‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 77 sur 121 · I. Voy. p. \ç). noie t · texte numérisé non relu

I. Voy. p. \ç). noie t

(( M. de Saint-Florentin, dit le roi, M. de Marbeuf voudrait sur-le-champ se marier avec ma fille, mais je crois devoir différer ce mariage jusqu'à demain ; conduisez-le chez vous, et, lorsque vous aurez réglé les articles du contrat, nous le signerons. »

Le comte de Saint-Florentin amena M. de Marbeuf, et comme il avait reconnu que son cerveau était vide, il lui proposa de souper avec lui.

a Volontiers, dit-il, j'accepte le souper; je mangerai bien, d'autant mieux que depuis trois jours je n'ai point senti le désir de rien prendre. »

On servit des viandes froides et du meilleur vin. Le marquis mangea de bon appétit et but sa bouteille. Cette nourriture, en (( faisant circuler des esprits vitaux dans son cerveau », le rend à lui-même; il reconnaît son état.

« Ah! s'écrie-t-il, je suis perdu. »

Toutes ses idées chimériques disparaissent, et il ne voit plus que l'affreuse position où il s'est mis.

Le lendemain on le conduisit au château de Ham', 011 il est demeuré tout le reste de sa vie. 11 y jouissait d'une honnête liberté, y donnait à

I. Le château de Ilam , en Picardie, est une forteresse puissante du quinzième siècle, qui a une longue histoire guerrière et qui fut réunie à la couronne sous Henri IV ; devint dès lors prison d'Etat.

dîner et se faisait aimer de tous ceux qui Tenlouraient. Ses accès de folie étaient très rares.

Le marquis de Marbeuf était neveu du comte de Marbeuf, gouverneur de Corse, et le frère de l'archevêque de Lyon*.

I. L'abbé de Fabiy commet ici une erreur : M»" de Marbeuf (Vves-Âlexandre), 1 734-1799, ministre de la feuille, étail le frère aîné du général marquis de Marbeuf (Louis- Charles-René), 1736-1786, pacificateur et « commandant en chef » de la Corse, il se chargea des frais de l'éducation de Napoléon Bonaparte.

LU

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