‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 13 sur 121 · LXX.N · texte numérisé non relu

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domestique de sou supérieur. A peiuc lui parlet-on et lui répond-on. TI offre à la princesse ses Mf'dilaUons : elle remercie du bout des lèvres et ne les lit pas; on le loge mal; on ne remmène pas en voiture avec l'évéque ; on ne le présente à personne ; on le considère comme ce noble pauvre de Pologne qu'il vit un jour avec indignation baiser les pieds de la Palatine, en reconnaissance d'un service rendu. Ce dédain se complique de mauvaise foi : la noble dame avait promis de servir à Fabry une pension de joo ducats par mois, elle ne lui en donne que 5. L'abbé se résigne, non sans révoltes intérieures. « Puisque je lecevois un salaire dans cette maison, dit-il, je pensois qu'il étoit de mon devoir d'y lendre quelques services », et il tint donc à étie le cbapelain de la famille, le lecteur ds la dame et le professeur de géographie de sa petite-lille. Ainsi l'argent donné avec tant de bauteui' lui parut sans doute moins amer.

Cependant la Palatine se préparait à pailir' pour Saint-Pétersbourg. Elle fit avec sa suite, dont l'évéque et Fabry faisaient partie, un court séjour à Varsovie.

« L'on ne peut point dire que \arsovie soit une très belle ville; elle est bàlie fort irrégulièrement, et Ton n'y voit que deux ou trois belles rues; mais l'on trouve dans presque toutes des palais et de beaux liolels.

L'on peut juger par tout ce que l'on y voit encore du lu\e et de la magnificence qui y régnoient lorsque le Roi y faisoit son séjour, La vieille ville qui étoit très mesquine reste encore séparée de la nouvelle, ou plutôt de ses fauxbourgs, par des fossés et des portes. C'est là qu'est le palais du Roi (pii n'a rien de beau à l'extérieur, mais qui tiroit beaucoup d'agrément de sa situation sur la A istule... »

Fabry profita de ses loisirs pour visiti'r consciencieusement les curiosités de ce « Paris d'Orient », les jardins de Minischek et de Ponialowski, la maison de campagne du dernier roi, bâtie dans le goût français, qui lui parut cliarmante, et le vieux palais de Jean Sobiesky. Il rencontra à Vaisovie nombre d'ecclésiastiques français, dont l'un, Tabbé d'Alciat, clianoine de Lens, vivait d'une petite pension, lieureux et indépendant, dont d'autres — et quelques religieuses — étaient placés comme instituteurs, ou faisaient le a triste métier de gouvernante ». « Dieu seul connoit l'étendue des sacrifices ([u'il leur a fallu faiie : Dieu seul a pu leur donner le courage de les faire et les en consoler! » A cette heure, le grand vicaire de Saiid-Omer, le prêtre de noble souche, se sentait bien véritablement le frère en souffrance de tous ces malheureux.

Le II ou le r^ juillel, on se mil en loute ])()ur Pétersbourg. Le cortège de M"" la Palatine comprenait une berline pour la princesse, sa petite-

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