‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 56 sur 249 · Invalide*, oldsoldiers · texte numérisé non relu

Invalide*, oldsoldiers

DU XIXe SlÈCIvK. 63

place. Le peuple, furieux de cette résistance opiniâtre, essaya de briser les portes à coups de hache, et de mettre le feu au corps de garde ;l mais la garnison fit une décharge à mitraille, qui fut meurtrière pour les assiégeants et qui leur tua ou blessa beaucoup de monde. Ils n'en devinrent que plus ardents ; et, secondés par l'audace et par la constance des braves Élie et Hulin, qui étaient à leur tête, ils continuèrent le siège avec acharnement.

Le comité de l' Hôtel-de- Ville2 était dans la plus grande anxiété. Le siège de la Bastille lui paraissait une entreprise téméraire. Il recevait coup sur coup la nouvelle des désastres survenus au pied de la forteresse. Il était entre le danger des troupes, si elles étaient victorieuses, et celui de la multitude qui lui demandait des munitions pour continuer le siège. Comme il ne pouvait pas en donner, parce qu'il en manquait, on criait à la trahison. Il avait envoyé deux députations pour suspendre les hostilités et inviter le gouvernement à confier la garde de la place à des citoyens ; mais au milieu du tumulte, des cris, de la décharge de la mousqueterie, elles n'avaient pu se faire écouter. Il en envoya une troisième avec un tambour et un drapeau pour être plus facilement reconnue, mais elle ne fut pas plus heureuse : des deux côtés on ne voulut rien entendre. Malgré ses tentatives et son activité, l'assemblée de l'Hôtel -de- Ville était exposée aux soupçons populaires. Le prévôt des marchands,3 Flesselles, excitait surtout la plus grande défiance. — Il nous a, disait l'un, déjà

1. Démettre le feu au corps de garde, toset the guard-house 011 flre.

Page 1