‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 210 sur 249 · CAMPA GNE* D U MEXIQ UE · texte numérisé non relu

CAMPA GNE* D U MEXIQ UE

Durant toute la dernière partie de l'année 1862 et les premiers mois de 1863, les convois de troupes et de matériel se succédèrent, jusqu'à ce que notre armée du Mexique eût atteint un effectif de plus de 38,000 hommes et de près de 6,000 chevaux, effectif qui dut être entretenu avec des frais énormes. Napoléon III avait conféré le commandement en chef au général Forey.

1/ armée souffrait à la fois du manque de vivres et du climat. Tout séjour à Vera-Cruz, et toute marche de Vera-Cruz à l'entrée des montagnes, à Orizaba, décimaient nos bataillons; la marine, toujours en contact avec les fatales Terres-Chaudes, perdait plus de monde encore : c'est surtout à cause d'elle que le cimetière de Vera-Cruz fut qualifié, par une amère ironie, de "Jardin d'acclimatation des Français." L'armée de terre, une fois dans la zone tempérée, n'encourait plus le péril du vomito-negro; mais le difficile était de se nourrir; on n'y réussissait qu'au poids de l'or. Il fallut

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faire venir des grains de la Havane et des États-Unis. Les chevaux manquant, on en racheta quelques-uns à 25,000 francs par tête!

L'attaque de Puebla ne put être commencée qu'en mars. Un des forts détachés qui protégeaient la ville fut emporté le 29 mars: mais le corps de la place fut défendu avec grande vigueur. Le commandant de Puebla, le général Ortega, très capable et très énergique, avait tout préparé pour faire de sa ville une nouvelle Saragosse;1 cinquante églises et couvents aux épaisses murailles étaient devenus autant de forteresses reliées entre elles par des lignes de fossés et de barricades. Il fallait attaquer, les uns après les autres, ces îlots hérissés d'artillerie. On dut, faute de canons de siège et de munitions suffisantes, interrompre ces assauts meurtriers. Le général Forey s'efforça de réduire par la famine l'ennemi qu'il ne pouvait abattre par la force. Il compléta l'investissement de la place; puis il détacha un corps de troupes contre une petite armée mexicaine qui essayait d'introduire un convoi dans la ville. Le commandant du corps français était le général Bazaine,2 récemment débarqué au Mexique. Bazaine défît les troupes de secours (8 mai 1863).

L'artillerie de siège et les munitions nous étaient arrivées. Les assiégés n'avaient plus de ravitaillement à espérer. La poudre et le pain leur manquaient. Ortega

1. Une nouvelle Saragosse, an allusion to the faet that in 1809 Napoléon had, so tospeak, to make the siège of each house before he conquered the city.

2. Bazaine (Achille), who commanded the Freneh troops in Mexico, was "bornât Versailles in 1811- In 1870, he was placed at the head of one of the Freneh armies and was afterwards tried and condemned for high treason. He was imprisoned on the isle of Sainte-Marguerite, but succeededin making his escape and went to Spain where he died in 1888.

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se résigna à capituler. Il fit enclouer ses canons, briser ses fusils, licencia ses soldats et se rendit prisonnier avec ses officiers (17 mai 1863).

Le sort de Puebla décidait de celui de Mexico. Puebla est situé au delà des montagnes, sur le haut et salubre plateau de rAnahuac, au point de jonction des principales routes du Mexique. La capitale ne pouvait se défendre avec chance de succès contre l'armée en possession de Puebla. Juarez1 le comprit : il évacua Mexico, résolu à continuer la guerre partout, excepté dans la capitale, la petite guerre, s'il ne pouvait faire la grande.

Le général Forey fit son entrée dans Mexico le 10 juin.

