‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 211 sur 249 · BATAILLE DE WOERTH · texte numérisé non relu

BATAILLE DE WOERTH

Le 6 août au matin, plusieurs de nos généraux, convaincus de la grande supériorité numérique de l'ennemi, pressèrent le maréchal de se replier sur les Vosges1 et de s'établir en pleine montagne au lieu de disputer les

l. Les Vosges, is a systom of mountains Tvliioh extends botween the llhine ami tho Moselle from Belfort to lUienish Bavaria.

derniers mamelons où vient expirer cette chaîne dans la vallée du Rhin. Une fois dans les Vosges, il serait aisé d'y défendre, à nombre inégal, des positions redoutables et le premier corps aurait le temps de rallier les cinquième et septième tout entiers. Mac- Mahon hésita ; puis le canon tonna, des engagements partiels commencèrent et le maréchal ne voulut pas reculer.

Le prince royal, de même que le maréchal, n'avait pensé livrer bataille que le 7 ; mais ses deux corps les plus avancés, un bavarois et un prussien, entamèrent, par de fortes reconnaissances, une action qui alla en grandissant.

Le maréchal occupait de bonnes positions sur les plateaux qui dominent la rive droite de la petite rivière de Sauër ; mais, dans le but de se concentrer, il avait évacué sur l'autre rive la colline de Gunstett, dont la possession nous eût été indispensable. L'artillerie ennemie s'y établit avec soixante-douze pièces ; de là, elle enfilait toute notre ligne1 et y portait le ravage. Le maréchal tenta en vain de reprendre Gunstett ; nos retours offensifs échouèrent. Ceci se passait à notre droite. Pendant ce temps, l'ennemi occupait le bourg de Woërth et tentait de déboucher sur la rive droite de la Sauër, en face de notre centre et de notre gauche. Plus de cent pièces de canon tonnaient pour appuyer ce mouvement : mais, de ce côté, les batteries allemandes n'avaient pas l'avantage de la position comme à Gunstett ; des hauteurs de Frœschwiller et d'Elsashausen, nous dominions la vallée de la Sauër, et la supériorité de notre fusil Chassepot compensait celle

1. Elle enfilait toute notre ligne, tliey sliot through. our lines from the side.

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du canon allemand. Les attaques des Prussiens et des Bavarois furent repoussées Vers dix heures et demie, le prince royal envoya l'ordre de cesser le combat. Le général -prussien qui commandait au centre, fortement engagé, ne put ou prétendit ne pouvoir obéir.

Les Allemands revinrent à la charge. La lutte devint générale et terrible entre midi et deux heures. Il arrivait à l'ennemi renforts sur renforts. Il réussit, au prix de beaucoup de sang, à franchir la vallée et à s'emparer de quelques-unes des petites éminences qu'occupait notre centre, puis à tourner notre droite en enlevant le village de Morsbroun. C'est alors qu'eut lieu la première de ces fameuses charges de cuirassiers qui ont gardé une tragique renommée. Deux régiments de cuirassiers, la brigade Michel, suivis de quelques lanciers, se précipitèrent sur les bataillons ennemis, pénétrèrent jusque dans Morsbroun et n'enressortirent qu'en débris. Ces débris eux-mêmes, tombant, au-delà du village, entre la cavalerie et l'infanterie allemandes, furent à peu près anéantis. Le récit officiel prussien témoigne de l'admiration qu'avait inspirée à l'ennemi l'intrépidité de ces braves gens.

Nos cavaliers, en mourant, avait sauvé l'infanterie de

deux de nos divisions, qui purent se replier en bon

ordre sur le bois appelé le Nieder-Wald. Les masses

ennemies restèrent enfin maîtresses d'Elsashausen en

flammes.

H. Martin.

Après leurs premiers succès, les Allemands entrèrent en France et assiégèrent Strasbourg. Bientôt, après une autre victoire remportée près de Forbach, ils entrèrent en Lorraine. Deux rencontres sanglantes eurent encore lieu, l'une à Borny

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(14 août 1870), l'autre à Gravelotte (16 août); mais le maréchal Bazaine, qui commandait les forces françaises en Lorraine, commit la faute de se laisser cerner dans Metz au lieu de se retirer dans l'intérieur du pays alors qu'il en avait la possibilité.

D'un autre côté, le maréchal Mac-Mahon s'était retiré à Châlons où il travaillait à la reconstitution de son armée . Il se mit en marche pour Metz; mais son armée marcha si lentement qu'elle fut surprise, enveloppée, battue à Sedan, et prise tout entière par les Allemands,

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