‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 52 sur 249 · SÉANCE ROYALE DU 23 JUIN · texte numérisé non relu

SÉANCE ROYALE DU 23 JUIN

Le roi entra. Seuls les cris de la noblesse et d'une partie du clergé le saluèrent; le tiers-état restait morne; l'impertinence ou la maladresse du grand maître des cérémonies avait contra-int les députés d'attendre sous la pluie l'ouverture des portes, tandis que les deux premiers ordres avaient déjà pris place dans la salle ; leur humeur s'en était accrue,1 les tribunes étaient vides.

L'anxiété était peinte sur tous les visages; le roi se plaignit d'abord des retards que la division apportait au bonheur de son peuple, le garde des sceaux tenait en main la Déclaration concernant la présente tenue des États-Généraux : c'était ce qu'on attendait. Lorsqu'il annonça l'intention du roi de maintenir les délibérations séparées, à moins que les trois ordres ne demandassent eux-mêmes à se réunir, et seulement alors sur les questions d'un intérêt général, lorsqu'il déclara les délibérations du tiers-état nulles et inconstitutionnelles, le mécontentement devint si vif que le discours du roi, tout rempli de promesses et d'importantes concessions ne put suffire à l'apaiser. Louis XVI parlait de ses bienfaits, et la nation réclamait des droits ; les privilèges que le roi voulait sauvegarder étaient précisément ceux contre lesquels s'élevait le sentiment public. L'appareil militaire, la hauteur inaccoutumée du langage,3 l'ordre intimé à l'Assemblée de se séparer sur-le-champ, tout irritait les passions déjà allumées. Lorsque le roi

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