PREUVE DE NOBLESSE
Au temps de Louis XV et de Louis XVI, pour monter dans le carosse du roi il fallait faire des preuves d'une noblesse antérieure au quatorzième siècle. C'était une faveur que d'être admis à faire cette preuve. Combien de peines et d'argent n'a-t-il pas fallu à certaines familles pour se faire descendre de familles plus anciennes. Quoi qu'il en soit, de toutes les maisons de France, il n'en existe peut-être point qui puisse prouver d'une manière plus authentique l'antiquité de sa race que celle de Rochebrillant'.
Saint Amable, évêque de Clermont, était de cette famille. La collégiale de Riom était, avant la Révolution, en possession de la châsse de ce saint et l'acte de fondation de cette église, dans le sixième ou septième siècle, porte que tant que
I. Rocliebriant (La), noble famille de TAuvergne. Armes : éc^rtelé d'or el d'azur.
subsistera des descendants mâles de l'illustre maison de Rochebrillant {de prœclara stlrpe de Râpe Brillente) , le chef de cette maison sera chanoine honoraire de cette église et qu'il aura le droit de marcher, tous les ans, à la procession solennelle de saint Aniable, la main droite appuyée sur la châsse, Vaunuisse^ sur le bras gauche, l'épée au côté et le chapeau sur la tête. Que le chef de cette maison venant à mourir, celui qui lui succéderait, en ligne directe ou collatérale, en cette qualité de chef, justifiera de cette qualité au chapitre, et fera dresser procès-verbal de sa prise de possession en présence de Tévêque, de l'intendant et des officiers municipaux.
Depuis l'époque de cette fondation, le chapitre et la municipalité de Riom ont conservé précieusement tous les procès-verbaux de ces actes de prise de possession. Cette preuve aurait sans doute suffi au chef de cette maison pour monter dans les carosses du roi, mais il ne voulut pas se donner la peine d'aller à Paris pour cela et j'ignore ce qu'il est devenu depuis la Révolution.
I. Fourrure dont les clianoinos se couvrent quelquefois la lèle. mais qu'ils portent d'ordinaire sur le bras.
XLM