‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 86 sur 249 · Savenay is situated 30 miles north of Nantes · texte numérisé non relu

Savenay is situated 30 miles north of Nantes

2. Fontenay, also ealled Fontenay -le -Comte, is situated in the department of Vendée and has a population of about 11,000.

3. Saint- Fulgentis a small town in Vendée where several battles were f ought during the royalist insurrection.

I iS LES HISTORIENS FRANÇAIS

Ces succès, plus prononcés dans le département de la Vendée proprement dit, valurent aux insurgés le nom de Vendée?isy qu'ils conservèrent depuis, quoique la guerre fût bien plus active hors de la Vendée. Les brigandages commis dans le Marais1 leur firent donner le nom de brigands, quoique le plus grand nombre ne méritât pas ce titre. L'insurrection s'étendait dans le Marais, depuis les environs de Nantes jusqu'aux Sables.2 La cause des succès des Vendéens était dans le pays, dans sa configuration, dans leur adresse et leur courage à profiter de ces avantages naturels, enfin dans l'inexpérience et l'imprudente ardeur des troupes républicaines, qui, levées à la hâte, venaient les attaquer précipitamment, et leur procurer ainsi des victoires et tout ce qui en est la suite, c'est-à-dire des munitions, de la confiance et du courage.

La Pâque avait ramené tous les insurgés dans leurs demeures, d'où ils ne consentaient jamais à s'éloigner longtemps. La guerre était pour eux une espèce de chasse de quelques jours ; ils y portaient du pain pour le temps nécessaire et revenaient ensuite enflammer leurs voisins par leurs récits. Il y eut des rendez-vous donnés pour le mois d'avril. L'insurrection fut alors générale, et s'étendit sur toute la surface du pays. Commencée par des hommes qui n'étaient supérieurs aux paysans qu'ils commandaient que par leurs qualités naturelles, elle fut continuée bientôt par des nommes d'un rang supérieur. Les paysans allèrent aans

1. Le Marais is a very low part of the western coast of France in Vendée.

2. Sables, the complète name of which is J.<-s Sables d'Olonne, is a city of 12,000 inhabitants, situated on the Atlantic Océan. It is renowned for itscanning establishments.

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les châteaux et forcèrent les nobles à se mettre à leur tête. Tout le Marais voulut être commandé par Charette.1 Il était d'une famille d'armateurs de Nantes ; il avait servi dans la marine, où il était devenu lieutenant de vaisseau, et à la paix il s'était retiré dans un château appartenant à un oncle, où il passait sa vie à chasser. D'une complexion faible et délicate, il semblait peu propre aux fatigues de la guerre ; mais, vivant dans les bois où il passait des mois entiers, couchant à terre avec les chasseurs, il s'était renforcé, avait acquis une parfaite habitude du pays, et s'était fait connaître de tous les paysans par son adresse et son courage. Il hésita d'abord à accepter le commandement, en faisant sentir aux insurgés les dangers de l'entreprise . Cependant il se rendit à leurs instances, et, en leur laissant commettre tous les excès, il les compromit et les engagea irrévocablement à son service. Habile, rusé, d'un caractère dur et d'une opiniâtreté indomptable, il devint le plus terrible des chefs vendéens. Tout le Marais lui obéissait, et avec quinze et quelquefois vingt mille hommes, il menaçait les Sables et Nantes. A peine tout son monde fut-il réuni, qu'il s'empara de l'île de Noirmoutiers,1 île importante dont il pouvait faire sa place de guerre et son point de communication avec les Anglais.

Dans le Bocage, les paysans s'adressèrent à MM. de Bonchamp, d'Elbée, delà Rochejaquelein, et les arrachèrent de leurs châteaux pour les mettre à leur tête.

1. Charette, who fought bravely in the ranks of Royalists, was born in 1763. He was taken a prisoner by the Republicans and shot in 1796.

2. L'île de Noirmoutiers, which is situated a few miles out in the Atlantic Océan, has a population of about 8,000 and is well known for its sait factories.

