en arrière de la batterie fixe des Anglais, prête à être lancée au besoin : l'échelon de droite, commandé par le colonel Cler, celui de gauche, par le général. La 2e brigade de cette division, sous les ordres du prince Napoléon,2 accourt sur Inkermann. Le général Bourbaki contient les efforts des Russes, sur la gauche; le général Morris, à l'extrême droite, est prêt, avec le 4Ô chasseurs, à soutenir les mouvements de l'infanterie. Les Russes concentrent une dernière fois leurs attaques sur le versant où s'élève la petite redoute anglaise; leurs masses profondes ne peuvent se déployer; étouffées dans les dépressions du sol, dont elles se servent pour arriver aux crêtes supérieures, elles offrent une prise mortelle aux feux de nos tirailleurs et de notre artillerie. Des files entières sont enlevées par nos boulets, l'obscurité ne protège plus nos ennemis, et le désavantage du terrain neutralise l'immense supériorité de leur nombre; la confusion se met dans leurs rangs.
Alors un cri immense se répand dans les airs; le général Dautemarre lance ses bataillons; le colonel Wimpfen est à la tête des tirailleurs algériens; les commandants Dubos et Montaudon sont au milieu des zouaves; on dirait une avalanche humaine qui déborde tout à coup. — Les Russes s'arrêtent pétrifiés, il leur semble que la terre vient de s' entr' ouvrir pour vomir