Descendait la garde, came home from guard duty
DU XIXe SIÈCLE. I05
le tyran a Pair d'un brave homme. Je P aurais pris, si je n'avais été prévenu, pour un bon rentier du Marais. Il passe le temps, quand il a fait ses prières, à étudier avec son fils, et tout exprès il s'est remis au latin... — Et encore? — Eh bien, encore, il s'occupe à chercher le mot des énigmes du Mercure^ pour désennuyer sa femme... — Et encore ? — Ma foi, la nuit, il soigne son valet de chambre ; il s'est levé pour lui donner la tisane..." Qu'on juge de l'effet de ces détails naïfs : la femme éclatait en sanglots, et souvent le mari luimême laissait échapper des larmes.
Ce qui frappait le plus les gardes nationaux et leur faisait croire que le roi pouvait fort bien être innocent, c'était la profondeur et le calme de son sommeil. Tous les jours, après le dîner, il s'endormait pour deux heures, au milieu de sa famille, parmi les allants et les venants. Ce sommeil était celui d'un homme en parfait état de conscience, qui se sent juste et bien avec Dieu.
Sanguin et replet comme il était, Pair, l'exercice lui étaient fort nécessaires ; il souffrait de la prison. 1/ humidité de la tour lui donna à l'entrée de l'hiver des rhumes. Sa sœur, Madame Elisabeth, jeune et forte personne de vingt-huit ans, avait le même tempérament. Elle passait le temps à coudre et raccommoder, ou bien à lire les offices.
Quelque inquiète que fût la surveillance de la Commune, ce jeune gouvernement révolutionnaire était si nouveau dans la tyrannie, qu'on trouvait mille moyens, sous ses yeux mêmes, d'arriver à la famille royale. Il suffisait pour cela d'avoir Pair d'un furieux patriote, de
1. "Mercure, a periodical that was foimded in 1672 and ceased being published in the first part of the XIXth century. It was devoted to poetry, anecdotes and news of the court.
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crier, gesticuler, de vomir contre le roi des injures et des menaces. Non seulement la garde et les municipaux approchaient du roi, mais des ouvriers qui travaillaient à la tour, des inconnus même parfois, sans prétexte ni motif. Beaucoup achetaient, par cette comédie de colère patriotique, la facilité de le voir, l'occasion de le servir. C'est ce que la famille royale ne comprenait pas toujours. Elle sut mauvais gré à Cléry,1 le fidèle valet de chambre, de manger et faire gras2 avec ostentation les jours que le roi jeûnait. Elle s'indigna de voir un médecin, très zélé pour elle, plein de cœur, et qui réclamait en sa faveur près de la Commune, faire un jour, devant le roi, une dissertation sur l'éducation démocratique qui convenait au Dauphin. L'objet de la plus vive aversion de la famille royale était un concierge du Temple, le sapeur Rocher, qui ne perdait nulle occasion d'afficher l'insolence. Cet homme pourtant était un agent de Pétion,3 placé là par la Gironde ; il appartenait au parti qui voulait épargner le sang du roi. Détesté de la famille royale, il n'en fut pas moins dénoncé aux clubs, et n'eut pas de peine pour s'excuser aux Jacobins. On le chassa en décembre.
Les traitements dont le roi pouvait avoir à se plaindre ne tenaient nullement au mauvais vouloir1 de la Convention. Pétion avait eu l'idée humaine certainement, politique peut-être, de le garder au centre de la France, loin de l'émeute, loin de Paris, que sa présence
i. Elle sut mauvais gréa Cléry, they wère angry witb Oléry.