AURORE
EPIANT le soleil du printemps qu'il devance, L'esprit vivifiant de l'aurore apparaît : Oiseaux, réveillez-vous ! Le voici qui s'avance, Chantez ! car il attend au seuil de la forêt.
Comme monte l'encens, l'âme de la nature Se défait du sommeil et vers le jour s'enfuit. L'esprit de l'aube est là, portant dans sa ceinture Les roses qu'il cueillit aux bosquets de la nuit.
Déjà, les monts ont dénudé leurs formes pures. Et les premiers oiseaux du jour, émerveillés, Retrouvant la clarté, gazouillent et s'assurent Que leurs frères des bois sont aussi réveillés.
Voici d'abord des notes lentes ou rapides. Le trille aigu de la fauvette des roseaux. Et le roucoulement des colombes timides Qui se mêle si bien au bruit fuyant des eaux.
Aux lèvres du soleil, les lèvres de l'aurore Arrachent brusquement un lent baiser d'amour : Tout l'espace s'émeut et le monde se dore, Un hymne universel va recevoir le jour.
Sept. i8g8.