‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 81 sur 121 · Voy. p. 70, note i · texte numérisé non relu

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homme, vint trouver sa mère et offrit pour lui une place dans la gendarmerie.

M™' de Narbonne fut touchée de ce procédé honnête, en parla devant Mesdames, mais elle déclara ne pas accepter cette proposition parce qu'il faudrait donner /io.ooo francs pour procurer cet avantage à son fils, et qu'elle était bien loin de posséder cette somme.

Les princesses ne dirent mot, mais la marquise de Lostanges ayant eu l'occasion, le même jour, de voir M. Foulon*, intendant des affaires de Mesdames, lui conta ce qu'avait dit M'"" de Narbonne. M. Foulon s'empressa d'écrire un mandat de io.ooo francs payable à l'ordre de M""* de Narbonne. Après quelque résistance, elle accepta et son fils fut installé dans la gendarmerie.

Peu de temps après. M'"" Adélaïde obligea la duchesse de Narbonne à l'entretenir du détail de ses affaires.

« Vous n'êtes donc pas riche 1^ mais je vous •croyais une fortune considérable !

— Non, Madame.

— Mais que ne parliez-vous. Vous savez que îna sœur et moi vous aimons beaucoup et que

I. Joseph-François Foulon (1715-1789), financier, inten- «dant des armées pendant la guerre de Sept ans, contrôleur des finances, fut des premières victimes de la Révolution «et assassiné alors de façon affreuse.

nous ne manquons pas d'argent. Ayez, je vous prie, désormais un peu plus de confiance en nous. »

Après s'être concertée avec sa sœur M"" Victoire, elle appelle l'intendant et lui donne ordre d'acheter une terre de quarante à soixante mille livres de rente, bieii bâtie et meublée, aux environs de Paris. L'intendant apprit sans tarder que M. de La Gaze, qui s'est ruiné à bâtir et à meubler avec magnificence son château de Labove, cherche à vendre cette terre qui est dans le Soissonnais. Le marché est bientôt conclu pour quinze cent mille francs.

La terre fut achetée au nom d'un tiers qui en fit donation à M"" la duchesse de Narbonne, afin qu'elle pût en jouir comme bien parafernal et que son mari n'y eût rien à voir.

Mesdames se firent ensuite un plaisir de l'installer dans cette terre. Depuis elles y allaient, avec quelques amis choisis, y séjourner deux ou trois mois tous les ans.

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