‹ Les hommages divinsChapitre 14 sur 88 · LA FILLE DE MIDI · texte numérisé non relu

LA FILLE DE MIDI

VOIS I la vigne jamais ne porta plus beau grain ! Dans les champs, tous les blés sont en gerbe, ô bacchante Passe, pour animer cette heure suffocante Où la terre amoureuse attend le vent marin !

Va, dans le temple bleu de l'été souverain

Où les rameaux voûtés ont des courbes d'acanthe !

Que les jeunes éclats de ta voix éloquente

Y retrouvent le son des cymbales d'airain.

Rends le monde rêveur et que ton chant le'touche ! La cigale t'indique où doit être ta couche : Quelques pans de gazon par la brise aérés.

Etends-toi, nonchalante, un œillet rouge aux lèvres, Ton menton dans les mains, les coudes dans les prés, Comme un jeune pasteur qui surveille ses chèvres.

LA SÇUXAMITE

EN te voyant passer, j'ai dit : ô Sçunamite ! Quand, d'un nuage noir dont il fit des haillons, Le soleil descendit, avec tous ses rayons, Sur la mer où courut une flamme subite. Tu t'adossas au tronc d'un laurier, et tes yeux Bravèrent du couchant l'opulente lumière. Soudain, semblant traîner par leur courte crinière Deux couples indolents de lions soucieux. Tu t'avanças, splendide, et les mains en arrière. Majestueuse enfant, sous les lueurs des cieux.

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