BERCEUSE POUR MOI-MEME
LA touffe de jasmins n'est pas encor fleurie, L'hyacinthe est mourante et les rosiers sont morts. Avec tes chères mains berce ma rêverie.
Je surveille ta bouche afin qu'elle sourie, J'attends cette gaîté que tu devrais avoir Pour mieux me consoler, fut-ce par duperie.
Près de toi, ma douleur est une enfant blottie, Je jouis de mon mal et je songea tes pleurs. Mais cette courte extase est déjà repartie.
Vas-tu parler d'amour ou bien de sympathie,
De haine ou d'amitié, d'envie ou de désir ?
— Je m'endors... berce-moi d'une voix ralentie.