‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 27 sur 249 · LOUIS X V ENFANT · texte numérisé non relu

LOUIS X V ENFANT

Il n'était pas né gai, n'aimait personne. Tout son bonheur, quand il avait été forcé de figurer,1 c'était de s'enfermer le soir pour faire sa soupe. Au parc de la Muette, dont le régent lui fit cadeau, son joujou favori était une vache naine et de faire le laitier. Il s'amusait aussi avec une pioche et des petits terriers. Ces chiens, par un instinct analogue à celui du porc, excellaient à fouiller et déterrer les truffes.

Avec ces goûts obscurs, il était dans les mains de deux personnes au contraire fastueuses, qui V auraient volontiers mis sur les planches,2 élevé en acteur. Son gouverneur, le vieux fat Villeroi,3 tête frivole et tout à l'évent,4 sa gouvernante, madame de Ventadour, et sa sœur, la marraine du roi, madame de La Ferté, une folle, travaillaient tous à l'envers de sa nature. Il resta sec et dur, muet. Nul moyen d'en tirer un mot.

Croira-t-on bien qu'à l'âge de six ans, tout juste à son avènement, ils eurent l'idée barbare de le régaler d'un massacre? Dans une vaste salle remplie d'un millier de moineaux, on lâcha des oiseaux de la fauconnerie, et l'enfant jouissait des cris, de l'effroi des victimes, de la confusion des plumes au vent et de la pluie de sang. Une autre indignité : comme pour lui enseigner déjà le mépris de l'espèce humaine, La Ferté

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