Ministère des finances, the treasury building
du xixe siècle. - 359
Tuileries,1 àson tour, s'embrasa, et, suivant V expression du général Vinoy, une longue ligne rouge parut réunir les deux immenses foyers de la rive droite et de la rive gauche.
De nouveaux incendies furent allumés dans cette affreuse nuit : le Palais- Royal, puis la bibliothèque du Lo livre, qui se trouvait dans l'aile la plus voisine des Tuileries. Cette merveilleuse collection de livres d'art et de littérature, remplie des éditions les plus belles et les plus rares, fut anéantie en peu d'heures. De plus grands malheurs étaient à craindre. Les galeries du Louvre, le plus vaste musée du monde, avec leurs immenses trésors de peinture et de sculpture, étaient sous la menace immédiate. Il y eut quelques heures de cruelles angoisses à Versailles. Le lendemain, de grand matin,2 M. Thiers dit, les larmes aux yeux, à des amis qui partaient pour Paris : " Savez-vous ! le Louvre brûle ! " En entrant dans Paris, on voyait l'air plein de flammèches noires ; on croyait que c'était les tableaux du Louvre ! Heureusement, ce n'était que les papiers du ministère des Finances, et le Grand-Livre3 avait été sauvé !
Le ciel, cette nuit, nous avait protégés contre les hommes ; pas un souffle de vent ; les flammes montaient tout droit en jets d'une prodigieuse hauteur, mais ne tourbillonnaient pas et ne gagnaient pas. Les troupes le 24 au matin, eurent le temps d'accourir ; on
1. Tuileries, The palace of Tuileries, which was burnt in May 1871, was begun in 1564 and completed a few years later. It took its name from the fact that it stood on a site where formerly was a tile factory. (Freneh, tuilerie.)