‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 65 sur 121 · Bernard Chérin, savant généalogiste · texte numérisé non relu

Bernard Chérin, savant généalogiste

des maisons de France qui se trouvaient avoir avec la sienne une parenté bien constatée. Cette parenté se trouvait exister clans la maison de Montaignac, et Chérin vint en faire part au roi.

Le vicomte de Limoges, dans le treizième ou quatorzième siècle, n'avait que deux filles, dont l'aînée avait épousé le duc de Beaujeu, lige de la branche régnante de Bourbon, et la cadette M. de Gain, tige de la maison de Montaignac.

Le roi lut charmé de cette information et demanda à Chérin s'il en avait instruit M. de Montaignac.

c( Non, sire, répondit-il, j'ai cru qu'il convenait que Votre Majesté en fût instruite la première.

— Vous avez fort bien fait, dit le roi, c'est moi, qui me chargerai de le lui apprendre. »

Le lendemain, en effet, à son lever, le roi, ayant apeiçu M. de Montaignac, va le prendre par le bras et, le conduisant au milieu du cercle de tous les seigneurs qui étaient venus lui faire la cour : a Messieurs, leur dit-il, je vous présente M. de Montaignac, mon cousin. » Celui-ci, fort étonné, prit la liberté de demander au roi le motif de cette plaisanterie.

« Ce n'est pas une plaisanterie, dit le roi. Ah! je vois bien qu'il faut que je vous apprenne ce que vous ne savez pas et sûrement ces Messieurs seront bien aise de le savoir. »

Là-dessus, le roi, qui était bien aise toutes les fois qu'il avait quelque chose à raconter, se mit à dire comme quoi le vicomte de Limoges n'avait que deux filles , etc.

11 s'occupa ensuite du sort de son nouveau cousin ; il ne voulut pas qu'il le servît en qualité d'écuyer cavalcadour, il le fit colonel à la suite, lui donna une pension de i5.ooo livres, une voiluie et des chevaux. Son frère, qui était nouvellement prêtre, fut présenté le lendemain à M. le cardinal delà Roche-Aymon, qui sur-le-champ le lit son grand vicaire et bientôt après le fit nommer à l'évêché de Tarbes. L'évêché de Baveux, valant 2.000 francs, lui était destiné avec la place de premier aumônier de Monsieur, lorsqu'éclata la Révolution. Deux autres frères plus jeunes furent placés à la Cour.

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