I.XXVII
fîMc el la gouvernaiile, une voilure ])Our M^' de ]\enncs et Fabry, une seconde berline pour la maison, el une calèche pour Tinlendant. Un cuisinier et un boulanger étaient ])aîiis en avant pour préparei' les repas à l'étape; les gros bagages avaient été expédiés par roulier. On sortit de Varsovie par le pont de bateaux de /|Oo loises et le faubourg de Praga, ravagé réceninnent par les Russes. Le soleil et la poussière rendirent le voyage pénible à notre ami, qui dut couchei' sur une botte de foin ({uand il ne couchait pas au milieu des valets, « sur une planche tout nud contre le seuil de la porte ». Il se consola un peu par l'accueil gracieux que lui fît à Bialystok la sœur de la Palatine, chez laquelle on passa trois jouis. Cette dame, qu'on appelait M"" la Castellane, était la veuve du Castellan de Cracovie , Branicki ; elle vivait entourée d'une Cour d'une vingtaine de personnes et pc^ssédait un chambellan , un médecin et une lectrice française.
A Grodno, on entrait en Kussie; Fabry remarqua en passant le palais où le roi de Pologne resta emprisonné jusqu'à la mort de Catherine II, sous la garde du prince Repnin. De Crodno à Millau, ce furent quatre ou cinq jours de route, à travers des solitudes, où des bourgades usurpent le nom de ville ; Mitlau, résidence des ducs de Courlande, était par contre une jolie petite
cilé, digne craccueillir en son clialeau le royal exilé qui devait s'y fixer peu après'.
J\iga IVappa Fabry par ses rues étroites, ses hautes maisons, sa population dense et industrieuse. De Riga à Pétersbourg, le trajet dura à peu près une semaine, dans un pays à peine peuplé; l'on n'y rencontrait d'autres centres que Dorpat et Narva, où le marquis de Lambert tenait garnison avec son iégiinent. A f[o lieues de la capitale russe, près du château de Kopchat, M. et AI"" de Minischek vinrent à la rencontre de la caravane. Nouvelles humiliations pour l'abbé : le couple ne fait i)as attention à lui; dans le château où Pierre IlL disail-on, avait fini ses jours, on le fait coucher auprès dune garde-robe infecte : la fraîche beauté des jardins, avec leurs sources, leurs cascades et leurs lacs ne le consolent pas de ses amertumes. « Où suis-je, me dis-je en moi-même, venu chercher le bonheur?»
A défaut du bonheur-, l'abbé de Tabiv trouva dans Saint-Pétersbourg l'attrait d'une belle capitale et les spectacles séduisants de la vie de Cour. Dès labord, Taspect de la grande ville le con([uit :
(( Deux lieues environ avant (juc d'airi\cr dans celte