LA BATAILLE DE ROSBACH
Le 7 novembre 1757, Frédéric, lisant que vingt mille hommes, des hauteurs de Rosbach, contemplait l'armée de Soubise et du prince Hildburghausen, augmentée d'un renfort qu'avait envoyé Richelieu. Soubise hésitait à combattre, disait à son collègue l'attitude réelle du Prussien caché par ses tentes, et qui derrière s'était mis en bataille.
A ce moment critique vient un billet de Vienne pour Soubise, billet de Choiseul. Il lui conseille, le presse de se battre. Conseil impérieux ! Soubise y sent l'impératrice, l'ordre absolu. Que faire? S'il ne combat, c'est fait de sa fortune.
1. Rosbach, where Frédéric II conquered Soubise, is situated in Saxony.
"Je le tiens, disait le sot prince allemand, je vais l'envelopper. " Opération très simple. Il fallait pousser notre armée à droite, cerner leur aile gauche, leur couper la retraite ; et pour cela d'abord faire un long défilé, passer devant le Prussien, sous son artillerie.
On n'est pas à moitié que ses tentes ont tombé. Il apparaît. Sa cavalerie se démasque et s'élance. La nôtre lutte un peu. Mais l'infanterie ne soutient rien, on travaillait à la mettre en bataille ; dans ces mouvements commencés, trois volées de boulets la troublent, elle fuit à toutes jambes. Soubise amène ses réserves ; trop tard, on les culbute aussi.
L'affaire ne fut que ridicule. Peu de blessés, très peu de morts, mais d'innombrables prisonniers. La suite aurait été terrible si la nuit, venue de bonne heure, n'eût charitablement couvert le camp. Les marchands lâchèrent tout, n'eurent le temps d'emballer. Les cuisiniers laissèrent leurs batteries. Loin devant, vrais zéphyrs, volaient les perruquiers, jetant Fépée qui leur battait les jambes. Ce tourbillon eût été loin, si l' Instruit, un méchant torrent, n'eût tout arrêté court. Un seul pont ! Un long défilé. Deux jours, trois jours on fuit de différents côtés0 A jeun.1 On n'a rien emporté. Si par bonheur on trouve, à peine on veut dîner, qu'un cri part : " Voici l'ennemi."
Le camp abandonné fut pour la sombre armée du roi de Prusse un surprenant spectacle. Ces moines du drapeau, dans leur vie dure, n'avaient aucune connaissance d'un tel monde de bagatelles, de frivolités parisiennes ; que faire d'un tel butin ? Par l'ordre exprès du roi, les blessés furent soigneusement recueillis et