A UN HÉROS
PAR les ailes de fer et d'or de la Victoire, Guidés vers les pays qui te sont destinés. Entre deux bords mouvants d'étendards inclinés, Nous te verrons voguer sur un fleuve de gloire.
Le silence et l'ennui rendent l'ombre plus noire, Les lauriers des aïeux ont été calcinés. Les plus fiers d'entre nous se sont tous détournés. De l'oppressante horreur d'un siècle sans histoire.
Quels généreux combats viens-tu prophétiser ? Mieux vaut un cœur bien mort qu'un orgueil abusé Par la dérision de son rêve servile.
Au prix d'un jeune sang fais valoir nos vertus, Car l'ange du destin, dans cet âge inutile Songe si mollement qu'il ne s'indigne plus.