‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 60 sur 249 · Un cadet de f amitié, the youngest of his family · texte numérisé non relu

Un cadet de f amitié, the youngest of his family

4. Da)is son costume de paysan bas-breton, wearing the costume that is worn by the peasants in Low-Brittanny.

DU XIXe SIECLE. 69

Personne n'osait élever la voix pour défendre les droits féodaux.

Les propositions se succédèrent dès lors avec une telle rapidité que le secrétaire pouvait à peine les écrire. Une généreuse émulation de sacrifices s'était emparée de ceux-là mêmes1 qui, la veille encore, montraient les préjugés les plus obstinés. C'était l'esprit de désintéressement delà chevalerie qui se réveillait dans l'agonie de la féodalité.

Le vicomte de Beauharnais, dont le fils fut Eugène Beauharnais,2 demanda que tous les citoyens fussent admissibles à tous les emplois et que les peines fussent les mêmes pour tous les coupables sans distinction de classes.

Des magistrats, un membre du Parlement de Paris, proposèrent la gratuité de la justice et la suppression de la vénalité et de l'hérédité des charges.

Le duc de Larochefoucault demanda qu'en affranchissant les serfs dans tout le royaume, on adoucît le sort des esclaves dans les colonies et qu'on préparât leur libération.

Le député breton le Chapelier, qui présidait, offrit la parole aux membres du clergé qui souhaiteraient de faire connaître leurs sentiments.

Les évêques approuvèrent la suppression des droits féodaux appartenant aux ecclésiastiques comme aux laïques. L'un d'eux proposa l'abolition du droit exclusif de chasse qu'avaient les seigneurs. C'était un sacrifice aux dépens d' autrui.

1. S'était emparée de ceux-là mêmes, had taken hold of those very people.

2. Eugène Beauharnais, (1781-1824:) the son of the vicomte de Beauharnais and Joséphine, and the step-son of Napoléon, took part in the campaigns of the Emperor and was made by him viee-roy of Italy.

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Les curés furent plus généreux ; ils offrirent l' abandon de leur casuel.1 C'était le denier du pauvre. L'Assemblée n'accepta qu'en convenant d'augmenter le revenu fixe des curés.

Les évêques n'avaient point parlé de la dîme.2 Un gentilhomme, sur les bancs de la noblesse, dit en riant à ses voisins : ' ' Ils nous prennent le droit de chasse ; prenons-leur les dîmes."

Les évêques n'osèrent protester.

Après les privilèges de la noblesse et du clergé, on immola ceux des provinces et des villes. L'inégalité avait été partout ; on voulait qu'elle ne fût plus nulle part.

On réclama enfin la suppression des maîtrises3 et jurandes,4 et aussi des privilèges en matière de travail.

La séance avait commencé à huit heures du soir. Avant deux heures du matin, la plus grande révolution sociale qu'on eût encore vue dans le monde était consommée. Il n'y avait plus en France, comme le déclaraient avec enthousiasme les députés en se pressant en foule sur les degrés de la tribune, il n'y avait plus en France qu'une seule loi, une seule nation, une seule famille et un seul titre, celui de citoyen français.

" Une seule nuit avait suffi," dit un historien contemporain, 4< pour renverser ce chêne antique de la féo-

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