M. de Bonchamp avait autrefois servi sous M. de Suffren, était devenu un officier habile, et réunissait à une très grande intrépidité un caractère noble et élevé. Il commandait tous les révoltés de l'Anjou et des bords de la Loire. M. d'Elbée avait servi aussi, et joignait à une dévotion excessive un caractère obstiné et une grande intelligence de ce genre de guerre. C'était dans le moment le chef le plus accrédité de cette partie du Bocage. Il commandait les paroisses autour de Cholet et de Beaupréau. Cathelineau et Stofflet gardèrent leur commandement dû à la confiance qu'ils avaient inspirée, et se réunirent à MM. de Bonchamp et d'Elbée pour marcher sur Bressuire,1 où se trouvait le général Quétineau. Celui-ci avait fait enlever du château2 de Clisson la famille de Lescure, qu'il soupçonnait de conspiration, et la détenait à Bressuire. Henri de la Rochej aquelein, jeune gentilhomme autrefois enrôlé dans la garde du roi et maintenant retiré dans le Bocage, se trouvait à Clisson chez son cousin de Lescure. Il s'évada, souleva les Aubiers, où il était né, et toutes les paroisses autour de Châtillon. Il se joignit ensuite aux autres chefs, et avec eux força le général Quétineau à s'éloigner de Bressuire. M. de Lescure fut alors délivré avec sa famille. C'était un jeune homme de l'âge de Henri de la Rochej aquelein. Il était calme, prudent, d'une bravoure froide, mais inébranlable, et joignait à ces qualités un rare esprit de justice. Henri, son cousin, avait une bravoure héroïque et souvent emportée ; il était bouillant et généreux.

1. Bressuire, wbere the Royalists were defeated in 1792, lias a population of about 4,500.

2. Avait fait enlever du château, bad bad arrested in tbo château.

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M. de Lescure se mit alors à la tête de ses paysans, qui vinrent se réunir à lui, et tous ensemble se rendirent à Bressuire pour marcher de là sur Thouars. Les femmes de tous les chefs distribuaient des cocardes et des drapeaux ; on s'exaltait par des chants, on marchait comme à une croisade. L'armée ne traînait point avec elle de bagages ; les paysans, qui ne voulaient jamais rester longtemps absents, portaient avec eux le pain nécessaire à la durée de chaque expédition, et, dans les cas extraordinaires, les paroisses averties préparaient des vivres pour ceux qui en manquaient. Cette armée se composait d'environ trente mille hommes, et fut appelée la grande armée royale et catholique.

A. Thiers.

On peut diviser en cinq périodes l'insurrection de la Vendée contre le gouvernement de la Révolution :

i° Au début, les insurgés eurent l'avantage et leurs succès durèrent jusqu'au moment où l'armée qui opérait en Allemagne fut dirigée contre eux.

2? Leurs défaites commencèrent alors : ils furent vaincus à Châtillon (g octobre 1795 et à Cholet (17 octobre 1795 .

3° Après ces insuccès, ils repassèrent la Loire et se dirigèrent vers Granviile dans l'espoir de se joindre aux Chouans et de donner la main aux armées anglaises qui s'efforçaient d'erfectuer une descente sur notre littoral.

4Q Mais en dépit de leurs efforts, les armées royalistes furent refoulées sur Angers,1 et il leur fut même impossible de rentrer dans le Bocage.

1. Angers, a city in the old province of Anjou, and now the chef-lien

of the department of Maine-et-Loire, is noted for its beautiful cathedra!.

5° Enfin elles furent battues au Mans1 par Marceau et Kléber, et presque complètement écrasées à Savenay le 23 décembre ï793-

Revenons maintenant à Paris et voyons ce qui s'y passe.

La Convention avait institué le Comité de Salut public et lui avait confié une autorité absolue sur les ministres et sur les généraux.

Ici apparaissent les trois figures les plus proéminentes de la Révolution : Robespierre, Danton et Marat.

'• Robespierre," dit Victor Hugo dans son roman intitulé Quatre- Vingt- Treize, "était pâle, jeune, grave, avec les lèvres minces et le regard froid. Il avait dans la joue un tic nerveux qui devait le gêner pour sourire. Il était toujours poudré, ganté, brossé, boutonné : son habit bleu clair ne faisait pas un pli. Il portait généralement une culotte de nankin, des bas blancs, une haute cravate, un jabot plissé, des souliers à boucles d'argent.

" Danton était grand, débraillé dans un habit de drap écarlate, le col nu dans une cravate dénouée tombant plus bas que le jabot, la veste ouverte avec des boutons arrachés ; il était toujours botté de bottes à revers et avait les cheveux tout hérissés. Il avait la petite vérole sur la face, une ride de colère entre les sourcils, le pli de la bonté au coin de la bouche, les lèvres épaisses, les dents grandes, un poing de portefaix, l'œil éclatant. Quant à Marat, il avait le teint jaune, les yeux injectés de sang, des plaques livides sur le visage, pas de front, une bouche énorme et terrible."

De ces trois hommes, Marat était le plus cruel . Entièrement dépourvu de principes, il avait osé dire en pleine Convention qu'il lui fallait deux cent mille têtes.

Extrêmement populaire parmi la populace la plus basse, il avait pour ennemis tous les honnêtes gens.

1. Mans {Lq), the chef-lieu of the departmont of Barthe, and tho birth place of Henry II of England, is situated about 110 miles west of Paris.

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