‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 105 sur 121 · Le frère de xMaiie-Antoinelle · texte numérisé non relu

Le frère de xMaiie-Antoinelle

2. i8 avril 1777. — Ln second voyage eut lieu en juillet 1781.

3. Philippe de Noailles, duc de Moucliy (1710-179'»), servit vaillamment en llalie, en Bavière, dans les Flandres; maréchal de France en 1775, il commanda la Guyenne jusqu'en 1785 ; fidèle royaliste, la Révolution le décapita à soixante-dix-neuf ans.

chargé de lui en faire les honneurs, le conduisit aux Chartrons. Il lui fit considérer la beauté du port où on voyait quatre à cinq cents vaisseaux, l'étendue et la richesse des magasins. Le maréchal s'était fait accompagner de cinq ou six principaux négociants que Joseph II se plut à interroger.

Us lui expliquèrent la nature et le genre de leur commerce, avec cette précision et cette clarté que savent employer des hommes habitués à traiter de grandes affaires. L'illustre voyageur semblait tout surpris de ce qu'il entendait. Il finit par dire à ces négociants, qu'après tout ce qu'il voyait et qu'il entendait, il n'avait aucun doute que si le roi de France, dans un besoin pressant, demandait G mitions au commerce de Bordeaux, il les aurait dans l'espace de trois jours.

« Nous ne vous dirons pas précisément, Monsieur le Comte, ce que pourrait faire pour le roi le commerce de Bordeaux, dans un besoin pressant (répondit celui des négociants qui portait la parole), mais tout ce que je puis vous dire, c'est que si M. le comte de Falkenstein (c'est sous ce nom que voyageait Joseph II) avait besoin de 2/4 millions, ces Messieurs ici présents et moi, nous nous ferions forts de les lui procurer en vingt-quatre heures. »

Il y avait peut-être dans celte réponse un peu de fanfaronnade "asconne, mais elle était excel-

lente pour relever, d'une part la grandeui' du roi, et de l'autre rabaisser la fierté de l'empereur. Il sentit toute la force de la leçon qui lui fut faite. I.e maréchal de Moucliy, de qui l'on tient ce trait, a raconté qu'il avait pâli en entendant ce discours, et s'étant retourné d'un autre côté il ne dit plus une paiole.

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