‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 59 sur 249 · En butte aux, exposed to · texte numérisé non relu

En butte aux, exposed to

2. La place de Grève, a square in front of the City Hall where exécutions used to take place.

pas. L'un portait les clefs et le drapeau de la Bastille, l'autre le règlement pendu à la bayonnette de son fusil ; un troisième, chose horrible ! levait d'une main sanglante la boucle du col du gouverneur. Ce fut dans cet appareil que le cortège des vainqueurs de la Bastille, suivi d'une foule immense qui inondait la place et les quais, entra dans la salle de l'Hôtel-de- Ville pour apprendre au comité son triomphe, et décider du sort des prisonniers qui restaient. Quelques-uns voulaient s'en remettre1 au comité de leur jugement; mais d'autres criaient : Point de quartier aux prisonniers ! point de quartier à ceux qui ont tire sur leurs concitoyens, — Le commandant La Salle, l'électeur Moreau de Saint- Méry et le courageux Élie parvinrent néanmoins à calmer la multitude et à obtenir d'elle une amnistie générale.

Mais alors vint le tour du malheureux Flesselles. On prétend qu'une lettre trouvée sur Delaunay prouvait sa trahison, qu'on soupçonnait déjà. "J'amuse, lui disaitil, les Parisiens avec des cocardes et des promesses ; tenez bon jusqu'à ce soir ; vous aurez du renfort. " Le peuple se pressa autour du bureau. Les plus modérés demandèrent qu'on se saisît de lui, et qu'il fût mis dans les prisons du Châtelet ;2 mais d'autres s'y opposèrent en disant qu'il fallait le conduire au Palais- Royal, pour y être jugé. Ce dernier vœu devint le vœu général. — Au Palais- Roy al ! au Palais- Roy al ! s'écria-t-on de toutes parts. "Eh bien! soit, messieurs, répondit

1. Quelques-uns voulaient s'en remettre, sonie woro willing to trust.

2. Les prisons du Ghâtélet. Thèse two buildings woro erected, one on the right bank of the Seine "Le Grand Châtelet,'1 and the other, "Le Petit Châtelet" on the leit bank of the river. The former was torn down in 1802.

DU XIXe SlKCIvK. 67

Flesselles d'un air assez tranquille, allons au Palais- Royal."

A ces mots, il descendit de l'estrade, traversa la foule qui s'ouvrit sur ses pas et qui le suivit sans lui faire aucune violence. Mais au coin du quai Pelletier un inconnu s'avança vers lui, et retendit mort d'un coup de pistolet.

Mignkt.1

On date généralement le commencement de la Révolution de la prise de la Bastille et c'est l'anniversaire de cette date fameuse qui a été choisi en France comme " fête nationale."

Le 15 juillet le roi se rendit à l'assemblée nationale pour déclarer qu'il a éloigné les troupes. Quelques jours après il se rendit à Paris où il apprit qu'une nouvelle municipalité avait été élue, qu'une garde nationale s'était organisée et qu'une cocarde tricolore avait été adoptée comme emblème national au lieu de la cocarde blanche qui était, depuis si longtemps, le symbole de la monarchie. Pendant que ces événements se passaient, la révolution avait gagné les campagnes, les paysans s'étaient révoltés contre leurs seigneurs et réclamaient l'abolition des droits féodaux.

1. Mignet, a well known historian whose principal qualities are érudition and clearness of judgment, was born at Aix in 1796. He cornmenced life as a journalist on the staff of the Constitutionnel. In 1824 he published a history of the French Révolution which won for him the réputation of a thinker and a philosopher.

He took an active part in the révolution of 1830, and was soon admitted to the French Academy.

His other works are: "Histoire de Marie Stuart" (1850), "Charles- Quint, son abdication, son séjour à Saint-Just et sa mort" (1854), etc. Mignet's works are remarkable for profound research and a style clear and élégant.

NUIT DU 4. AOUT 178c

La minorité libérale de la noblesse, qui avait poussé son ordre à se réunir au Tiers État, jugeant la cause des privilèges perdue, voulût qu'au moins la noblesse française finit avec grandeur. Le 4 août au soir, le Vicomte de Noailles demanda la parole, et déclara qu'il n'y avait qu'un moyen de ramener dans les provinces la paix troublée par le juste mécontentement du peuple accablé sous des charges1 exorbitantes. C'était de décréter immédiatement l'égalité proportionnelle de l'impôt pour tous les citoyens et l'abolition des corvées, des main-mortes2 et de toutes les servitudes personnelles.

Le vicomte de Noailles était un cadet de famille,3 sans fiefs, et ne sacrifiait là rien qui lui fût propre ; mais le ' plus riche seigneur de France, celui qui avait le plus à perdre à la suppression des droits féodaux, le duc d'Aiguillon, arrière-neveu du grand cardinal de Richelieu, appuya sans réserve la motion de Noailles.

Après ces orateurs nobles, qui proposent l'abolition des droits féodaux aux acclamations de l'assemblée, se lèvent des orateurs populaires, un cultivateur dans son costume de paysan bas-breton,4 et d'autres encore, de diverses provinces, qui dépeignent avec énergie les indignités et les barbaries passées du régime féodal et la dure oppression fiscale qui a survécu à ces barbaries.

Page 1