L'archiduc d'Autriche Maximilien fut fait empereur du Mexique et il prit possession de son trône au mois de mai 1864. On occupa plusieurs des principales villes, y compris San Luis de Potosi, où Juarez avait transféré son gouvernement. Toute ville attaquée était une ville prise, et les troupes mal organisées de la république mexicaine ne pouvaient nulle part tenir en campagne contre nos régiments. On s'étendit, d'un côté, jusqu'à l'Océan pacifique, de l'autre, jusque dans les provinces du nord, où Juarez, intrépide, inébranlable, reculait de place en place sans jamais cesser la lutte. Une grande partie du Mexique obéissait maintenant, sinon au gouvernement impérial mexicain, du moins à la force étrangère; mais chacun sentait que tout tenait à la présence de cette force et que, si elle se retirait, l'Empire mexicain croulerait le lendemain.

Les républicains, loin de se laisser abattre, renouve-

1. Juarez, who bravely foughl against the French to préserve tko indépendance oï Lis country, av;is born in lso(.) and died in ivS72.

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laient de tous côtés la petite guerre ; pendant que nous occupions des villes à 300 lieues de Mexico, les guérillas se remettaient à couper les communications entre cette capitale et Vera-Cruz, les républicains réoccupaient diverses places du Nord et bloquaient plusieurs de celles qu'ils ne pouvaient reprendre, le pouvoir de Maximilien ne réussissait pas à s'établir. Aux États-Unis, le Congrès avait, le 4 avril 1864, voté une résolution contre le rétablissement d'une monarchie au Mexique. A partir de 1865, l'attitude des États-Unis s'accentua de plus en plus, et le Moniteur' àut annoncer le retour total de notre armée pour le printemps de 1867.

La désillusion de Maximilien fut amère.

A mesure que les troupes françaises se retiraient, les villes passaient aux républicains. L'armée française évacua Mexico le 5 février 1867. Notre flotte appareilla de Vera-Cruz pour la France le 13 mars. La flotte regagna le port de Toulon le 5 mai.

Les Français partis, Maximilien essaya de tenir la campagne avec des troupes sans cohésion qui lui fondaient dans la main. Il fut bientôt refoulé sur Queretaro, place qui. est comme la clé du Mexique central. Il s'y défendit deux mois, puis essaya de négocier et d'obtenir l'autorisation de se rembarquer. Il n'y réussit pas. La place fut surprise et le malheureux prince fut réduit à rendre son épée (15 mai 1867). Il fut traduit devant un conseil de guerre et condamné à mort.

Ses défenseurs et le ministre de Prusse à Mexico allèrent demander sa grâce à Juarez. Le ministre des affaires étrangères des États-Unis, M. Seward, informa Juarez que son gouvernement désirait que Maximilien et ses compagnons fussent traités en prisonniers de guerre.

Juarez ne crut pas possible d'accéder à ces instances. Maximilien lui adressa une très noble lettre, où il demandait la vie, non pour lui, mais pour ses compagnons, les généraux Miramon et Mejia. " Que je sois seul frappé, disait-il, que mon sang soit le dernier versé !"

Les trois condamnés tombèrent sous les balles le 19 juin.

Henri Martin.

En 1870, le trône d'Espagne fut offert à un prince prussien, Léopold de Hohenzollern. Le gouvernement français déclara qu'il ne souffrirait pas que ce prince devînt roi d'Espagne. Léopold ayant annoncé qu'il n'acceptait point l'offre qu'on lui faisait, le gouvernement français exigea que le roi de Prusse promît qu'il n'autoriserait jamais son cousin à accepter de nouvelles offres. Le roi de Prusse refusa. Alors Napoléon déclara la guerre au plus redoutable Etat militaire de l'Europe, sans que la France fût prête à la faire.

La première rencontre eut lieu près de Saarbruk, en Alsace; elle se termina à l'avantage des Français. Bientôt, cependant, les armées allemandes qui étaient plus nombreuses et mieux organisées que les nôtres remportèrent la victoire de Wissembourg, et quelques jours après celle de Woerth. L'armée française était commandée par le maréchal Mac-Mahon.

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