Qui les enfanta à la gloire, which made them grlorious
2. Venait de jeter en avant. Lit. had just thrown forward, ie: had just placed at the head of its armies.
C'était le jeune, l'héroïque, le sublime Hoche,1 qui devait vivre si peu, celui que personne ne put voir sans l'adorer. — C'était la pureté même, cette noble figure virginale et guerrière, Marceau, pleuré de l'ennemi. — C'était l'ouragan des batailles, le colérique Kléber,2 qui, sous cet aspect terrible, eut le cœur humain et bon, qui, dans ses notes secrètes, plaint la nuit les campagnes vendéennes qu'il lui faut ravager le jour. — C'était l'homme de sacrifice qui voulut toujours le devoir, et la gloire pour lui jamais, qui la donne souvent aux autres, et même aux dépens de sa vie, un juste, un héros, un saint, l'irréprochable Desaix.3
Et puis, après ces héros, arrivent les ambitieux, les avides, les politiques, les redoutés capitaines, qui plus tard ont cherché fortune avec ou contre César. L'épée la plus acérée, l'âpre Piémontais, Masséna,4 avec son profil de loup. Des rois, ou gens propres à l'être, des Bernadotte5 et desSoult.6 Le grand sabre de Murât.7
1. Hoche, one of the purest characters of the Révolution, was born in 1768 and died in 1797. His principal title to glory is the pacification of Vendée in which task he acted withgreat tact and kindness,
2. Kléber (Jean-Baptiste), one of the gênerais of the Révolution, was born in 1753. He was assassinated in Egypt in 1800,
3. Desaix, whomade himself famous on the Khine in 1796 and later on in Egypt, was killed at the battle of Marengo, Italy, in 1800.
4. Masséna (André), duke of Rivoli, prince of Essling, was born in 1758. He followed Napoléon in ail his campaigns, and died in 1817. Napoléon often called him V enfant chéri de la victoire.
5. Bernadotte, who distinguished himself during the wars of the Révolution and the first years of the Empire, joined the allies against France in 1810. In 1818 he became king of Sweden under the name of Charles XIV, and died in 1844,
6. Soult, Duke of Dalmatia, contributed to the viotory of Austerlitz and foughtbravely in Spain. (1759-1851).
7. Mural (Joachim), a brothcr-in-lawof Napoléon, was kingof Naples from 1808 to 1814. He was born in 1771 and was shot in 1815 after trying to reconquer his throne.
DU XIXe SIECLE. 93
Et puis une glorieuse foule, où chaque homme en d'autres pays, d'autres temps, eût illustré un empire. En France, il y a tout un peuple.
Grands maîtres, qui enseignaient d'exemple. Il ne faudrait pas croire néanmoins, que ces rudes et vaillants soldats, comme beaucoup de ceux-ci, les Augereau,1 les Lefebvre, représentassent l'esprit, le grand souffle du moment sacré. Ah ! ce qui le rendait sublime, c'est qu'à proprement parler, ce mouvement n'était pas militaire. Il fut héroïque. Par-dessus l'élan de la guerre, sa fureur et sa violence, planait toujours la grande pensée, vraiment sainte, de la Révolution, l'affranchissement du monde.
En récompense, il fut donné à la grande âme de la France, en son moment désintéressé et sacré, de trouver un chant, — un chant qui, répété de proche en proche, a gagné toute la terre. Cela est divin et rare d'ajouter un chant éternel à la voix des nations.
Il fut trouvé à Strasbourg, à deux pas de l'ennemi. Le nom que lui donna l'auteur est le Chant ds V armée du Rhin. Trouvé en mars ou avril, du premier moment de la guerre, il ne lui fallut pas deux mois pour pénétrer toute la France. Il alla frapper au fond du Midi, comme par un violent écho, et Marseille répondit au Rhin. Sublime destinée de ce chant ! il est chanté des Marseillais à l'assaut des Tuileries, il brise le trône au 10 août. On l'appelle la Marseillaise. Il est chanté à Valmy,2 affermit nos lignes flottantes, effraye l'aigle noir de Prusse. Et c'est encore avec ce chant que nos
1. Augereau (Duke of Castiglione) was born in 1757 and died in 1816. He was considered one of the bravest soldiers of his time.
2. Valmy, a small village where the Prussians were defeated in 1792, is situated in the Dépaysement de la Marne*
jeunes soldats novices gravirent le coteau de Jemmapes,1 franchirent les redoutes autrichiennes, frappèrent les vieilles bandes hongroises, endurcies aux guerres des Turcs. Le fer ni le feu n'y pouvaient ;2 il fallut, pour briser leur courage, le chant de la liberté.
Jules Michelet.
Au moment où la France essuyait des revers, Brunswick3 qui commandait une armée ennemie publia un manifeste par lequel il mer açait de détruire Paris si le roi n'était pas respecté.
Cette proclamation produisit un effet tout opposé à celui qu'en attendaient les alliés. Le peuple se précipita en masse vers les Tuileries, et le roi se réfugia au sein de l'Assemblée.